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Publié le 16 Avril 2017

Mise en scène de Vincent Marbeau 

 

D'après Victor Hugo Le dernier jour d'un condamné

 

Si Victor Hugo compte parmi mes auteurs favoris, force est de constater que sa production est telle - en romans, en théâtre, en poésie - que je n'en ai lu qu'une infime partie. Cela ne m'empêche pas de profiter de chaque occasion possible pour en découvrir davantage. Je suis une opportuniste de la découverte ! 

 

Aussi, lorsqu'on me propose d'assister à une représentation de la pièce Condamnée, elle-même adaptée du roman Le dernier jour d'un condamné, de Victor Hugo, donc,  je n'ai pas hésité une seconde. Il s'agit d'une oeuvre à laquelle j'ai curieusement, échappé pendant ma scolarité, probablement, parce que la professeure que nous savions engagée contre la peine de mort avait  jugé que le film La dernière marche nous marquerait davantage. Et sans doute avait-elle raison, à l'époque. Du roman d'Hugo, donc, je ne connaissais que l'opinion engagée, mais rien de plus. 

 

C'est dans le minuscule théâtre la croisée des chemins, dans le 15e arrondissement, que mes pas me mènent. Là, j'appréhende tout de suite la proximité de la route : j'ai une tendance à voir la salle de spectacle comme un espace protégé, presque sanctuarisé, hors du temps et de la vie quotidienne, et je dois admettre que dans ce cas-ci, les bruits de la rue me semblaient trop inexorablement présents. Et puis, dès les premières minutes, j'oublie complètement le bruit ambiant, happée par la force de l'écriture de Victor Hugo.

 

 

Un mur sale, une chaise rouge. Rien de plus. Dans cet espace pourtant quasiment vide, le texte d'Hugo montre sa puissance peu commune, créant les images et les rendant vivantes. La salle du tribunal s'anime, on y voit les personnages que Hugo sait si bien dépeindre, avec leurs petites manies, leur condescendance, et des habitudes bourgeoises dont on pourrait rire, si elles n'apparaissaient pas comme si dénués de pitié, si indécentes, dans le contexte.

 

Hugo décrit la torture psychologique du personnage principal, son angoisse, ses doutes, mais également son atroce lucidité. C'est également une remarquable peinture du lent et méthodique déroulement de la justice : le jugement, le transfert, les procédures d'appel, l'attente, la solitude, l'espoir, et l'inexorable fin, qui prend la forme d'une lugubre machine à lame triangulaire dont la condamnée ne prononcera pas même le nom.

 

La comédienne Betty Pelissou fait le choix de servir les mots de l'écrivain, sans grandiloquence, dans une mise en scène des plus sobres. Elle prend le temps de laisser les mots résonner, en jouant chaque silence, montrant tour à tour toutes les couleurs de l'âme humaine au travers de cet unique personnage. D'ailleurs, de son crime, on ne saura pas grand-chose. Tout au plus que le sang a été versé. Préméditation ? accident ? Aucun détail supplémentaire ne viendra étayer le passé de la condamnée. Rien qui puisse biaiser le jugement par des circonstances précises. Ce plaidoyer est contre la peine de mort par principe, quel que soit le crime, quelles que soient les circonstances. 

 

 

Le lien est immédiat entre cette Condamnée et les spectateurs, un sentiment renforcé encore par les dimensions réduites du théâtre, si bien qu'il nous semble parfois être nous aussi entre ces quatre murs. Seul petit bémol, bien minuscule au regard du reste, j'avoue avoir trouvé que les passages musicaux - matérialisant les ellipses de temps -  ne trouvaient pas vraiment leur place, brisant le silence pesant du cachot, et détricotant parfois une tension pourtant si bien tissée. Une affaire de style musical ? Peut-être.

 

Reste une pièce poignante, où résonne les mots d'un écrivain farouchement engagé contre la peine de mort. Et comme souvent, avec Victor Hugo, on est frappé par l'implacable actualité d'un texte pourtant écrit il y a presque deux siècles. Quel que soit l'avis que l'on peut avoir sur la question, on ne peut, sans doute, y rester insensible.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

 

Renseignements et réservations sur le site du théâtre la croisée des chemins 

Photos Elvire Bourgeois​​​​​​​

Publié le 13 Avril 2017

De Stéphane De Freitas et Ladj Ly

 

Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours "Eloquentia", qui vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d'y participer et s'y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène...) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes. Munis de ces armes, Leïla, Elhadj, Eddy et les autres, s’affrontent et tentent de remporter ce concours pour devenir « le meilleur orateur du 93 »

 

 

Sortir un film en salles après son passage à la télévision, voilà qui n'est pas banal ! Assurément, il fallait que ce documentaire soit d'un intérêt tout particulier pour prendre ainsi à rebours la chronologie des médias. Mais de quoi s'agit-il ? De suivre pendant six semaines un groupe d'étudiants qui préparent le concours Eloquentia, récompensant chaque année depuis 2014 le meilleur orateur de Seine Saint-Denis. 

 

Au-delà de cet amour de la parole, qu'il partagent, c'est surtout un fabuleux défi que se lancent ces jeunes : celui d'oser. Oser défendre ce qui leur tient le plus à coeur, oser surmonter leurs propres appréhensions, oser prendre la parole et s'exposer au regard des autres pour mieux tenter de les convaincre.

 

 

Loin de l'image de la banlieue des quartiers qui colle à la peau du 93, le film s'attache à montrer la diversité des situations et des points de vue sur le monde : des filles, des garçons, avec leurs origines, leur vécu, leurs blessures, mais aussi leurs joies, leurs combats, leurs convictions. L'un vient des cités, l'autre a connu la rue, un autre encore vit dans le 93 rural, et parcourt à pied matin et soir les 10 kilomètres qui séparent son domicile de la gare, pour se rendre à l'Université. Ce qui frappe quelle que soit la situation, c'est l'énergie incroyable qui se dégage de ce groupe, cette envie partagée de se battre pour réussir, de franchir par leur volonté, mais également leur travail, tous les obstacles qui se présenteront à eux. 

 

Peu à peu, le spectateur les voit progresser, dépasser leur timidité, leurs craintes, leurs propres limites, poussés par des intervenants qui vont les aider à appréhender, en à peine quelques semaines, tous les aspects liés à l'éloquence : le texte et l'argumentation, bien sûr, mais également la voix, le souffle, le jeu, et la gestuelle. Ce sont un avocat, un poète, un coach vocal, et une professeur de théâtre, qui vont les accompagner pour les aider à repousser leurs limites, quitte à les secouer parfois pour les forcer - parfois malgré eux - à sortir de leur zone de confort.

 

 

Le résultat est très émouvant. Voir peu à peu ces jeunes orateurs s'ouvrir, se confier, au risque parfois de s'exposer à coeur ouvert, demeure profondément touchant de sincérité. Un documentaire sur le pouvoir de la parole - arme, bouclier ou moyen d'expression - mais pas seulement : c'est également une démonstration incroyablement éloquent sur le pouvoir de la force de caractère et du travail.  

 

Ce qui frappe, c'est la manière dont chacun d'entre eux semble être ressorti plus mûr de cette expérience. Parce qu'ils ont progressé, en repoussant leur propres limites, et pris conscience de leur potentiel. On les sent plus forts, plus confiants en eux-mêmes, et résolus à prendre l'avenir à bras-le-corps.

 

 

C'est peut-être bien ce message, viscéralement positif, qui m'a le plus touché : cette idée que l'on a tous un potentiel inexploité à découvrir, à développer, capable de se révéler à la lueur de nouvelles expériences ... à condition d'avoir le courage de s'en saisir. Une bouffée d'optimisme qui fait un bien fou dans la sinistrose ambiante ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5 

 

Publié le 17 Mars 2017

D'Olivier Casas

 

Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant  vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une jeune mère en plein baby blues, un père qui la délaisse au profit de la musique où il cherche en vain à percer, un ami qui lui, a réussi et un chirurgien séducteur maladif. Voilà le quatuor d'amis réunis à la faveur d'un dîner. Ajoutez à cela une belle-mère acariâtre, un beau-père narcoleptique et une chanteuse célèbre et capricieuse,  et vous obtenez un cocktail de personnages tout prêts à exploser. L'étincelle qui manquait va venir du baby phone : une conversation tenue à mi-mot au dessus du berceau de la petite va ainsi être entendue dans le salon, révélant quelques secrets plutôt gênants. 

 

 

Si certains personnages convainquent plus que d'autres, l'ensemble est globalement bien huilé, avec quelques moments hilarants, lorsque, un mensonge en entraînant un autre, chacun s'enferre sans savoir qu'il est percé à jour... Pour autant, il manque souvent à Baby Phone deux éléments essentiels à une bonne comédie, au delà des gags : l'attachement aux personnages et l'émotion. Sans empathie pour les personnages - c'est à dire sans reconnaître dans leurs petites lâchetés ou blessures certaines des nôtres - on en vient à les considérer comme des archétypes vides, parfois efficaces, mais qui semblent presque mériter ce qu'il leur arrive. Et c'est sur ce terrain aride que l'émotion, lorsqu'elle apparaît par petites touches, peine à grandir. 

 

Avec un ressort classique du théâtre et du cinéma - surprendre une conversation qui ne nous est pas destinée - Baby phone ménage des moments de rire efficaces, mais sans âme véritable, faute de véritable tendresse pour les personnages. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 3 Février 2017

De David Moreau

 

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu.  Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…
Mais sont-ils vraiment seuls?

 

 

 

 

Seuls, c'est débord l'histoire d'une bande dessinée de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, publiée depuis 2006. J'en avais déjà croisé quelques planches il y a longtemps, à l'époque où j'achetais parfois quelques versions reliées du petit Spirou, qui me coûtaient le prix d'un album, mais qui m'occupaient beaucoup plus longtemps. A vrai dire, à ce moment là, j'appréciais assez peu les histoires à épisodes, dont je ne connaissais pas le début, et dont je n'ai jamais eu l'occasion non plus de découvrir la fin. 

 

C'est donc au détour d'une invitation à venir découvrir le film que je me suis souvenue avoir parcouru quelques planches de cette histoire bizarre, dans laquelle des enfants se retrouvaient seuls dans une ville désertée, sous la menace d'un ennemi mystérieux. Par curiosité, plus que par intérêt réel, au départ, j'ai profité de l'occasion de voir de quoi il retournait. 

 

 

Et, dès le début, le rythme m'a happée. Autour du personnage de Leila, que l'on sent dès d'une force et d'une volonté de fer, la réalisation va peu à peu cristalliser une ambiance anxiogène : des maisons vides, une autoroute où les voitures demeurent à l'arrêt, un décor qui pourrait sembler post-apocalyptique si tout n'était demeuré intact. Comme si le temps, sans activité humaine, s'était arrêté. 

 

Un décor dans lequel Leila va errer, seule, à la recherche d'autres âmes. Ils sont au final cinq jeunes dans cette ville déserte et encerclés par un mystérieux brouillard brûlant infranchissable. Ont-ils été oubliés? Sont-ils les uniques rescapés d'un cataclysme inconnu ? A mesure qu'ils explorent les rues, une évidence s'impose : ils sont pris au piège. Et ce n'est pas fini : quelqu'un cherche à les éliminer. 

 

 

A la peur, à l'incertitude et à l'incompréhension se mêle également un vieux fantasme : celui, libéré de la surveillance des parents, de pouvoir agir à sa guise. C'est alors l'occasion de sortir les grosses cylindrées, de faire vrombir les moteurs, mais également de s'installer dans un hôtel de luxe pour profiter de sa piscine et de sa cuisine. Avec toujours l'espoir que tout cela ne soit qu'un cauchemar, et que quelqu'un pourra venir les tirer de là. 

 

Malgré certains raccourcis scénaristiques un peu rapides notamment sur la fin - probablement dus au passage des cinq premiers tomes de la bande dessinée à un seul film - l'ensemble est très convaincant. En effet, si Seuls s'adresse d'abord aux adolescents, il serait dommage de le limiter à ce seul public. Au delà des codes du film de survie, il brosse des personnages forts et installe une ambiance pesante qui ne retombe à aucun moment. Le rythme, nerveux, s'avère lui aussi d'une redoutable efficacité, si bien que, malgré mon scepticisme de départ, je suis restée accrochée à l'action. 

 

 

Voici une découverte inattendue pour moi, intéressante à de nombreux points de vue, qui me donne une sérieuse envie de lire la BD originale, ce que je ne vais pas tarder à faire puisque à l'occasion de la sortie du film, les éditions Dupuis viennent de rééditer le premier cycle - les cinq premiers albums, dont le film a été tiré - en un seul volume. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 21 Décembre 2016

D'Eric Capitaine 

 

Mathias Lonisse, créateur de la société Love is dead, est un artisan de la séparation amoureuse.Il est mandaté pour rompre à la place de celles et ceux qui pour une raison ou une autre préfèrent s’éviter cette tâche bien souvent pénible et délicate.


Mathias assume parfaitement son métier, et effectue chaque mission avec un grand sens du professionnalisme, jusqu’au jour où maman décide de quitter papa…

 

 

 

 

Je boudais un peu les comédies françaises : ultra-formatée, souvent lourdingue et molle du scénario, elles ne me faisaient plus vraiment rire. Mais, depuis quelque temps, par ci, par là, on commence à voir apparaître sur nos écrans quelques films qui semblent vouloir faire souffler sur le genre un vent de renouveau bienvenu... comme ici, avec Rupture pour tous

 

Le parti pris, déjà, est moderne : à l'heure des sites de rencontres et des start-up proposant toutes sortes de services, jusqu'aux plus incongrus, Rupture pour tous s'inscrit dans son temps. Le chef d'entreprise, ici, c'est Mathias Lanisse, créateur de "Love is dead", spécialisé dans les ruptures amoureuses : l'acte lui est ainsi délégué, par contrat, et Mathias officie avec un professionnalisme soigné et méthodique, quasi chirurgical, habité par cette certitude de faire un travail sans doute peu ragoûtant, mais nécessaire à l'humanité. 

 

 

Sans nostalgie aucune, le film cultive l'art des références délicieusement rétro, par petites touches : ici, tout commence par la silhouette élancée de Matthias en costume trois pièces traversant Paris sur son vieux vélo de course. D'emblée, on pense à M. Hulot. Comment ne pas songer également à certains couples mythiques dans les conversations entre Mathias et sa collaboratrice : le décalage entre l'intimité des sujets abordés, frôlant la provocation, et le vouvoiement, gentiment désuet pour des personnages sensiblement du même âge. L'esthétique accentue ces références vintage avec un jeu constant sur l'association des couleurs rouge et bleu, sans pour autant verser dans le décor années 60. 

 

Mais la part la plus savoureuse du film vient incontestablement de ses dialogues : très écrits, ciselés même, ils agissent sans cabotinage aucun. Mieux : prononcés au premier degré par les personnages, ils créent l'humour sans besoin de générer de gags, uniquement par le décalage qu'y perçoit le spectateur. Redoutable d'efficacité !

 

 

Quant aux protagonistes de cette histoire, ils évitent la caricature, malgré ce que le sujet pourrait laisser croire : attachants dans leurs maladresses, sensibles, lâches, ils se révèlent, en définitive, profondément humains. 

 

Rupture pour tous a été pour moi l'une des vraies découvertes bonne humeur de l'année 2016, par ailleurs assez décevante côté comédies françaises. Pétillante et enlevée, elle nous donne envie de serrer fort notre chéri(e) et de croire que le bonheur est toujours possible.

Allez, une petite danse du donut pour fêter ça ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

Et en bonus, quelques photos de l'interview post projection avec Eric Capitaine, Benjamin Lavernhe, Elisa Ruschke et Antoine Gouy, effacée par mégarde avant d'avoir pu en livrer une retranscription... 

 

 

Publié le 16 Novembre 2016

De Valérie Müller et  Angelin Preljocaj

Sortie le 16 novembre 2016

 

Russie, dans les années 90. Portée depuis l'enfance par la rigueur et l'exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu'elle s'apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C'est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie. 

 

 

Tous ceux qui ont un jour entrepris de pratiquer sérieusement un sport ou d'apprendre un art le savent : pour progresser, il faut de la discipline et de l'entraînement. Il y a des moments enivrants où tout semble vous réussir, généralement suivis de périodes de doute où l'on ne voit plus le chemin déjà parcouru, et où seuls semblent exister les obstacles encore à franchir. Après dix ans de danse classique, puis dix ans de théâtre, et mettant aujourd'hui tout mon coeur dans l'apprentissage du chant lyrique, je mesure bien, à mon modeste niveau, ce que signifie cette quête de progrès, cette répétition inlassable des mêmes exercices et cette peur insensée de ne pas être à la hauteur. C'est pourquoi les histoires comme celle de Polina, qui mêlent art, passion, travail et volonté de réussir à tout prix, me touchent tout particulièrement. 

 

Car Polina, au départ, ne possède ni la facilité, ni la souplesse de ses camarades. Elle n'a que sa persévérance et son entêtement pour atteindre son rêve de devenir danseuse. Mais ce rêve va soudain changer de cap lorsque la jeune fille découvre la danse contemporaine, et décide d'explorer d'autres voies que celles du classique. Un chemin où il ne suffira pas de travailler techniquement le corps, mais où il lui faudra aussi apprendre à aller puiser au plus profond d'elle-même pour s'exposer émotionnellement. 

 

 

Adaptation de la bande dessinée de Bastien Vives, Polina nous plonge au coeur d'un parcours souvent rude et douloureux, mais fondateur, qui forgera toute la force et la personnalité de cette artiste en devenir. On y redécouvre la danse sous son aspect le plus strict, mais aussi le plus viscéral, lorsqu'elle exprime le désir, le manque, la peur, la rage, le doute. Pour donner vie au personnage principal, les réalisateurs ont choisi la jeune Anastasia Shevtsova, danseuse professionnelle russe, qui montre à l'écran, outre son évidente maîtrise du classique, un beau potentiel d'actrice.

 

Dans cette histoire initiatique, la place des mentors s'avère déterminante : Bojinski, tout d'abord, incarné par Aleksei Guskov - découvert dans Le Concert - ce professeur sévère mais non dépourvu de coeur, qui s'avère au final extrêmement touchant. Liria Elsaj ensuite, tout en bienveillance, portée par une Juliette Binoche lumineuse dans ce rôle d'artiste apaisée et mature, capable de mettre toute son âme dans une chorégraphie. N'oublions pas non plus le personnage de Karl, qui va aider Polina à lâcher prise pour exprimer toute la complexité de ses sentiments au travers de son art. C'est Jérémie Bélingard - danseur étoile de l'Opéra de Paris dans la vraie vie - qui lui confère une sensualité envoûtante, contrastant avec la froideur et la rigueur naturelles de Polina. 

 

 

Si l'on excepte quelques soucis de rythme par moments, j'ai particulièrement aimé ce film, qui s'interroge sur ce qui fait l'identité profonde d'un artiste, ce qui le rend unique, et la façon dont son parcours, avec ses bonheurs et ses accidents, influence son travail. La beauté des scènes de danse est également à retenir, particulièrement celle du duo final, onirique, sublime, qui montre enfin l'épanouissement de la personnalité artistique de Polina. La morale de cette belle histoire c'est finalement que pour réaliser ses rêves, il faut travailler dur, mais pas seulement : il faut aussi savoir se perdre pour enfin vivre, et qui sait ? peut-être se trouver soi-même...

 

 La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 12 Octobre 2016

De Jérôme Salle

Sortie le 12 octobre 2016

 

1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.

 

 

 

 

 

Autant j'adore le bateau, et cette sensation de calme, de sérénité qui s'impose à moi quand je pose les pieds sur l'eau, autant je n'ai jamais été une inconditionnelle de la baignade, et encore moins de la plongée, même avec de simples masques et tubas. Cet univers silencieux, où l'on se sent étranger, minuscule, où l'on ne peut respirer que grâce à un appareil m'a toujours angoissé. Même voir des plongeurs à la télévision me donne toujours l'impression qu'un accident va arriver, et je me retrouve souvent en apnée devant mon poste. 

 

Un jour, il y a quelques années, j'ai tout de même pris mon courage à deux mains pour effectuer un baptême de plongée. C'était dans les eaux de la mer Rouge, là où, à moins de dix mètres de profondeur, on trouve déjà de quoi s'émerveiller. Accompagnée d'un collègue qui savait déjà plonger, ainsi que du moniteur - deux précautions valent mieux qu'une - j'ai donc décidé de tenter l'expérience. Apprivoiser l'équipement et le poids des bouteilles, s'entendre respirer - chose très angoissante pour moi - dompter la peur de laisser par mégarde entrer de l'eau dans le masque ou de ne plus pouvoir respirer ont été autant d'éléments délicats dans les premières minutes. Et puis, une fois à quelques mètres du bord, dès le premier poisson aperçu, tout s'évapore : la sensation d'apesanteur et la beauté du spectacle vous font tout oublier. 

 

Bon, je ne dis pas que je n'ai pas fait une petite crise d'angoisse à mi-parcours, lorsque, ayant soudain repris conscience de la situation, il nous a fallu remonter quelques minutes à la surface le temps que je recommence à respirer normalement. Toutefois, je garde de cette expérience un merveilleux souvenir, avec l'impression d'avoir vécu quelque chose de magique que je ne trouverai probablement jamais le courage de retenter. C'est pourquoi, malgré toutes ces angoisses, je comprends la fascination que peut exercer le monde sous-marin, tout comme la sensation de liberté que peut procurer le fait de pouvoir respirer et de se mouvoir sous l'eau. C'est avec ces souvenirs-là en tête que j'ai découvert l'Odyssée

 

Voici donc un film qui s'intéresse au célèbre Commandant Cousteau, l'homme au bonnet rouge et aux formidables aventures, sillonnant les mers à la découverte du monde sous-marin. Un personnage un peu mythique, dont l'Odyssée explore également les parts d'ombre, en s'intéressant notamment aux relations quelque peu houleuses qu'il a pu entretenir avec son plus jeune fils, Philippe. En effet, ce qui est au départ le rêve du couple Cousteau va peu à peu laisser place à un désir de conquête de la part du Commandant, si dévorant qu'il va supplanter tout le reste, à commencer par les aspirations de sa propre famille. Son écrasante ambition médiatique va notamment sceller sa rupture avec Philippe, son fils, qui va trouver dans l'écologie son propre combat. 

 

Ici, on est à la fois dans la légende et dans la réalité la plus triviale : problèmes d'argent, de couple, les scandales et les blessures d'orgueil ne sont pas éludées par le réalisateur, qui raconte ici tous les aspects de cette épopée très médiatisée, ceux qui ont fait rêver des millions de spectateurs et ceux qui ont fait les gros titres mais également ceux, plus méconnus, relevant du drame intime. 

Pour incarner un homme à l'image si reconnaissable, il fallait un acteur qui puisse en supporter la carrure tout en s'effaçant derrière son personnage : Lambert Wilson est de ceux-là, si bien qu'au bout de quelques minutes, on l'oublie, lui, pour ne plus voir que le Commandant Cousteau. A ses côtés, Audrey Tautou campe son épouse Simone, parfois revêche, parfois blessée, toujours ambiguë à sa façon. Le couple va pourtant partager un rêve, un peu fou, qui va peu à peu nourrir l'ambition de son mari, quitte à se rendre compte, un peu trop tard, qu'elle a y tout sacrifié , et qu'elle a été laissée sur le bord du chemin.  

 

Mais l'autre grand personnage de cette Odyssée, c'est bien celui de Philippe Cousteau. Ce dernier s'avère être le personnage le plus aventureux, mais également le plus entier, qui seul ose tenir tête au Commandant. Une opposition farouche et passionnée, comme seule peut l'être celle d'un fils à son père. Pierre Niney incarne avec une grande sensibilité cet homme aimant, mais lassé de vivre dans l'ombre écrasante de son célèbre père et révolté contre son égoïsme croissant. 

 

Ce film n'est pas un documentaire sur Cousteau, ni sur les fonds sous-marins. C'est un récit d'aventure, la poursuite d'un rêve, avec ses désillusions. On y constate la dégradation des rapports humains, à mesure que, tout entier tourné vers cet unique but, Cousteau change, peu à peu, sans que sa famille puisse lui faire entendre raison, jusqu'à ce qu'il finisse par les broyer eux aussi dans le processus. 

 

Le réalisateur a porté une attention toute particulière à la qualité des images et du son, tenant à faire le moins possible usage des effets spéciaux numériques, ce qu'il nous a expliqué - la rencontre avec Jérôme Salle, Pierre Niney et Stan Collet, c'est par ici - à l'issue de la projection. Les équipes et les comédiens se sont donc rendus jusqu'aux Bahamas et en Antarctique, pour filmer des séquences qui comptent assurément parmi les plus belles du film. Cette volonté de réalisme, mais également de respect par rapport aux personnes encore en vie dont c'est l'histoire, se traduit également à l'écran dans la complexité des rapports humains et de ce lien familial qui se délite peu à peu.

 

L'Odyssée nous emmène faire un beau voyage sur les mers du globe, en compagnie d'une famille tombée amoureuse de la mer. Un film familial, dont les plus petits apprécieront tout simplement l'incroyable beauté, mais où les plus grands sentiront l'exorbitant prix à payer qu'exige toujours, de soi-même et surtout des autres, la poursuite d'un rêve.   

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

Publié le 4 Octobre 2016

De Gabriel Julien-Laferrière

 

Bastien, 13 ans, est au centre d’une famille recomposée: 6 demi-frères et soeurs, 8 « parents » et autant de maisons. Son emploi du temps familial est bien plus complexe que celui du collège... Trop c’est trop : les enfants décident de faire leur révolution et inversent les règles. Tous ensemble, ils squattent un grand appart’, et ce sera désormais aux parents de se déplacer !

 

 

 

 

 

 

J'ai toujours un peu peur en ce moment lorsque je vois une comédie française sortir. En effet, j'ai trop souvent l'impression - malheureusement confirmée ces derniers temps (ici ou ici) -  que l'on choisit des têtes d'affiche sympathiques, quelques gags qui se retrouveront tous dans la bande annonce, et que l'on court les plateaux télé en quête de promo, oubliant la plupart du temps un ingrédient essentiel : le scénario.

 

Alors bien sûr, un film sur la famille recomposée, rien de bien nouveau sous le soleil de la comédie. Un thème regorgeant potentiellement de malentendus, de tensions, de non-dits propice à générer gags et rires. Mais ici, ce n'est plus de la famille recomposée, c'est un véritable puzzle !  Tout le monde s'y perd, à commencer par les demi-frères et soeurs de cette fratrie, lassés de transporter chaque semaine leur vie dans un sac à dos pour migrer d'une maison à l'autre au gré des droits de garde successifs. Ce sont eux, les enfants et ados en quête de stabilité, qui vont décider de se créer un véritable foyer et de mettre les adultes devant leurs responsabilités.

C'est quoi cette famille évite les pièges les plus grossiers en nouant l'intrigue autour d'une idée simple mais bien ficelée, et de personnages attachants chez les enfants, quoique plus caricaturaux chez les adultes.  La mécanique est bien huilée et l'ensemble fonctionne bien, porté par des acteurs, adultes ou enfants, qui semblent s'amuser comme des petits fous à donner vie à cette famille de dingues.

 

On joue beaucoup sur les clichés côté adultes la mère surbookée au travail, le geek, la prof de yoga, le séducteur invétéré, le bisounours, la prof de yoga, la mère protectrice, et, ma préférée, la grand-mêre indigne de Chantal Ladesou dont la gouaille un peu cabotine fonctionne du tonnerre. Heureusement, les personnages sont assez nombreux pour que ces clichés soient individuellement dilués dans le jeu collectif.

J'ai eu tout de même un peu peur, aux deux tiers du film, de tomber dans une série de gags façon années 90 Maman j'ai raté l'avion lorsque - spoiler alert - les enfants tentent de faire déguerpir un agent immobilier et un acheteur un peu trop empressé. Heureusement, cette scène est rapidement écourtée, l'ensemble glissant ensuite dans un happy ending sirupeux et déjà vu des centaines de fois au cinéma, sans pour autant être vraiment catastrophique non plus.

 

En définitive, C'est quoi cette famille s'avère un sympathique divertissement familial, drôle par moments, gentillet le reste du temps, mais qui se laisse regarder sans déplaisir.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 18 Septembre 2016

De Danièle Thompson 

Sortie le 21 septembre 

 

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil... Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

 

 

Saviez-vous que Cézanne et Zola étaient amis d'enfance ? Qu'ils avaient partagé leurs jeux adolescents sous le soleil d'Aix-en-Provence et les premières désillusions de leurs espoirs d'artistes sous la grisaille parisienne ? Une amitié que pour ma part, j'ignorais complètement. 

 

Cézanne ! Zola ! Ce n'est pas rien ! Deux monuments de l'art et de la littérature de la deuxième moitié du 19e siècle, dans une France en plein bouleversement social, économique, politique, et artistique, bien entendu. Et dans ce bouillonnement, les deux hommes vont croiser les destins d'autres noms qui deviendront tout aussi emblématiques, parmi lesquels Pissaro, Maupassant, Valladon ou encore Manet. 

 

Et puis, "la fâcherie". Une brouille qui semble devoir beaucoup à la publication du roman L'oeuvre de Zola, dont le personnage principal - un peintre maudit - reflète Cézanne d'un peu trop près. Mais ce n'est probablement que la goutte d'eau qui fait déborder le vase, tant l'amitié qui les lie s'avère tumultueuse : la faute aux femmes peut-être, mais également au caractère explosif d'un Cézanne incapable de diplomatie et en proie permanente au doute. Le peintre casse, déchire, poignarde ses toiles, s'échauffe, s'énerve, tempête sans se soucier de son entourage. 

 

C'est autour d'une dernière rencontre, probablement fictive, que va se construire Cézanne et moi, faisant revivre par bribes les souvenirs de l'un et de l'autre, mais surtout les souvenirs partagés, témoignages d'une amitié profonde non dénuée d'une certaine cruauté. Fondés sur l'abondante correspondance entre les deux hommes, mais également celle de leurs amis, les dialogues explorent la relation complexe entre Emile et Paul, entre Zola et Cézanne, se soutenant parfois envers et contre tous, rendant parfois blessure pour blessure. 

 

Pour incarner la force tranquille de l'écrivain et la colère bouillonnante de Cézanne, Daniel Thompson a choisi Guillaume Canet et Guillaume Gallienne. Les deux comédiens sont si investis qu'on oublie vite leurs traits pour ne plus voir que les personnages : leurs rancunes lorsque la trajectoire ascendante de l'un croise celle, descendante de l'autre, l'amitié qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, leur opposition parfois frontale, tout s'entremêle, et plusieurs scènes sont superbes.

 

Malheureusement, mon enthousiasme a été tempéré par le rythme et le montage du film. Tantôt trop brutal dans ses transitions, tantôt trop mou, l'ensemble peine à soutenir l'émotion créée par les comédiens et la réalisation. De la même manière, un sentiment de fouillis s'empare de certains passages, notamment ceux évoquant la Bohème et les autres artistes que côtoyaient Cézanne et Zola, rendant difficile l'identification formelle de nombre de leurs amis, malgré la pléthore de noms jetés ça et là. J'ai finalement compris qui étaient Manet et Pissaro, mais c'est à peu près tout. 

 

Des dialogues affûtés, des acteurs méconnaissables, malheureusement desservis par un résultat brouillon qui sape l'alchimie entre chaque scène mémorable. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 16 Février 2016

De Mohamed Hamidi

Sortie le 17 février 2016

 

 

Fatah, petit paysan algérien, n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu'il rêve d'emmener à Paris, au salon de l'Agriculture. Lorsqu'il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied,  direction Porte de Versailles ! 

 

 

 

 

 

 

Il est parfois des surprises qui vous attendent au détour d'un film découvert un peu par hasard : à voir le synopsis, on aurait été tenté de classer La vache dans la catégorie film de société, voire - ce que je déteste par dessus tout - film à message politique et moralisateur. Pour mon plus grand bonheur, c'est bien une comédie tendre et enlevée que j'ai pu découvrir ce soir-là. 

 

L'essentiel de son équilibre fragile repose sur le personnage de Fatah : une sorte de doux rêveur, un peu naïf, qui s'occupe de sa vache comme d'un membre de sa famille. Un incorrigible optimiste, débordant d'enthousiasme, de ces gens désarmants de sincérité qu'on ne peut que trouver attachants. Et c'est vrai qu'elle est belle, sa Jacqueline, avec ses grands yeux noirs bordés de longs cils !  Lorsque Fatah débarque en France, c'est un peu le choc des cultures : à sa spontanéité toute simple répondent des situations plus complexes, qu'il peine parfois à saisir, et qui vont lui jouer quelques vilains tours, heureusement sans réelle gravité. 

 

 

Encore inconnu du grand public - probablement plus pour longtemps - Fatsah Bouyahmed incarne avec une fraîcheur sincère ce personnage si attachant, comique malgré lui. Il donne la réplique à Jamel Debbouze et Lambert Wilson, qui semblent prendre un malin plaisir à jouer avec les clichés de leurs rôles pour mieux les contourner. En noble désargenté, mais attaché à ses traditions - le château, le personnel, la cérémonie du dîner, le tableau de l'ancêtre, Lambert Wilson compose un comte tout en flegme, dont les répliques sont d'autant plus drôles qu'il contraste avec la simplicité un peu envahissante de Fatah. Quant à Jamel Debbouze, auquel on a souvent pu reprocher d'en faire trop, il s'avère ici justement mesuré. 

 

La bande originale, festive, mêle l'esprit des fanfares populaires et les tubes des années 70 - 80 qui donne instantanément le sourire, a fortiori lorsqu'ils sont interprétés par le personnage de Fatah. Evitant soigneusement les messages politiques, le réalisateur transforme ce road movie pas comme les autres en un conte plein de tendresse. On y aperçoit parfois en filigrane certains questionnements sur les paradoxes de notre vie moderne, mais ces derniers tombent sous le coup de l'humour sans passer par la case morale : chacun leur donnera donc, individuellement, le sens qu'il voudra bien.

 

Au final, La vache s'avère un concentré de bonne humeur et de rire, doublé d'un hommage sincère et tendre aux gens simples : une très belle surprise en ce début d'année ! 

 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 4/5