Publié le 16 Août 2016

De Grégoire Leprince-Ringuet 

 

 

Ondine et Paul se sont aimés. Quand elle le quitte, il jure qu'il n'aimera plus. Pour se le prouver, il poursuit la belle Camille, qu'il compte séduire et délaisser.
Mais Camille envoûte Paul qu'elle désire pour elle seule.
Et tandis qu'il succombe au charme de Camille, Paul affronte le souvenir de son amour passé.

 

 

 

 

 

 

 

Il est des objets cinématographiques à part, qui divisent, sans pour autant laisser indifférents. La forêt de quinconces semble de ceux-là, tant les avis que j'ai pu entendre autour de moi divergent. Son concept rebute ou emporte, c'est selon, sans que nul cependant ne conteste son originalité.

 

Et de quoi s'agit-il, justement ? Tout est parti d'une série de textes en vers écrits par Grégoire Leprince-Ringuet, que l'on avait déjà pu découvrir dans Les chansons d'amour ou La Princesse de Montpensier, et qui coiffe ici la triple casquette d'auteur, réalisateur et acteur. Autour de ses textes, il va ainsi construire une histoire : celle d'un jeune homme pris en tenaille entre la femme qu'il a aimée et une nouvelle conquête, entre la souffrance d'être quitté et l'envie de faire souffrir à son tour.

 

 

La forme délicieusement surannée des alexandrins et octosyllabes donne soudain à cette romance contemporaine - dont la trame est pourtant intemporelle - des airs de tragédie classique. Pour être entièrement honnête, avant de jeter un oeil à la genèse du film, j'ai tout d'abord cru qu'il s'agissait d'extraits de pièces de théâtre déjà existantes mises ensemble pour créer quelque chose de nouveau.

 

De ce rythme de la langue si particulier, il découle un décalage poétique qui laisse la place à l'imaginaire, à la magie, à des symboles parfois plus ou moins obscurs, mais qui finissent toujours par trouver leur sens sur l'ensemble du film.

 

 

Un résultat attachant et atypique, parfois gentiment maladroit - mais quoi de normal pour un premier film que de chercher ses marques ? Paul voudrait haïr les femmes, mais n'y arrive pas. Comme si cette haine pouvait lui permettre d'échapper à ses propres blessures...

 

C'est autour d'une demi-douzaine de personnages, chacun rappelant un archétype théâtral revisité - l'amoureux, la confidente, la magicienne, l'amante, le destin (incroyable Thierry Hancisse) - que se construit cette histoire à cheval entre passé et présent mais aux sentiments si universels qu'au fond, sa temporalité importe peu. 

 

 

Si elle comporte encore quelques maladresses, surtout ressenties dans les transitions d'une scène à l'autre, j'ai beaucoup aimé cette Forêt de Quinconces pour la beauté un peu perverse de ses ruptures, la magie trouble de ses rencontres, mais aussi ce langage rythmé, presque chaloupé, par les rimes et les vers. Un film poétique - dans les deux sens du terme - si l'on arrive à s'y abandonner. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

Publié le 14 Juillet 2016

Au théâtre Popul'Air du Reinitas

(Update : nouvelle date le 29 octobre 2016

aux Feux de la Rampe) 

 

Cette chronique commencera par un aveu : j'ai un rire épouvantablement sonore, dénué de toute élégance. Aussi, malgré mes efforts polis pour tenter de le rendre socialement acceptable, il m'est difficile de l'étouffer lorsque je vais au spectacle. Alors que je me croyais dissimulée dans la pénombre ambiante, je m'en suis donnée à coeur joie. Jusqu'à ce que je comprenne à la sortie - non sans un certain embarras - que j'ai au contraire bien été identifiée comme la propriétaire dudit rire - les petites salles sont traîtresses ! Bref, j'ai ri, j'ai ri, j'ai ri. 

 

 

C'était ce soir-là la dernière du spectacle de Fabien Tucci au théâtre populaire du Reinitas. L'occasion de découvrir tout à la fois un lieu à l'ambiance fort sympathique et un humoriste qui ne manque pas de piquant ! Il évoque avec nous la découverte de sa sexualité, mais également ces moments de coming out qui, selon les interlocuteurs, se passent plus ou moins bien. Attention, il y a quand même de quoi traumatiser les âmes sensibles : je ne pourrai plus jamais voir les pyjamas bourriquet du même oeil ! 

 

Avec de l'énergie à revendre et une capacité évidente à embarquer son public derrière lui, Fabien Tucci nous raconte sa vie et ses amours avec un mélange de fausse candeur et de franc-parler qui détonne. Un spectacle dénué de clichés à l'emporte-pièce, très drôle - mais je me répète, peut-être - qui parle des gays, bien sûr, mais au fond, surtout d'amour, de sexualité et de relations humaines, tout simplement. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Mon petit doigt m'a dit qu'il serait bientôt reprogrammé : je vous tiens vite vite au courant si c'est le cas !  

Update : Une nouvelle date est prévue le samedi 29 octobre à 20h aux Feux de la Rampe. Pour plus d'informations c'est par ici : http://www.billetreduc.com/167436/evt.htm

Publié le 16 Juin 2016

De Julio Medem

 

 

Magda est institutrice et mère d’un petit garçon de 10 ans. Elle a du mal à faire face à la perte de son emploi et le départ de son mari. Mais lorsqu’on lui diagnostique un cancer du sein, plutôt que de se laisser abattre, elle décide de vivre pleinement chaque instant. Elle profite de son fils, de son médecin bienveillant et d’un homme qu’elle vient à peine de rencontrer. De son combat contre la maladie va naître une grande histoire d’amour entre tous ces personnages.

 

 

 

 

 

Vous le savez peut-être si vous suivez ces articles depuis quelque temps : j'ai du mal à résister à ce qui est espagnol. Pourtant je fréquente finalement assez peu le cinéma ibère, et ces dernières années, je peux seulement admettre avoir vu Blancanieves, ou le plus récent La isla Mínima. A ma décharge, les oeuvres qui arrivent sur nos écrans sont plutôt rares, si l'on excepte celles d'Almodóvar. C'est donc avec un immense plaisir que j'ai répondu présente à l'invitation de l'association Espagnolas en París, réunissant des passionnés du 7e art espagnol, qui me proposait de découvrir Ma Ma

 

Pour les non-hispanophones, une précision s'impose : dans la langue de Cervantès, la double syllabe Ma Ma évoque d'abord la maman (Mamá) mais également le nom du cancer du sein (cáncer de mama), une dualité sémantique sur laquelle repose tout le film. En effet, autour du personnage de Magda et de sa maladie, c'est l'inconditionnalité et la force de l'amour maternel qui sont au coeur de ce bouleversant récit. 

 

 

J'emploie, à dessein,  le mot bouleversant, car il est rare que je me laisse aller - qui plus est en public - à laisser échapper quelques larmes. Il est incroyablement émouvant de ressentir peu à peu l'intensité du drame qui se noue, et la force peu commune de ce personnage qui décide - presque littéralement - de continuer à vivre et à être heureuse. Perdre espoir serait mourir par anticipation. 

 

Finalement, ce sont les personnages autour de Magda qui finissent par porter le poids du drame : son fils, dont elle refuse de briser l'innocence, son compagnon, déjà accablé par le deuil, et son médecin, décontenancé par l'énergie peu commune de la jeune femme. Ce sont eux qui évoquent la fin, alors que Magda voit tout le bonheur et l'amour qui lui restent encore à donner et à recevoir. Peu à peu, sa vitalité devient contagieuse si bien que tout son entourage en est atteint, et il semble alors qu'un miracle soit possible.

 

 

Penelope Cruz, lumineuse, donne vie à toute la passion de Magda, auquel elle rend le plus bel hommage qui soit. Le reste du casting réuni par Julio Medem est lui aussi superbement poignant et juste sans que jamais l'unité de l'ensemble ne soit mis en péril par le jeu individuel. Le montage, quant à lui, permet de renforcer l'intensité dramatique par une mise en parallèle de scènes en réalité successives, et de matérialiser l'avancée de la maladie. 

 

Un formidable ode à l'amour et à la vie, un film très expansif, et en cela, très latin dans son esprit. D'ailleurs, il semblera probablement "too much" à un certain goût français pour l'intériorité et la sobriété, mais, pour ma part, je l'ai trouvé profondément émouvant. Penelope Cruz affirmait qu'il allait simplement donner envie aux spectateurs de rentrer chez eux pour serrer dans leurs bras les êtres qui leurs sont chers. 

Je confirme. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 5/5

 

Une bouleversante ode à l'amour et à la vie.... 

 

A noter :

Du 15 au 21 juin, l'association Espagnolas en París organise au Majestic de Passy  la 9e édition du festival Dífferent ! L'autre cinéma espagnol. Cet évènement annuel permet de promouvoir le cinéma d'auteur espagnol au travers de projections et de rencontres. 

 

Publié le 11 Juin 2016

De J Blakeson

 

Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…

 

 

 

 

 

Pour une raison que j'ignore, j'ai trouvé le moyen de passer au travers de tous les films de science fiction pour adolescents de ces dernières années : je n'ai vu ni Hunger Games, ni le Labyrinthe, ni Divergente. C'est donc avec plaisir que j'ai accepté il y a quelques semaines la proposition de Sony à venir découvrir la 5e vague à l'occasion de sa sortie en achat digital, Blu-ray, DVD et VOD.

 

L'occasion de découvrir un peu plus le grand Rex - que je fréquente assez peu, mais qui comprend des salles vraiment étonnantes - pour découvrir un film post-invasion extraterrestre où les adolescents et enfants vont devoir se battre pour défendre la planète. En tête d'affiche : Chloé Grace Moretz, qui a décidément fait beaucoup de chemin depuis Kick-Ass

 

 

Une adolescente avec ses amies, ses soirées, sa famille, et son petit béguin. Bref, une ado ordinaire. Son monde va basculer lors de l'arrivée d'envahisseurs extraterrestres bien décidés à éradiquer la race humaine pour s'approprier la planète. Après quatre vagues d'attaques non armées, seuls une poignée d'hommes et de femmes comptent parmi les survivants. Cassie, séparée de son petit frère - tout ce qu'il lui reste de famille - va devoir survivre seule pour le retrouver. 

 

Et comme toute histoire de ce genre n'est rien sans quelques gouttes de romance, Cassie va rencontrer un jeune homme qui semble décidé à l'aider. Mais dans un monde où tous les repères sont bouleversés, chaque individu cache un ennemi potentiel : la méfiance reste de mise... 

 

 

Toutes les bases sont ici posées. Le  propos, dans le fond, est assez violent : les enfants livrés à eux mêmes, enrôlés par l'armée pour se battre, obligés de tuer pour survivre, ou succombant aux différentes attaques. Toutefois, l'ensemble a été entièrement édulcoré pour convenir au public visé : pas de sang, peu de cadavres, et un aspect psychologique relativement schématique. La force du propos réside donc davantage dans l'idée de départ que dans sa représentation à l'écran. Les différentes vagues d'attaques créent une ambiance de danger qui, sans être réellement anxiogène, sert honorablement de toile de fond à l'ensemble de l'action. On suit les personnages sans déplaisir, mais également les tensions amoureuses qui se créent, et on se laisse guider. 

 

 

Dans le dernier quart du film, toutefois, le cours des événements semble s'accélérer artificiellement, sans que le scénario le justifie pleinement : on sent alors clairement le besoin de remplir le cahier des charges. L'histoire de coeur est soudain trop poussée en avant, la résolution de certains problèmes devient trop simple au vu du contexte et l'adhésion du spectateur - relative, mais bien présente -  prend du plomb dans l'aile. 

 

 

Peut-être suis-je un peu nostalgique de l'époque où l'on se pelotonnait sur le canapé pour glousser entre amies, mais au fond, j'ai trouvé cette 5e vague plutôt pas mal. Si l'on excepte des clichés un peu trop évident - l'héroïne au coeur pris entre deux feux - et une action tirée par les cheveux sur la fin pour accélérer la résolution, je dois admettre que j'ai aimé l'ensemble bien plus que mon âge ne devrait me permettre de l'avouer.

 

Reste à savoir, dans le cas où des suites verraient le jour  - probabilité forte, la 5e vague étant l'adaptation d'une saga littéraire bien plus longue - comment étoffer la psychologie des protagonistes et résoudre l'inévitable antagonisme entre les deux jeunes hommes de cette histoire (#TeamBen #TeamEvan) qui ne manquera pas d'agiter les coeurs des plus tendres spectatrices. Pour ma part, l'affaire ne fait plus débat depuis longtemps : que voulez-vous, avec l'âge on apprend à assumer !  

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 10 Juin 2016

De Paolo Virzi 

 

 

Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d'amitié. Une après-midi, elles décident de s'enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains».

 

 

 

 

 

J'ai un penchant particulier pour le cinéma italien, ou du moins celui qui arrive communément jusque dans les salles françaises, c'est dire si ce jugement est probablement biaisé. Mais de ce que j'ai pu en apercevoir, j'aime cette sorte d'hystérie, de tempérament très extraverti qui y transparaît, avec des sentiments toujours exacerbés et des personnages hauts en couleur. Folles de joie n'échappe pas à cette définition.

 

Nous y retrouvons deux femmes qui s'offrent une escapade, une bouffée d'oxygène hors de la maison de repos où elles sont soignées. Pour le monde extérieur, elles sont malades, fragiles, dépressives, dangereuses. Beatrice et Donatella se sentent, elles, tristes et incomprises.

 

 

Car elles ne comprennent pas les lois qui les frappent, quand leur peine est si grande : Beatrice, éprise d'un truand et rejetée par sa famille aristocratique, Donatella, qui s'est vue retirer la garde de ce fils qu'elle aime tant, et dont elle n'a pas même le droit d'avoir une photo. En choisissant de montrer tout d'abord les faits de leur point de vue, le réalisateur crée un attachement instantané à ses personnages. Beatrice, peu respectueuse des règles et souvent odieuse dans sa sincérité, s'avère touchante par son incapacité à comprendre les réactions qu'elle génère. Donatella quand à elle, apparaît plus fragile, maigre et à fleur de peau, mais révèle rapidement une volonté de fer dans son entêtement à guérir.

 

Un soir, le véhicule qui doit les ramener de la pépinière, où elles travaillent, n'est pas au rendez-vous. Avisant un bus qui passe, elle décident de le prendre pour rentrer au centre. Grisées par cette nouvelle liberté, elle décident de s'amuser un peu et de profiter de cette opportunité pour recoller les morceaux de leur vie brisée.

 

 

Dans leur cavale, peu à peu, le spectateur découvre leur passé, et les dégâts que leur maladie a pu causer, mais également les raisons de leur geste. Se dessine alors à la fois l'étendue de leur incapacité à vivre dans le monde réel et le mal qui a pu leur être fait : elles n'y sont pas adaptées d'autant plus qu'il se révèle impitoyable. Jamais elles ne rencontreront dans leur entourage la bienveillance qui leur aurait peut-être permis de se relever. Souvent, elles ne trouveront qu'incompréhension, voire menace. Parfois, ce sont des inconnus qui, en leur tendant la main, finiront par leur donner le courage de continuer à avancer.  

 

Avec des actrices investies qui donnent vie à des personnages aussi imprévisibles qu'attachants, le réalisateur Paolo Virzi signe une comédie douce amère doté d'un humour grave: sous l'ivresse ambiante, le pathétique n'est jamais loin. Une cavale libératrice où l'apparente frénésie des personnages révèle tout leur appétit de vivre et leur aspiration désespérée au bonheur. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

Publié le 8 Juin 2016

 

En août dernier, je vous avais parlé de notre premier expérience d'escape game, la zen room de chez Hinthunt qui m'avait vraiment enthousiasmée. Tellement, d'ailleurs, que j'ai saisi la première occasion possible pour renouveler l'expérience, avec la Prophétie Maya, chez Mystery escape. Les salles proposant ce genre d'activités sur Paris - mais pas seulement - se multipliant, n'importe qu'elle excuse se transforme rapidement en opportunité de réunir ses amis pour une petite partie.

 

C'est l'anniversaire d'une amie qui nous a fourni une excuse toute trouvée pour retourner chez Hinthunt avec, cette fois-ci, une équipe franco allemande. Et comme la seule langue que nous partageons est l'anglais, c'est donc dans la langue de Shakespeare que nous avons plongé dans une enquête des plus épineuses...

 

Le détective Murdock vient d'être emprisonné pour meurtre à la suite d'un coup monté contre lui. Son équipe de collaborateurs - c'est nous - a donc pour mission de découvrir le véritable coupable et permettre ainsi de l'innocenter. Pour ce faire, nous retournons sur les lieux du crime afin de réunir de nouveaux indices. Sauf qu'en faisant sauter les scellés, nous avons déclenché une alarme qui a alerté la police. Nous avons donc une heure - et pas une seconde de plus -  pour résoudre l'enquête avant qu'elle ne débarque pour nous mettre sous les verrous. 

 

Vous le savez, je ne vous en revèlerai pas plus pour préserver le secret de l'instruction en cours -et puis, avouez que ce serait beaucoup moins drôle - mais nous y avons retrouvé l'esprit qui animait déjà la zen room, avec des énigmes faisant intervenir différents modes de résolution. Nous avons probablement été un peu ralentis par le fait que l'anglais n'était la langue maternelle d'aucun d'entre nous : j'avoue que même avec un bon niveau de langue, comprendre les énigmes, et surtout communiquer ses trouvailles et ses hypothèses avec son équipe - point clé de tout escape game collaboratif - prend forcément un peu plus de temps. Heureusement, grâce à quelques indices supplémentaires du game master, nous avons pu nous échapper cinq petites secondes avant que la police ne nous mette le grappin dessus. Mais nous avons eu chaud ! 

 

Comme d'habitude, on adore l'esprit du lieu, et, petit plus charmant, la présence d'accessoires thématiques permettant de prendre une photo souvenir à la sortie du jeu. Et nous voilà tout fiers! 

Et puisque jamais deux sans trois, Hinhunt vient d'ouvrir une troisième salle intitulée "l'énigme du sous-marin" à la laquelle je compte bien aller faire un petit tour à la première occasion ! 

 

Pour en savoir plus sur Hinthunt c'est par ici : http://hinthunt.fr/

Publié le 8 Juin 2016

De  Byron Howard et Rich Moore

 

 

Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre: on y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopie !

Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

 

 

C'est par un hasard comme Paris et ses retards de métros seuls savent les inventer, que j'ai finalement découvert ce film d'animation signé Disney, dont j'avais par ailleurs eu de bons échos. Me voilà donc à suivre les aventures de Judy Hopps, une lapine bien décidée à devenir officier de police à Zootopie, grande ville où prédateurs et proies cohabitent en paix, sans souvenir du temps révolu où les uns chassaient les autres. Sauf qu'aucun "petit animal" n'est jamais sorti son diplôme en poche de l'école de la police... Mais Judy a le caractère bien trempé de ceux qui n'abandonnent pas. Et lorsque de mystérieuses disparitions frappent les animaux de Zootopie, Judy saisit sa chance de prouver à tous que ce n'est pas la taille qui compte, mais bien la persévérance.

 

 

Sur un scénario relativement classique, Disney brode une aventure qui, à la façon d'Esope ou de La Fontaine en leur temps, met en scène des animaux pour mieux nous parler des hommes et de leurs travers. Ici, on parle de capacité à vivre ensemble et à se respecter, mais également de la façon dont nos préjugés nous enferment dans un certaine façon d'être, de penser et de voir autrui.

 

Cette différence entre les différents animaux et leur milieu de vie est l'occasion pour les équipes de Zootopie de laisser parler leur créativité. Chaque élément de mobilier et d'équipement urbain possède ainsi sa déclinaison pour différentes tailles et formes d'animaux, et l'exploration des différentes zones climatiques de la ville (polaire, tropical, désertique et tempéré) donne lieu à une diversité de décors et de textures propres à soutenir l'intérêt du spectateur.

 

 

Doté d'une morale un peu facile - mais efficace - Zootopie touchera probablement davantage les petits que les plus grands. Toutefois, il serait injuste d'y réduire ces aventures qui, bien ficelées, s'avèrent une jolie fable, visuellement très réussie.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

Publié le 31 Mai 2016

Après la découverte de Jacques Emile Blanche, c'est sur les planches que nous mènent nos pas dans l'après midi, pour une exposition en plein air, à la vue de tous. Pour faire écho à la thématique du portrait, déjà évoquée ce matin, les Franciscaines - futur lieu de vie culturelle Deauvillois prévu pour 2019 - dévoilent en amont une partie de leurs collections sous le titre Faces à la Mer. Les reproductions, apposées sur les cabines du front de mer, présentent des portraits photographiés, peints ou caricaturés, qui permettront aux baigneurs et aux promeneurs d'avoir un aperçu de la diversité du fonds.

 

Datées du 20 et 21e siècle, présentées seules, par paire ou par trois, les oeuvres mêlent les figures emblématiques du Deauville mondain avec des portraits plus psychologiques. On y reconnaîtra par exemple Mistinguett et Foujita, mais également quelques visages découverts ce matin, comme celui du prince de Caraman-Chimay. On y croisera Jean-Claude Brialy accompagné de Marie Bell et Régine, ou encore Françoise Sagan en bonne compagnie. 

 

Pour permettre aux visiteurs de profiter au mieux de cette exposition, la ville et les Franciscaines ont proposé à quelques grands noms du journalisme et de la culture de prêter leur voix aux commentaires d'oeuvres. Grâce à l'application La plage - iOS et Android - ce sont ainsi Sandrine Treiner, Franck Ferrand, ainsi que Patrick et Olivier Poivre d'Arvor qui accompagneront les promeneurs dans leur découverte de ces portraits. 

 

A peine perturbés par la pluie qui semble vouloir sa part des réjouissances, nous visitons ensuite le lieu des Franciscaines, qui sera rénové à partir de l'été. Pour l'instant, cet ancien couvent est encore "dans son jus", mais d'ici 2019, il accueillera un tout nouveau lieu de vie culturelle, qui se veut aussi convivial qu'innovant.

 

C'est l'agence Moatti & Riviere, comptant à son actif le réaménagement du premier étage de la tour Eiffel - entre autres - qui a remporté le concours lancé par Deauville. Le but : créer de nouveaux espaces d'exposition, d'ateliers et de conférences, en respectant l'histoire et l'architecture du lieu. Les arcades du cloître seront par exemple réouvertes et l'espace intérieur entièrement réagencé. A terme, le lieu permettra d'exposer des collections de façon permanente et temporaire, d'accueillir des festivals et des artistes en résidence, une médiathèque, des conférences, des spectacles, des projections mais également un FabLab. La place du visiteur a également été soigneusement réfléchie, avec une vision très interactive, qui sera possible grâce  aux technologies du numérique.

 

Un projet ambitieux qui, vous l'aurez compris, attise ma curiosité, tant les questions de transformation des lieux de patrimoine me fascine : faire évoluer les bâtiments pour qu'ils restent des lieux de vie permet aux habitants de se les réapproprier, de les aimer, et par conséquent, de les protéger sur le long terme.

Publié le 29 Mai 2016

Au point de vue - Deauville

Du 14 mai au 18 septembre 2016

 

Je ne suis pas sûre d'être déjà allée à Deauville auparavant, ou en tout cas, je ne m'en souviens pas. Sachant que dans ma famille tout est soigneusement documenté et photographié, j'ai la quasi certitude que s'il n'existe aucun cliché de ma fratrie sur les planches, c'est que nous n'y sommes probablement jamais allés. 

 

C'est donc avec un grand plaisir que j'ai accepté l'invitation de Deauville à venir y passer une journée pour découvrir deux expositions. Pendant que d'autres arpentaient le tapis rouge de la Croisette, j'avais donc rendez-vous avec le bois - humide - des planches et un ciel plus gris que prévu en cette fin de printemps. Mais - foi de bretonne - il aurait fallu bien plus que quelques gouttes pour gâcher une journée qui promettait tant de découvertes : tout d'abord l'exposition consacrée à Jacques-Emile Blanche, au Point de Vue ; puis celle s'affichant sur les portes des cabines de la plage, intitulée Faces à la Mer ; et enfin, la visite du couvent des Franciscaines appelé à devenir, après rénovation, un tout nouveau centre culturel. Mais avant de vous parler de ces deux dernières étapes de mon voyage deauvillois, c'est avec Jacques-Emile Blanche que j'ai tout d'abord rendez-vous. 

 

C'est la première fois que Deauville propose aux visiteurs de découvrir une exposition de peintures au Point de Vue, lieu davantage habitué à présenter des clichés photographiques. Provenant exclusivement du Musée des Beaux Arts de Rouen, partenaire de l'événement, les toiles exposées permettent au spectateur de se plonger dans l'oeuvre de l'artiste, au travers des nombreux portraits réalisés au cours de sa carrière. L'exposition espère bien compter parmi les moments forts de la troisième édition du festival Normandie impressionniste, qui compte cette année plus de 400 événements. 

 

Seule exception à cette exposition monographique - consacrée à un seul artiste - c'est un portrait de Jacques Emile, réalisé par son ami John Singer Sargent, qui accueille le visiteur dès l'entrée, comme pour l'inviter à découvrir son oeuvre. C'est tout d'abord avec sa famille que nous faisons connaissance, au travers de deux beaux portraits réalisés par le peintre : son père, aliéniste de renom, comptait parmi ses patients des artistes tels que Gounod, de Nerval ou Maupassant. Et ceux qui n'avaient pas besoin des soins du Docteur Blanche pouvaient se rencontrer chez Madame, qui tenait salon. Rien d'étonnant donc, à ce que le petit Jacques-Emile, baignant dans cette ambiance, finisse par choisir la carrière de l'art. Mais sera-t-il écrivain, ou bien peintre ? C'est finalement la peinture qu'il choisira pour métier, tout en continuant à écrire, laissant notamment à la postérité une oeuvre de mémorialiste à la plume acérée. 

 

La deuxième partie de l'exposition souligne les liens de Blanche avec les cercles littéraires : élève de Mallarmé, il se lie également d'amitié avec Gide, dont il redoutait toutefois le jugement. Cela explique probablement l'apparente sévérité qui semble se dégager du portrait qu'il en réalise, en 1912. On y croise également Raymond Radiguet, Jean Cocteau - représenté sur l'affiche - Montherlant ou la poétesse Anna de Noailles. De quoi nous amener joliment jusqu'à la troisième et dernière partie de l'exposition, qui met l'accent sur la relation entre Jacques Emile Blanche, les artistes et la vie mondaine, liens qui lui ont valu le surnom de "peintre mondain". Il est vrai que de grands noms se côtoient ici : la comtesse Bavarowska, le groupe des Six, le prince Philippe de Caraman-Chimay, mais également Stravinsky, dont Blanche fut l'un des ardents défenseurs, ou encore la comédienne Gilda Darthy. 

 

 

Pour compléter l'ensemble, deux extraits musicaux sont également proposés au visiteur : le Sacre du printemps, de Stravinsky, ainsi qu'une Pastorale de Germaine Taillefer (du groupe des Six). Afin de permettre au visiteur, quel que soit ses connaissances, de mieux comprendre l'exposition, les cartels ont été conçus pour apporter des précisions sur l'identité des personnes représentées. Complétés par des photographies d'époque, ils permettent de mettre en avant la dimension artistique et psychologique des oeuvres de Blanche. Par ailleurs, beaucoup d'oeuvres présentées ici sont en réalité des esquisses, puisque les tableaux définitifs ont été donnés à leur destinataire. Toutefois, même inachevés, ces portraits montrent parfaitement la capacité de Blanche à faire transparaître dans sa peinture le caractère de son sujet.

 

Ne connaissant pas l'oeuvre de Jacques Emile Blanche avant cette visite, j'ai trouvé cette exposition très bien conçue : en réunissant en un même lieu autant d'oeuvres de cette qualité avec autant de visages célèbres, elle donne, outre un regard sur l'oeuvre du peintre, une idée assez palpable du bouillonnement artistique et intellectuel de l'époque. A titre personnel, j'ai vraiment eu deux gros coups de coeur : le portrait de Gilda Barthy (ci-dessus, au milieu) qui montre une femme magnifique et sûre d'elle, mais également celui représentant le jeune fils d'Helleu - un autre peintre -  et sa petite bouille dépitée de devoir poser si longtemps. Une exposition idéale pour découvrir Jacques Emile Blanche, à quelques mètres de la plage.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

 

L'exposition s'adjoint un programme comprenant deux conférences ainsi qu'une promenade littéraire. Plus d'informations sur : www.deauville.fr