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Publié le 14 Janvier 2017

D'Eric Summer et Eric Warin

 

Félicie est une jeune orpheline bretonne qui n’a qu’une passion : la danse. Avec son meilleur ami Victor qui aimerait devenir un grand inventeur, ils mettent au point un plan rocambolesque pour s’échapper de l’orphelinat, direction Paris, ville lumière et sa Tour Eiffel en construction ! Félicie devra se battre comme jamais, se dépasser et apprendre de ses erreurs pour réaliser son rêve le plus fou : devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris…

 

 

 

 

Les films d'animation français ont décidément de la suite dans les idées. Après Ma vie de Courgette il y a quelques mois, voici encore une très jolie production. Ballerina nous plonge dans le Paris de la fin du 19e siècle sur les pas d'une jeune orpheline bretonne rêvant de devenir danseuse étoile et prête à tout pour intégrer la célèbre école de ballet de l'Opéra de Paris. 

 

Les histoires de rêve à réaliser sont un grand classique de l'animation et, bien menée, cette typologie de scénario s'avère des plus efficaces. Ce qui m'a le plus frappé, au delà de la qualité évidente des images, de la lumière et des textures, c'est le soin apporté à la reconstitution du Paris fin 19e, une de mes périodes favorites de l'histoire de la capitale, avec son lot de transformations et la construction de nombreux monuments emblématiques.

 

 

Je dirais même que l'on est, plus précisément, en 1888, si l'on en juge par le premier étage de la tour Eiffel à peine achevé. C'est le règne de la modernité, avec son lot d'innovations, d'ingénieurs, d'opportunités et de fortunes nouvelles, mais également l'époque où Paris, capitale des arts, attire des artistes de toute l'Europe. La période idéale, donc, pour s'intéresser au destin de ces deux enfants sans le sou rêvant de devenir, l'un inventeur, l'autre danseuse.

 

C'est également le plaisir, pour l'amatrice de l'époque, de voir la tour Eiffel encore inachevée, l'Opéra de Paris flambant neuf, la statue de la Liberté surmontant encore la rue de Chazelle ou encore le palais du Trocadéro. C'est peut-être un détail, mais ces décors ajoutent de la profondeur et de la crédibilité à cette belle histoire, et autant d'occasions de profiter de vues splendides de la capitale. Un film qui, sans être historique, est donc truffé de détails réalistes.

 

 

En somme, Ballerina impressionne surtout par sa capacité à faire rêver : si les plus jeunes spectateurs recevront probablement davantage le message de persévérance et de confiance en soi, adultes comme enfants conviendront de la beauté des décors et paysages, notamment des vues autour de l'Opéra Garnier. S'agissant d'un de mes monuments chouchous, il n'est pas impossible que cet avis ne soit pas tout à fait objectif, remarquez. Cependant je n'ai pu résister à ces superbes vues de la salle de spectacle, du grand escalier, mais également des toits de l'Opéra, un de ces lieux mythiques qui ont inspiré de nombreux photographes. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas hésité à y faire poser des danseurs pour prendre des clichés à couper le souffle. Ballerina s'inscrit tout à fait dans ce sillage, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir y faire évoluer ses personnages dans des chorégraphies impossibles à réaliser en temps normal, questions de sécurité oblige. De jolies scènes, qui renforcent - s'il était nécessaire - mon envie d'avoir la chance de grimper un jour sur les toits de cet édifice fabuleux. 

 

J'ai ainsi passé un très beau moment avec Ballerina, autant du point de vue du simple plaisir de suivre les aventures de Félicie et Victor à la conquête de leur avenir, mais également celui, plus intellectuel, de voir le Paris de la fin du 19e revivre sous nos yeux. Pour les enfants, nul doute que Ballerina sera une jolie histoire et, qui sait, leur donnera peut-être envie de visiter l'Opéra Garnier ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

Publié le 19 Octobre 2016

De Claude Barras 

Sortie le 19 octobre 2016 

 

Courgette n'a rien d'un légume, c'est un vaillant petit garçon. Il croit qu'il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c'est sans compter sur les rencontres qu'il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu'ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas, même, être heureux. 

 

 

 

Comment aborder un sujet aussi dur que celui l'enfance meurtrie, brisée par le deuil, la négligence, la maltraitance, la violence, les abus en tout genre ? Contre toute attente, au lieu du drame que le thème aurait pu imposer de lui même, c'est la forme du film d'animation qui a été ici choisi. Un récit que l'on pourrait croire, de par sa forme, exclusivement destiné aux enfants, mais dont le fond est bien plus riche que les trames habituellement servies aux plus jeunes. 

 

Le sujet est donc douloureux, voire cruel, mais est traité à hauteur d'enfant, avec humour, justement, et surtout, avec leurs mots à eux. Si les adultes comprendront l'ampleur des traumatismes, les petits spectateurs n'en saisiront probablement que l'impression de gravité.  Rien n'est jamais montré, tout est suggéré, et la douleur même des petits pensionnaires du foyer est pudique : ces enfants que les événements ont fait souffrir trop tôt et grandir trop vite se sont forgés une carapace qu'il faut du temps pour briser. 

 

 

C'est au foyer des Fontaines que le travail et l'attention d'adultes bienveillants vont permettre à ces enfants de se reconstruire peu à peu, d'apprendre à faire confiance à nouveau, et de retrouver un peu de cette enfance qu'on leur a volé. Ils vont apprendre, rire, prendre soin les uns des autres, aussi, et faire de nouvelles découvertes. Ce qui frappe, c'est l'injustice de leur situation, dont ils s'aperçoivent lorsqu'ils sortent un moment de la bulle protectrice du foyer. Je pense notamment à une scène poignante où Courgette et ses amis observent une petite fille tomber et être consolée par sa maman. On y sent tout le désir, peut-être même la colère d'être, par simple hasard, tombé dans la mauvaise famille.

 

Toutefois, l'ensemble n'est pas dénué d'espoir. Les enfants demeurent des enfants et vont finalement réussir à vivre heureux dans ce foyer, entouré d'amis qui les comprennent et d'adultes bienveillants et aimants. Rien n'est facile, mais cela va mieux, et rien ne fait penser que la suite n'est pas plus belle encore. Ils resteront fragiles, secoués par leurs traumatismes, mais l'espoir d'une vie plus normale et la perspective du bonheur sont possibles, avec le temps. 

  

 

Un film dont l'apparente naïveté dans la forme, l'humour, même, contrastent avec la cruauté du propos, pourtant pleine d'espérance, sans défaitisme, sans déterminisme. On en ressort profondément touché, révolté par l'injustice de la naissance et assez confiant dans l'idée que l'amour reste le meilleur remède à apporter à ces situations insupportables. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5

Publié le 12 Octobre 2016

De Mike Mitchell et Walt Dohrn

Sortie au cinéma le 19 octobre 2016

 

Connus pour leur crête de cheveux fluos et magiques, les Trolls sont des créatures délirantes et joyeuses et surtout les rois de la pop. Mais leur monde d'arcs-en-ciel et de cupcakes est changé à jamais lorsque leur leader Poppy, accompagnée de Branche et tous ses amis, doit se lancer dans une mission de sauvetage qui l'entraînera loin de ce petit paradis.

 

 

 

 

 

 

Vous connaissez les Trolls ? Mais si, ces petites figurines aux cheveux longs et fluos, dressés sur la tête, que les enfants collectionnaient et s'échangeaient dans les années 90 ? Oui, vous ne rêvez pas, les studios Dreamworks ont bien décidé un beau jour de créer un film autour de ces jouets. Autant vous dire qu'au départ, de mon point de vue, il ne s'agissait pas vraiment de l'idée du siècle, tout au plus cela pouvait-il ressembler à une tentative marketing  désespérée de relancer une franchise vieille de plusieurs dizaines d'années. 

 

Alors, pourquoi avoir accepté de découvrir ce film ? Par curiosité - ma kryptonite - et probablement aussi parce que j'ai du mal à résister à une proposition inattendue. Et puis, quelque part, j'attendais tellement peu de ce Trolls que le seul risque que je prenais en allant le voir, c'était d'être agréablement surprise. 

Contre tout attente, j'ai passé un bon moment en compagnie de ces petits personnages. L'histoire, ultra classique, n'est pas d'un intérêt particulier, mais l'ensemble est mené avec un rythme et une bonne humeur communicatifs. Par moment, l'ensemble ressemble à un trip hallucinogène option bisounours : on accroche ou pas. Allergiques à la paillette s'abstenir.


La bande originale met le paquet, avec des reprises musicales qui vous restent parfois vissées au crâne, comme -  je m'excuse par avance auprès de mes amis mélomanes - cette réutilisation de la pièce orchestrale Dans le hall du roi de la montagne, ici en version hip hop sous le titre Hair up, qui m'a poursuivie des jours entiers. Sans doute pas du meilleur goût, mais diablement efficace. Un film qui, surtout, a la lucidité de ne pas se prendre lui-même au sérieux, en assumant jusqu'au bout son parti pris de donner dans la surenchère d'enthousiasme et de naïveté. 

 

Au final, on rit pas mal, et on suit sans déplaisir les aventures survitaminées et sur-colorées de ces petits Trolls. De quoi donner de furieuses envies de paillettes, d'arcs en ciel, de câlins et de danses endiablées à la lueur des boules à facette et des feux d'artifice ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 6 Octobre 2016

De Travis Knight

 
Kubo, le jeune héros donnant son nom au film, s'occupant de sa mère à l'esprit absent, traversé par quelques rares moments de lucidité. Pour gagner de quoi survivre, Kubo raconte des histoires aux gens du village voisin. Au son de son shamisen - un instrument traditionnel du Japon - ses origamis s'animent, pour la grande joie de son auditoire, captivé par les aventures d'un samouraï en quête de l'armure magique qui lui permettra de vaincre le maléfique roi de la lune. Malgré l'interdiction prononcée par sa mère, Kubo s'attarde un soir dehors après la tombée de la nuit, et va découvrir à ses dépends le secret de ses origines.
 
 

Comme, semble-t-il, pas mal d'adultes de ma génération, j'ai conservé de mon enfance biberonnée aux Disney - mais pas seulement - un certain goût pour les films d'animation. Goût que je partage avec Monsieur Lalune, ainsi qu'une partie de nos amis communs, les "boyz" comme j'aime à les appeler. Une joyeuse bande toujours prête à répondre à une invitation impliquant le Japon, les super-héros ou les films d'animation, éléments pris séparément ou associés. C'est donc tous ensemble que nous avons pris le chemin du cinéma pour découvrir Kubo et l'armure magique.

Kubo confirme le grand retour du stop motion, après l'explosion de la 3D numérique. Le terme stop motion ne vous dit rien? Mais si ! Ce sont des personnages en pâte à modeler, animés à la main image par image : un travail de titan pour chaque minute réalisée. Cette technique, pourtant l'une des plus anciennes du cinéma, confère à Kubo un charme délicieusement régressif dans un univers pourtant résolument moderne dans son esthétique japonisante. N'oublions pas non plus le très beau clin d'oeil fait à l'une des scènes les plus mythiques et les plus anciennes du stop motion : celle de Jason et les Argonautes, combattant une armée de squelettes. Kubo n'en affronte qu'un seul, mais sa taille gigantesque rend la prouesse équivalente. 

 

J'ai tout particulièrement aimé les assassins flottant au dessus du sol, avec leur masque blanc ne trahissant aucune émotion, qui n'ont pas été sans me rappeler quelques mangas animés de mon enfance, mais également l'animation des origamis, tout comme le mélange de situations tour à tour cruelles ou plus légères.

Le scénario, en revanche, souffre parfois de choisir une certaine facilité, quitte à saper lui-même ses propres effets, patiemment construits. Comme si, soudain, un manque d'idée avait contraint les créateurs à recourir à la solution la plus rapide, en mettant à mal la logique de l'ensemble. La résolution de l'histoire, notamment, donne lieu à un dénouement assez peu cohérent et c'est vraiment dommage.

 

S'il faut aller voir Kubo, c'est assurément pour son incroyable animation, qui pallie sans aucun doute à elle seule les quelques faiblesses du scénario. Avec le stop motion, le film puise sa source dans l'une des plus vieilles techniques du genre, de celles dont l'efficacité toujours renouvelée crève encore l'écran.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

Publié le 8 Juin 2016

De  Byron Howard et Rich Moore

 

 

Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre: on y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopie !

Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

 

 

C'est par un hasard comme Paris et ses retards de métros seuls savent les inventer, que j'ai finalement découvert ce film d'animation signé Disney, dont j'avais par ailleurs eu de bons échos. Me voilà donc à suivre les aventures de Judy Hopps, une lapine bien décidée à devenir officier de police à Zootopie, grande ville où prédateurs et proies cohabitent en paix, sans souvenir du temps révolu où les uns chassaient les autres. Sauf qu'aucun "petit animal" n'est jamais sorti son diplôme en poche de l'école de la police... Mais Judy a le caractère bien trempé de ceux qui n'abandonnent pas. Et lorsque de mystérieuses disparitions frappent les animaux de Zootopie, Judy saisit sa chance de prouver à tous que ce n'est pas la taille qui compte, mais bien la persévérance.

 

 

Sur un scénario relativement classique, Disney brode une aventure qui, à la façon d'Esope ou de La Fontaine en leur temps, met en scène des animaux pour mieux nous parler des hommes et de leurs travers. Ici, on parle de capacité à vivre ensemble et à se respecter, mais également de la façon dont nos préjugés nous enferment dans un certaine façon d'être, de penser et de voir autrui.

 

Cette différence entre les différents animaux et leur milieu de vie est l'occasion pour les équipes de Zootopie de laisser parler leur créativité. Chaque élément de mobilier et d'équipement urbain possède ainsi sa déclinaison pour différentes tailles et formes d'animaux, et l'exploration des différentes zones climatiques de la ville (polaire, tropical, désertique et tempéré) donne lieu à une diversité de décors et de textures propres à soutenir l'intérêt du spectateur.

 

 

Doté d'une morale un peu facile - mais efficace - Zootopie touchera probablement davantage les petits que les plus grands. Toutefois, il serait injuste d'y réduire ces aventures qui, bien ficelées, s'avèrent une jolie fable, visuellement très réussie.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

Publié le 29 Mars 2016

De Jennifer Yuh et Alessandro Carloni

 

Po avait toujours cru son père panda disparu, mais le voilà qui réapparaît ! Enfin réunis, père et fils vont voyager jusqu’au village secret des pandas. Ils y feront la connaissance de certains de leurs semblables, tous plus étonnants les uns que les autres. Mais lorsque le maléfique Kaï décide de s’attaquer aux plus grands maîtres du kung-fu à travers toute la Chine, Po va devoir réussir l’impossible : transformer une horde de pandas maladroits et rigolards en experts des arts martiaux! 

 

 

 

 

 

Si j'avais bien aimé le premier et deuxième opus de Kung-fu Panda (ici et ici - de quoi constater que l'écriture mûrit, avec les années...) c'était surtout pour leur rythme alternant efficacement gags et scènes de combats. Surtout, ils faisaient partie de ces films d'animation que l'on pouvait apprécier quel que soit son âge. 

 

Ce troisième opus ne fait pas exception à la règle, et c'est tant mieux. On plonge ainsi dans un univers familier sans pour autant être lassant, et que je découvre pour la première fois en 3D, technologie qui met en valeur l'animation, notamment dans ses références à la peinture chinoise. On y retrouve un Po aguerri aux techniques de combat mais qui ignore encore qui il est vraiment. Lorsqu'il découvre son véritable père, parti à sa recherche, il va devoir s'approprier son identité complexe pour maîtriser le Qi (lire Chi) et vaincre un nouvel ennemi, venu du royaume des esprits. 

 

 

Po retourne alors dans son village natal, caché dans les montagnes, pour vivre la vie d'un panda ordinaire et retrouver son élément naturel. Il apprend une vie tranquille, faite de siestes, de roulé-boulés dans l'herbe - c'est vrai, pourquoi marcher quand on peut se laisser rouler - de repas gargantuesques et de câlins collectifs... 

 

On aime retrouver l'univers familier de Kung-fu Panda, son caractère de grand enfant - son père n'est pas mieux, vous verrez - et ses maladresses, le tout porté par la voix française de Manu Payet, qui semble toujours très à l'aise avec les facéties de son personnage. C'est avec un grand plaisir également, que l'on entend en Maître Shifu la voix si particulière de Pierre Arditi, avec toute la sagesse dont le sang-froid est mis à mal, situation propice à de bons gags.  

 

J'ai beaucoup aimé les nouvelles références à la culture chinoise, comme l'utilisation de la symbolique du jade, mais également la signature sonore du méchant et les effets de lumière que les animateurs ont créés autour de cette pierre et de ses armes. Le scénario est plutôt convenu, mais cela n'a jamais été un facteur déterminant depuis le début de la saga et en ce sens, il n'y pas de mauvaise surprise de ce point de vue-là. 

 

On aime replonger dans l'univers de ce panda si attachant et maladroit, sorte d'éternel adulescent bon vivant dans lequel, peut-être, on reconnaît un peu ce qu'on aimerait oser si on n'était pas obligé d'être si sérieux, parfois. Oui aux siestes interminables, oui aux roulé-boulés, oui aux câlins! 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3,5/5

Publié le 6 Mars 2015

Les Chevaliers du zodiaque

de Keichi Sato

 

Au commencement, il y avait une Déesse chargée de protéger la Terre, Athéna. Gardienne de l'équilibre, elle fut cachée des Forces du Mal.Quand sa vie est menacée, Seiya et les Chevaliers de Bronze endossent leurs armures. Ce sont les Protecteurs d'Athéna, les Chevaliers du Zodiaque. Pour sauver leur Déesse et l’avenir de la Terre, ils vont devoir atteindre le Sanctuaire du Grand Pope et y affronter sa légendaire armée des 12 Chevaliers d'Or. La plus grande bataille des Chevaliers du Zodiaque débute aujourd'hui.

 

 

Comme tous les enfants du Club Dorothée, j’ai découvert les Chevaliers du zodiaque sur mon petit écran. Si mes héros préférés à l’époque étaient plutôt les Bioman et Sailor Moon, je ne dédaignais pas de regarder les aventures de ces vaillants chevaliers avec un petit faible pour Shiryu, son air mystérieux, ses cheveux longs et son tatouage en forme de dragon – comme quoi, certaines préférences se forgent dès le plus jeune âge !

 

L’adaptation de ces Chevaliers du zodiaque version 2015 devait remettre au goût du jour l’une des saisons les plus emblématiques de la saga : celle de la bataille du sanctuaire. Les héros devaient y traverser une à une douze maisons – des temples – gardés par des chevaliers d’or représentant chacun un signe du zodiaque, pour accéder au sommet du sanctuaire et y affronter le Grand Pope. Ils combattaient pour sauver Saori, réincarnation de la déesse Athéna, atteinte d’une flèche magique qui ne lui laissait que douze heures à vivre. J’imagine que nos parents y voyaient surtout des types aux coupes de cheveux improbables qui montaient des escaliers et passaient leur temps à se taper dessus, mais j’avoue qu’à l’époque, j’ai surtout vu beaucoup de noblesse d’âme, de sens du devoir et d’amitié, dans cette quête absolue de justice. Question d’âge et de point de vue !

 

Toujours est-il que l’adaptation de ce film d’animation sur grand écran a été l’occasion de réunir toute une bande d’amis, tombés dans les mangas à cette époque, et y baignant toujours. Une dizaine de grands enfants décidés à aimer ce film, ne serait-ce qu’en hommage à cette époque pas si lointaine où ils y croyaient dur comme fer.

 

Dès le début, le spectateur est happé par la mise en scène des combats et la conception visuelle soignée : les armures semblent notamment dotées d’une personnalité propre et on les sent enfin conçues pour protéger, là où le décoratif primait auparavant. Le design du sanctuaire, très éloigné du manga d’origine, n’est pas sans rappeler les univers vidéoludiques des derniers Final Fantasy, pour ne citer qu’eux.

 

Si les parties narratives sont traitées un peu hâtivement – la révélation de la véritable identité de Saori, pour ne citer qu’elle – l’ensemble reste cohérent, et les interactions très « manga » dans leur côté caricatural. On aurait espéré un peu plus de réalisme sur ce point, mais admettons.

 

Jusqu’à ce qu’une scène achève de tuer toute velléité d’adhésion – SPOILER ALERT – l’entrée dans la maison du cancer. On aurait pu comprendre un côté très théâtral dans la mise en scène de ses pouvoirs ou même grandiloquent chez ce chevalier d’or, surnommé « masque de mort ». Mais le transformer en guignol Jack Sparrowesque amateur de comédie musicale achève définitivement de le décrédibiliser, emportant le reste du film avec.

 

Notre petit groupe est sorti de la salle heureux de s’être réuni, avec ce goût de raté qui fait parfois les souvenirs cultes. De ceux qu’on s’échange ensuite sur les réseaux sociaux, à prendre au énième degré. Parce que nous n’avons plus les yeux de l’enfance, mais qu’à tout prendre, nous y avons gagné le sens de la dérision.


Publié le 12 Juillet 2014

Au théâtre Mogador,

jusqu'au 27 juillet 2014

 

Au cours d'une petite sortie surprise comme nous aimons en organiser de temps à autre, Monsieur Lalune m'a emmené au Théâtre Mogador découvrir la comédie musicale inspirée du chef d'oeuvre de Disney. Au programme : une sévère rechute en enfance, malgré les quelques critiques de l'adulte.

 

Transformer un dessin animé si emblématique en comédie musicale n'est pas une mince affaire, d'autant plus lorsqu'il est nourri de l'imaginaire de l'enfance comme c'est le cas ici. Si l'histoire reproduite est la même, le format, de l'écran à la scène, est forcement différent, et il faut savoir gérer l'ensemble intelligemment sans briser la magie. Concrètement, cela se traduit surtout par le rajout de chansons et la modification des chorégraphies, et sur ces points-là, l'ensemble est fabuleux.

 

On retrouve les personnages emblématiques du dessin animé, et à une exception près, le casting est impeccable : Belle, gracieuse et légère, mais aussi Gaston plus vrai que nature, vraiment parfait, le duo Lumière et Big Ben, cabotin à souhait, sans oublier les autres personnages habitant le village ou le château. Un petit bémol à ce bel enthousiasme : la Bête, peu crédible dans sa façon d'habiter physiquement le rôle et médiocre dans ses dialogues (on n'entend jamais la Bête, mais toujours un ténor qui cherche à grossir sa voix...) chose d'autant plus visible que le reste du casting frôle joyeusement la perfection.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir. Le show est bel et bien là, réglé au millimètre dans les chorégraphies autant que dans les changements de décor. On s'amuse, on rit, on écarquille les yeux. La magie opère...  l'histoire éternelle, la la la la laaaa

 

Publié le 10 Juillet 2014

De Dean Deblois

 

Tandis qu'Astrid, Rustik le Morveux et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l'île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l'une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d'une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou doivent s'unir pour défendre leurs valeurs et pouvoir préserver le destin des hommes et des dragons.

 

J'avais été très agréablement surprise par le premier opus, que j'avais trouvé aussi intéressant visuellement que sur le fond, beaucoup moins simpliste qu'il n'y semblait de prime abord. Malheureusement, une suite part toujours avec un handicap : la surprise est éventée. 

 

Celle-ci n'échappe pas à la règle, même si les animateurs ont pleinement exploité toutes les potentialités du vol et des caractéristiques des dragons à l'écran. Ils ont également renforcé l'aspect humoristique, non sans efficacité. Entendez-moi, l'ensemble est plus qu'honorable, et de loin, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe de frustration. Peut-être que mes attentes étaient trop élevées, chose qui arrive fréquemment au spectateur conquis d'avance, mais j'ai trouvé que le scénario fonctionnait moins bien, et l'émotion moins au rendez-vous, ce qui est très paradoxal dans la mesure où les thèmes évoqués se voulaient plus forts. Bref, la magie est simplement moins forte.

 

Un film qui souffre donc un peu de la comparaison avec le premier volet, mais qui reste très impressionnant  et qui dévoile sans aucun doute son plein effet en 3D.

 

Publié le 15 Mars 2014

De Yasuhiro Yoshiura

 

 

Après une catastrophe écologique, la terre se trouve séparée en 2 mondes inversés ignorant tout l'un de l'autre. Dans le monde souterrain, Patéma, 14 ans, adolescente espiègle et aventurière rêve d'ailleurs.
Sur la terre ferme, Age, lycéen mélancolique, a du mal à s'adapter à son monde totalitaire.
Le hasard va provoquer la rencontre des 2 adolescents en défiant les lois de la gravité.

 

 

 

 

 

J'aime beaucoup les films d'animation, tout particulièrement lorsque, sous couvert d'un style accessible aux enfants, ils abordent des thèmes plus profonds. Ici, il est question de science, de dictature, de haine, d'acceptation de la différence, mais également d'amour. Deux personnages que tout oppose, à commencer par la gravité, vont apprendre à se connaître, et à s'entraider, brisant les règles de leurs deux mondes et permettant par là même leur rencontre. Des thèmes traités avec poésie, mais dont la dureté n'est pas pour autant occultée.

 

Le film joue sur les effets d'optique à tel point que le spectateur en perd ses repères - et son sens de l'orientation. Ce processus est perturbant, car on ne sait plus "dans quel sens on est". Cependant, je pense que cela gène surtout le spectateur adulte, plus cartésien. Les enfants le ressentiront sans doute de façon différente. Mais on finit par se faire une raison et cette acceptation fait partie, je crois, du processus voulu par le réalisateur.

 

Voici donc une fable touchante, un univers visuel chamboulé, et un réalisateur à surveiller de près qui semble avoir un goût prononcé pour les univers futuristes. Après la retraite de Miyazaki, le cinéma d'animation japonais a encore de beaux jours devant lui !