Jeudi 14 janvier 2010
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Les souffrances du jeune Werther, de Goethe
Genre: roman épistolaire
Lieu et époque: Wahlheim, 18e siècle
J'ai acheté cet ouvrage après une cruelle prise de conscience: moi qui me
targuais d'être une lectrice assidue, me suis rendue compte lors d'une conversation suivie d'une brève réflexion que je n'avais lu aucun auteur allemand depuis les frères Grimm de mon enfance.
Honte à moi! J'ai donc entrepris de combler cette lacune par un des monuments de la littérature allemande, le "Werther" de Goethe. Comment alors avouer qu'un tel monument de la littérature
romantique m'a déplu ? Eh bien, c'est tout net, je n'ai pas apprécié. Alors, pourquoi ?
Tout d'abord, je n'ai d'ordinaire pas une grande affinité avec les ouvrages romantiques. J'avais déjà émis
quelques réserves lors de ma lecture des "confessions d'un enfant du siècle", les sentiments trop extrêmes m'agacant quelque peu. Tout cela est sinon décuplé, du moins exacerbé dans Werther. Le
pauvre homme à eu beau pleurer, se lamenter, exulter de joie, se consumer d'amour et de désespoir sous mon regard sévère. Je lui aurais volontiers dit de se secouer un peu. Ce n'est pas que je ne
croie pas aux grandes passions, mais celles-ci me semblent toujours trop extrêmes pour être crédibles. Et c'est ce qui m'a frappé chez Werther. Je n'ai ressenti aucune empathie pour ce personnage
si loin de moi-même. Peut-être pourrait-on voir cet ouvrage comme une critique des violentes passions, mais il ne m'a pas semblé que l'auteur soit critique avec son personnage, bien au contraire,
puisque si j'ai bien compris, Werther est le double littéraire de Goethe. Alors voilà. A côté de quoi suis-je donc passé pour ne pas avoir aimé Werther? Je l'ignore. Toujours est-il que je suis
toujours extrêmement frustrée de ne pas aimer un grand classique: un ouvrage ne devient pas un classique pour rien, et il faut bien qu'il y ait quelque chose à en retirer... c'est donc moi qui
n'ait pas su l'apprécier à sa juste valeur, j'imagine.
4e de couverture:
"Ce qui est sans égal et sans pareil, c'est Werther : on voit là tout ce que le génie de Goethe pouvait
produire quand il était passionné. L'on dit qu'il attache maintenant peu de prix à cet ouvrage de sa jeunesse; l'effervescence d'imagination, qui lui inspira presque de l'enthousiasme pour le
suicide, doit lui paraître maintenant blâmable. Quand on est très jeune, la dégradation de l'être n'ayant en rien commencé, le tombeau ne semble qu'une image poétique, qu'un sommeil environné de
figures à genoux qui nous pleurent; il n'en est plus ainsi, même dès le milieu de la vie, et l'on apprend alors pourquoi la religion cette science de l'âme, a mêlé l'horreur du meurtre à
l'attentat contre soi-même." Madame de Staël
Extrait:
le 16 juin
Pourquoi je ne t'écris pas ? Tu le demandes, et cependant, toi aussi, tu fais partie des savants. Tu
devrais deviner que je me trouve bien, et cela parce que... En deux mots, j'ai fait une connaissance qui touche mon coeur de près. J'ai... ah! je ne sais...
Te narrer dans l'ordre comment j'en suis venu à connaître une des plus aimables créatures, voilà qui sera
malaisé. Je suis satisfait, heureux et partant mauvais historien.
Un ange! Fi donc! c'est ce que chacun dit de la sienne, n'est-il pas vrai ? Et pourtant je ne suis pas en
état de te dire à quel point elle est parfaite, pourquoi elle est parfaite; bref elle a captivé tout mon être.
Tant de simplicité alliée à tant d'intelligence, tant de bonté alliée à tant de fermeté, et le calme de
l'âme dans la véritable vie et dans l'activité..
Mais tout ce que je te dis d'elle n'est qu'affreux verbiage; ce sont de détestables abstractions qui
n'expriment pas un seul trait d'elle-même. Une autre fois... Non, pas une autre fois, c'est tout de suite que je vais te conter la chose. Si je ne le fais pas maintenant, jamais je ne le ferai.
Car entre nous, depuis que j'ai commencé cette lettre, trois fois déjà j'ai été sur le point de poser la plume, de faire seller mon cheval et de courir vers elle. Et pourtant je n'en vais pas
moins à tout instant à ma fenêtre pour voir à quelle hauteur est encore le soleil.