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Publié le 15 Février 2017

De Damien Chazelle

 

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

 

 

 

 

Il était une fois Emma Stone et Ryan Gosling, un couple de cinéma comme on les aime ! Après Crazy Stupid Love, les voilà à nouveau réunis à l'écran pour notre plus grand bonheur. Dans cette usine à rêves qu'est Hollywood, ils vont entraîner les spectateurs à leur suite dans une romance qui fleure bon les meilleures pages de la comédie musicale américaine. On danse dans la rue, on tombe amoureux en se chamaillant, et la moindre situation devient l'occasion de numéros musicaux tour à tour époustouflants, entraînants, magiques ou émouvants. 

 

Dès les premières minutes, un embouteillage devient l'occasion de nous plonger immédiatement dans l'ambiance du film. Les automobilistes sortent de leur voiture pour danser sur l'asphalte - ou sur leur capot - et apparaissent comme par magie un groupe de musiciens jusque là cachés dans un camion. Un long plan séquence chorégraphié avec un soin incroyable, qui nous saisit d'emblée : nous ne sommes plus sous la grisaille du quotidien, mais bien sous le soleil de Hollywood ! 

 

 

Dans cette ville où tous les rêves sont permis, Mia se voit actrice, Sebastian propriétaire d'un club de jazz, avec la part d'inconscience qui caractérise ceux qui croient en leur étoile. Et qu'importe le reste ? Mia et Sebastian se rencontrent, se détestent, tombent amoureux, se soutiennent mutuellement dans leur course à la réussite. 

 

Ici, on tombe amoureux sur une colline surplombant la ville illuminée, on danse dans le ciel étoilé, on retrouve l'émotion d'une première rencontre au gré de quelques notes égrenées sur un piano. On cultive un peu de nostalgie, juste un peu, juste assez pour évoquer les comédies musicales de l'âge d'or d'Hollywood et la douceur d'une belle histoire passée. 

 

 

La musique tient ici une place centrale, spécialement le jazz, que le personnage de Sebastian affectionne tant, mais pas seulement : le compositeur Justin Hurwitz signe une bande originale où l'orchestre fait résonner des cuivres puissants, mais également les flûtes et les piccoli avec une légèreté toute adaptée à cette romance. 

 

J'ai également été très impressionnée par la façon de filmer de nombreuses scènes en plan séquence, ce qui impose une précision sans faille et de la part des acteurs une minutie toute particulière. On aime ces personnages partagés entre la passion, la détermination et le doute : n'est ce pas le propre des artistes ? 

 

 

La la land rend hommage aux artistes, à tous ceux qui croient en leurs rêves sans jamais se détourner de leur route, quelles que soient les embûches. Et c'est peut-être cela qui m'a touché, plus que l'hommage appuyé aux comédies musicales hollywoodiennes. Ces deux personnages partagent la même flamme, et c'est en cela qu'il se reconnaissent. La la land vous laisse avec une envie de danser, de profiter de la vie et de prendre dans vos bras les gens que vous aimez. Je suis sortie avec l'envie de faire des claquettes sur le trottoir, et la bande originale - bonne humeur garantie - ne me quitte plus depuis que j'ai découvert le film.  

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

Publié le 9 Décembre 2016

De Morgan Neville 

 

Avec humour, tendresse et émotion, The Music of Strangers nous raconte l’histoire de personnes exceptionnelles de talent, d’humilité et de générosité, des musiciens prodigieux venus du monde entier et rassemblés à l’initiative de Yo-Yo Ma. 


Des plus grandes salles de concert européennes aux camps de réfugiés de Jordanie, des rives du Bosphore aux montagnes chinoises, ces virtuoses unissent leur art et leurs cultures et font la démonstration qu'avec des idées simples et des convictions fortes, on peut changer le monde.

 

 

 

 

Ce documentaire s'intéresse au projet Silk Road Ensemble initié par le violoncelliste Yo-Yo Ma. Le principe : réunir des musiciens du monde entier, avec leurs origines, leur culture et leurs instruments pour créer quelque chose de nouveau. Il ne s'agit donc pas d'abandonner ses traditions musicales, mais de voir ce qui peut arriver lorsque autant d'influences se rencontrent. 

 

Autant vous dire que, dès le début, cette idée m'a intriguée. D'abord parce que l'initiative vient d'un musicien classique, un domaine où il est parfois mal vu de sortir des rails.  Ensuite, parce que je suis persuadée qu'une tradition - musicale ou autre - doit évoluer pour passer d'une génération à l'autre, pour que chacun puisse se l'approprier : c'est ce qui lui donne son sens et la garde vivante : la figer artificiellement revient à la condamner, à terme. Parce qu'une musique traditionnelle ne vit pas par elle-même mais au travers des musiciens qui l'interprètent et des personnes en qui ces musiques trouvent écho. C'est une affaire d'hommes et de femmes avant d'être une théorie culturelle. 

 

 

Au delà du simple mélange des traditions musicales théoriques, The Music of Strangers s'intéresse donc au parcours de plusieurs artistes qui composent ce Silk Road Ensemble : Yo-Yo Ma, violoncelliste américain d'origine chinoise, la galicienne Cristina Pato, joueuse de gaïta, Wu Man, joueuse chinoise de pipa, le clarinettiste syrien Kinan Azmeh, et l'iranien Kayhan Kalhor, joueur de kamancheh.

 

En suivant leurs histoires personnelles, on prend conscience, davantage encore, du fait que les musiciens ne sont pas des artistes "hors sol". Leur musique, même traditionnelle, s'enracine aussi bien dans leur identité culturelle que dans leur parcours personnel. Et leur engagement  découle, non d'une réflexion fumeuse sur l'état du monde, mais d'un ancrage profond dans la réalité. Kinan Azmeh par exemple, s'interroge : y-a-t-il encore du sens, lorsqu'on est syrien aujourd'hui, de jouer de la musique ? Comment cette musique pourrait-elle être d'une quelconque utilité à ceux qui meurent dans le conflit, à ceux qui ont faim ou froid ? Sans chercher une solution universelle et sans moralisme sirupeux, il va, à son niveau, apporter une réponse personnelle à ces questionnements, pour redonner du sens à son art. 

 

 

Derrière les visages de ces artistes, on découvre des histoires personnelles parfois tragiques, souvent complexes. Mais au delà de leur propre destin, se sont des questionnements universels qui se dessinent, trouvant écho dans toutes les cultures qu'ils représentent. Mais ce qui frappe surtout, chez tous, c'est leur attachement viscéral à leur culture, la conscience de s'enraciner dans un pays, sur une terre avec une histoire, une musique, une langue, quelque chose d'unique et de farouche. Paradoxalement, c'est grâce à ce sentiment d'appartenance qu'ils trouvent la stabilité pour s'ouvrir sur le monde et s'enrichir au contact d'autres cultures, sans risque de se perdre. 

 

 

Malgré quelques baisses d'intensité en cours de route, The Music of Strangers s'avère une réflexion sur les aspirations les plus profondes de l'être humain, mais également sur le pouvoir de la musique. Il nous donne à entendre des morceaux d'ensemble à l'énergie explosive et à l'enthousiasme incroyablement communicatif. Ce film montre l'individu comme le collectif en un seul et même élan, avec l'espoir de ces musiciens de représenter, à leur échelle, l'image de d'une paix possible. Un rêve sans doute utopique, mais auquel on a tellement envie de croire avec eux ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 4 Novembre 2016

De Mel Gibson 

Sortie le 9 novembre 2016

 
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, comme n’importe lequel de ses compatriotes américains, voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais il a tenu bon. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies sous le feu de l’ennemi, ramenant en sûreté, du champ de bataille, un à un, les soldats blessés.
 
 
Cela faisait longtemps que je n'étais pas allée voir un film de guerre. Ce n'est pas de j'aie une aversion particulière pour le genre, mais plutôt que je ne l'apprécie qu'avec parcimonie : les actualités nous apportent chaque jour bien assez d'images terribles de villes détruites et de corps en sang pour avoir envie d'en voir de supplémentaires au cinéma. 
 
Pour moi, Mel Gibson, c'était surtout le réalisateur de Braveheart, mais j'avoue n'avoir vu aucun des films qu'il a dirigés depuis. Et j'avoue que les différentes polémiques que ces derniers ont alimenté n'ont pas davantage éveillé mon attention. Ici, ce qui m'a intéressé plus que l'idée du film de guerre, c'est bien le synopsis : l'histoire vraie d'un jeune américain qui s'engage dans l'armée américaine pendant la seconde guerre mondiale en refusant de porter les armes. Toute personne raisonnable et sensée aurait tout de suite vu le paradoxe autant que l'impossibilité de concilier son envie de servir son pays sous les drapeaux et ses principes moraux, mais pas lui. Après avoir été quelque peu malmené par ses camarades et sa hiérarchie, Desmond va finalement obtenir l'autorisation de se rendre sur le champ de bataille sans armes. C'est grâce à son courage qu'il va sauver des dizaines de soldats. 
 

 
Ce personnage que l'on prend pour un doux dingue au début du film, que l'on pense inadapté au monde réel autour de lui, se révèle au final d'un courage et d'une force mentale hors du commun. Andrew Gardfield s'avère profondément touchant dans le rôle de ce jeune homme qui semble maladroit et naïf, le genre de souffre-douleur que l'on aurait envie de secouer autant que de protéger, car on sent bien qu'il va morfler, confronté à la réalité et aux autres recrues. 
 
 
Face à cette interprétation tout en douceur et tout en tendresse du personnage principal, les scènes de guerres à proprement parler sont apocalyptiques : un déluge de fer et de feu s'abat sur le champ de bataille, dont on ne peut imaginer que quiconque sorte vivant, ou sain d'esprit. Des scènes d'anthologie, dont la longueur autant que la violence éprouvent le spectateur, me rappelant le choc que j'avais ressenti il y a une quinzaine d'années ans en découvrant l'interminable scène d'ouverture d'Il faut sauver le soldat Ryan
 

 

Un seul écueil, mineur, mais que je ne peux m'empêcher de relever : les références religieuses et christiques ont parfois été un peu trop appuyées à mon goût. En effet, si ces dernières permettent de comprendre le personnage principal, profondément croyant, elles s'avèrent par moments superflues tant la force de caractère de Desmond suffit à elle-même. 

 

Au final, Tu ne tueras point s'avère d'une efficacité redoutable. Après plus de deux heures de film, je suis sortie assez secouée, et je ne vous cache pas qu'il m'a fallu le reste de la journée pour m'en extirper. C'est tour à tour attendrissant et fort, avec toute la puissance des émotions que le cinéma à grand spectacle est capable de nous faire éprouver sur grand écran. Un film qui ne devrait pas laisser les Oscars indifférents : un scénario inspiré d'une histoire vraie et héroïque, doublée de scènes à vous couper - littéralement - le souffle, tous les ingrédients sont ici réunis pour partir à la chasse aux statuettes dorées... On parie? 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5

Publié le 21 Septembre 2016

De Michael Grandage 

 

 

Ecrivain à la personnalité hors du commun, Thomas Wolfe est révélé par le grand éditeur Maxwell Perkins, qui a découvert Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Wolfe ne tarde pas à connaître la célébrité, séduisant les critiques grâce à son talent littéraire fulgurant. Malgré leurs différences, l'auteur et son éditeur nouent une amitié profonde, complexe et tendre, qui marquera leur vie à jamais. 

 

 

 

 

Avouons-le tout de suite, j'ignorais tout de l'écrivain américain Thomas Wolfe, à ne pas confondre avec Tom Wolfe (juste pour vous montrer que je me suis tout de même documentée à l'heure de rédiger cet article). Ce film est donc l'occasion pour moi de le découvrir. 

 

Mais, davantage qu'à l'auteur agité de L'Ange exilé, le film Genius s'intéresse à la relation complexe entre l'écrivain et Maxwell Perkins, son éditeur chez Scribner, premier à déceler le potentiel de son travail. Perkins va ensuite accompagner Wolfe dans son processus d'écriture, de relecture, et tenter de le canaliser. Cette amitié, tantôt fusionnelle, tantôt orageuse va durer pendant près de dix ans, jusqu'à la mort prématurée de l'écrivain à 37 ans. 

Sous les traits de Jude Law, Thomas Wolfe apparaît instable, impulsif, anxieux, égoïste, avec une force de création impossible à contenir. Le discret Maxwell Perkins, quant à lui, est incarné à l'écran par Colin Firth, impeccable sous le chapeau de cet éditeur fasciné par son poulain et partageant avec lui l'amour de l'écriture. 

 

On croise dans Genius des mythes comme Fitzgerald ou Hemingway, on s'interroge sur la figure de l'écrivain, prolixe ou besogneux, d'inspiration autobiographique ou purement fictionnelle, sur l'impact de cet élan créateur sur l'entourage, mais aussi sur le besoin, viscéral pour certains, simplement financier pour d'autres, d'écrire. Le film se penche également sur le rôle de l'éditeur dans la mise sur le marché d'un ouvrage : l'aide t-il à se présenter au public sous son meilleur jour - par exemple en suggérant des coupes - ou le dénature t-il ?  

Hélas, pour une raison que je n'arrive pas à déterminer avec précision, il m'est resté l'impression d'avoir visionné un film entre deux eaux, possédant ce quelque chose mettant à distance le spectateur, qui finit par glisser dans une certaine indifférence au sort des personnages. Malgré une prestation très honorable de ses deux interprètes principaux, Genius peine à convaincre, faute de réussir à créer de l'empathie ou une réelle émotion. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 11 Juin 2016

De J Blakeson

 

Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…

 

 

 

 

 

Pour une raison que j'ignore, j'ai trouvé le moyen de passer au travers de tous les films de science fiction pour adolescents de ces dernières années : je n'ai vu ni Hunger Games, ni le Labyrinthe, ni Divergente. C'est donc avec plaisir que j'ai accepté il y a quelques semaines la proposition de Sony à venir découvrir la 5e vague à l'occasion de sa sortie en achat digital, Blu-ray, DVD et VOD.

 

L'occasion de découvrir un peu plus le grand Rex - que je fréquente assez peu, mais qui comprend des salles vraiment étonnantes - pour découvrir un film post-invasion extraterrestre où les adolescents et enfants vont devoir se battre pour défendre la planète. En tête d'affiche : Chloé Grace Moretz, qui a décidément fait beaucoup de chemin depuis Kick-Ass

 

 

Une adolescente avec ses amies, ses soirées, sa famille, et son petit béguin. Bref, une ado ordinaire. Son monde va basculer lors de l'arrivée d'envahisseurs extraterrestres bien décidés à éradiquer la race humaine pour s'approprier la planète. Après quatre vagues d'attaques non armées, seuls une poignée d'hommes et de femmes comptent parmi les survivants. Cassie, séparée de son petit frère - tout ce qu'il lui reste de famille - va devoir survivre seule pour le retrouver. 

 

Et comme toute histoire de ce genre n'est rien sans quelques gouttes de romance, Cassie va rencontrer un jeune homme qui semble décidé à l'aider. Mais dans un monde où tous les repères sont bouleversés, chaque individu cache un ennemi potentiel : la méfiance reste de mise... 

 

 

Toutes les bases sont ici posées. Le  propos, dans le fond, est assez violent : les enfants livrés à eux mêmes, enrôlés par l'armée pour se battre, obligés de tuer pour survivre, ou succombant aux différentes attaques. Toutefois, l'ensemble a été entièrement édulcoré pour convenir au public visé : pas de sang, peu de cadavres, et un aspect psychologique relativement schématique. La force du propos réside donc davantage dans l'idée de départ que dans sa représentation à l'écran. Les différentes vagues d'attaques créent une ambiance de danger qui, sans être réellement anxiogène, sert honorablement de toile de fond à l'ensemble de l'action. On suit les personnages sans déplaisir, mais également les tensions amoureuses qui se créent, et on se laisse guider. 

 

 

Dans le dernier quart du film, toutefois, le cours des événements semble s'accélérer artificiellement, sans que le scénario le justifie pleinement : on sent alors clairement le besoin de remplir le cahier des charges. L'histoire de coeur est soudain trop poussée en avant, la résolution de certains problèmes devient trop simple au vu du contexte et l'adhésion du spectateur - relative, mais bien présente -  prend du plomb dans l'aile. 

 

 

Peut-être suis-je un peu nostalgique de l'époque où l'on se pelotonnait sur le canapé pour glousser entre amies, mais au fond, j'ai trouvé cette 5e vague plutôt pas mal. Si l'on excepte des clichés un peu trop évident - l'héroïne au coeur pris entre deux feux - et une action tirée par les cheveux sur la fin pour accélérer la résolution, je dois admettre que j'ai aimé l'ensemble bien plus que mon âge ne devrait me permettre de l'avouer.

 

Reste à savoir, dans le cas où des suites verraient le jour  - probabilité forte, la 5e vague étant l'adaptation d'une saga littéraire bien plus longue - comment étoffer la psychologie des protagonistes et résoudre l'inévitable antagonisme entre les deux jeunes hommes de cette histoire (#TeamBen #TeamEvan) qui ne manquera pas d'agiter les coeurs des plus tendres spectatrices. Pour ma part, l'affaire ne fait plus débat depuis longtemps : que voulez-vous, avec l'âge on apprend à assumer !  

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 15 Mai 2016

 D'Anthony et Joe Russo

 

Steve Rogers - alias Captain America - est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l'humanité. À la suite d'une de leurs interventions qui a causé d'importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. 
Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l'équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s'engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d'autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement...

 

 

 

Que de super-héros en ce moment, me direz-vous! Et selon les prévisions des studios Marvel et DC, ce n'est pas près de s'arrêter, avec au moins une vingtaine de nouveaux films qui devraient leur être dédiés d'ici à 2020. Après X-men il y a quelques jours, c'est donc de Captain America : Civil War dont je vous parle aujourd'hui. Souvenez-vous : en 2011 sortait le premier opus, qui revenait aux origines de ce héros portant les couleurs du Stars and Stripes. Puis en 2014, c'était au tour d'un deuxième volet, intitulé Le soldat de l'hiver, de faire son apparition sur nos écrans. N'ayant pas vu ce dernier, je craignais de mal comprendre le troisième opus. Heureusement mon docteur es comics préféré - Aka Monsieur Lalune – s'est porté volontaire pour m'accompagner voir ce troisième épisode dédié au Captain, et m'aider à combler, en cas de besoin, les possibles lacunes, avec quelques autres amis portés sur les geekeries. 

 

Quelques éléments pour s'y retrouver : en effet, les histoires des différents super-héros s'entrecroisent de plus en plus, et la série de films sur Captain America recoupe celle dédiée aux Avengers. Cette fois-ci, nos super-héros sont divisés : alors que l'ONU souhaite réguler leur activité pour éviter les bavures, certains Avengers refusent de signer l'accord. Parmi eux, Captain America, qui voit dans cette soumission autant l'impossibilité d'agir selon sa conscience que l'obligation d'obéir à des pays régis par des dirigeants plus politiques qu'humanistes. C'est finalement la cavale du Soldat de l'hiver, accusé d'avoir commis un attentat, qui va mettre le feu aux poudres : l'ancien camarade du Captain clame son innocence, et ce dernier, accompagné de quelques séditieux, décide alors de lui prêter main forte, quitte à devoir affronter leurs frères d'armes.

 

 

Ce film est donc l'occasion de voir les Avengers – et quelques autres super-héros issus de la galaxie Marvel comme Spider-man, Ant-Man et Black Panther – se taper dessus sans modération. Des combats spectaculaires, où la personnalité de chaque personnage s'affirme : chacun son style, et chacun ses armes. Une des grandes réussites de la franchise, et sans aucun doute l'une des clés de son succès.

 

Toutefois, entre ces scènes de combat, le film souffre de lenteurs et de scènes que l'on sent inabouties. Peut-être parce que Captain America : Civil War est censé être le premier d'une trilogie, et que le réalisateur souhaitait poser calmement des bases qui feront écho à d'autres scènes dans les prochains opus ?

 

 

Sans dire que le concept s'essouffle - il se trouvera toujours des scénaristes pour avoir de bonnes idées à développer, pour peu qu'on les laisse exprimer leur créativité - je dois avouer que je suis un peu moins enthousiaste que je ne l'ai été. Si la franchise dédiée à Captain America est par essence un peu moins palpitante que celle des Avengers - le personnage du Captain étant un peu monobloc - il semblait que la trilogie Civil War aurait pu être l'occasion de lui redonner un peu de relief, processus amorcé, mais non encore abouti dans le film qui nous occupe aujourd'hui.

 

Au final, le spectacle est assuré honorablement - mais sans plus - et l'on espère surtout que les prochains opus sauront poursuivre l'épaississement des personnages, notamment du Captain, finalement toujours un peu plan plan. 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 25 Avril 2016

De Marielle Heller 

Sortie en DTV le 21 mars 2016

 

 

Dans les années 70 à San Francisco, une adolescente a une aventure avec le petit ami de sa mère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cinéma, l'adolescence demeure un sujet inépuisable : quel que soit l'angle, le contexte, l'époque, on trouve toujours un nouveau réalisateur - ou dans le cas qui nous occupe, réalisatrice -  pour explorer un nouveau pan de ces années de transition.

 

Avec The Diary of a teenage girl, nous voici plongés dans le San Francisco des 70's, quelques années après la libération sexuelle. Au sein d'une société en pleine mutation, notre héroïne, 15 ans à peine, cherche sa place. Elle questionne sa condition de jeune femme, avec un corps, des envies et des sentiments, au milieu du regard porté sur elle par son entourage. Il y a sa mère, femme superbe, malheureuse et souvent défoncée, le compagnon de cette dernière, qui n'est pas insensible aux nouvelles formes de la jeune fille, mais également les garçons de son âge.

 

 

Lorsqu'elle se prend de passion pour le dessin au travers du travail d'Aline Kominsky, elle commence à crayonner sans tabou : des personnages, des sexes droits ou béants, des corps, des tableaux psychédéliques reflétant son imaginaire et ses envies. Cette liberté de créer, mais aussi d'assumer sa sexualité sont d'ailleurs qualifiés d'effrayants par ses amants, quelque peu décontenancés par la modernité de cette jeune femme. Certains sujets pouvant paraître délicats ou même malsains – sa première expérience avec un homme plus âgé, le petit ami de sa mère - sont d'ailleurs abordés dans ce film avec une neutralité étonnante, reflétant la simplicité dénuée de jugement moral avec laquelle la jeune femme entrevoit les questions sexuelles.

 

Dans ce film très éloigné des clichés de la comédie adolescente, la réalisatrice saisit avec justesse, le passage à l'âge adulte d'une jeune fille ordinaire et décidée, qui, sans arrière pensée, s'interroge sur sa nouvelle situation de femme. Sans volonté de trangression délibérée ou de provocation, sans désir de manipulation, elle explore tout simplement ses possibilités, quitte à se laisser surprendre par ses propres sentiments et à revenir sur ses pas après être allée trop loin. Car finalement, c'est bien cette conscience qui marque son passage à l'âge adulte, plus que la découverte de son corps : celle de faire ses propres choix, en toute connaissance de cause.

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 4/5 

 

Publié le 8 Janvier 2016

De Chris Colombus

Sortie en DVD et Blu-ray le 2 décembre 2015

 

À l’époque de leur jeunesse, dans les années 80, Sam Brenner, Will Cooper, Ludlow Lamonsoff et Eddie « Fire Blaster » Plant ont sauvé le monde des milliers de fois… en jouant à des jeux d’arcade à 25 cents la partie. Mais aujourd’hui, ils vont devoir le faire pour de vrai… Lorsque des aliens découvrent des vidéos d’anciens jeux et les prennent pour une déclaration de guerre, ils lancent l’assaut contre la Terre. Ces mêmes jeux d’arcade leur servent de modèles pour leurs attaques. Cooper, qui est désormais Président des États-Unis, fait alors appel à ses vieux potes pour empêcher la destruction de la planète par PAC-MAN, Donkey Kong, Galaga, Centipede et les Space Invaders… Les gamers pourront compter sur l’aide du lieutenant-colonel Violet Van Patten, une spécialiste qui va leur fournir des armes uniques...

 

 

Ayant loupé la sortie du film à l'été 2015, j'ai eu l'occasion de bénéficier d'une séance de rattrapage à l'occasion de la sortie du DVD/Blu-ray. Si je n'étais pas sûre de connaître toutes les références aux jeux vidéos des années 80, au moins avais-je en la personne de M. Lalune quelqu'un capable d'éclairer ma lanterne. 

 

Dès le début du film, nous voici plongés dans le début des années 80, à la grande époque des salles d'arcade, des jeux vidéos old school et des brushings avec nuque longue. Jusque là, tout va bien. Il y a bien quelques blagues un peu lourdes qui fusent, mais que nous mettons, avec indulgence, sur le compte de l'ambiance des films de l'époque. 

 

 

Malheureusement, lorsque l'action se projette 30 ans plus tard, l'ensemble des clichés de ces années-là demeurent exploités au premier degré. Nous aurions jubilé de les voir détournés ou pétardés, mais le style nous perd, quelque part entre gags lourdingues, antagonisme homme-femme simpliste et caricatures de militaires - forcément - idiots. Bref, des poncifs qui devaient probalement me faire rire, adolescente, mais qui me posent un sérieux problème aujourd'hui, la nostalgie ne suffisant visiblement pas à leur redonner du charme. 

 

Pour être honnête, l'idée même de départ - des extraterrestres imaginant que les jeux vidéos sont un mode de guerre et créant des soldats en conséquence - ne tient pas debout, même de loin. Ce qui aurait fait une sympathique idée de court-métrage s'avère grotesque sur un film entier. Seul élément remarquable : la qualité des effets spéciaux numériques, encore renforcés par le format Blu-ray. Il y a du beau travail là-dessous, à n'en pas douter. 

 

Côté bonus, le support vidéo offre quelques courts documentaires sur la conception des différentes scènes et personnages numériques ainsi qu'un clip, dans un ensemble finalement plus intéressant que le long-métrage lui-même. 

 

Comme nous aurion aimé retrouver dans ce film une part de nostalgie et des clins d'oeils à l'adolescent que nous étions, détournés pour plaire à l'adulte d'aujourd'hui. Hélas, lesté d'un scénario bancal et cherchant à trop coller à ses références, Pixels s'englue rapidement sans réussir à rendre hommage à ses modèles. 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 2/5

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 2/5

Publié le 30 Août 2015

 

De Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming

 

Dans un monde où les super-pouvoirs sont relativement communs, deux inspecteurs de police, Christian Walker et Deena Pilgrim, sont spécialement chargés des crimes impliquant des pouvoirs hors normes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adapté du comics américain Powers, cette série suit les aventures d'un département de police d'un nouveau genre : celui destiné à punir les crimes et délits causés par les citoyens dotés de super pouvoirs. Dans le Los Angeles dépeint par la série, le star-system n'est pas celui des acteurs, mais celui des supers héros, qui jouent des coudes devenir célèbres, à grand renfort de stratégie marketing dans cette ville ou l'apparence est reine.

 

Dès le départ, la série navigue entre les genres : ni trop policier, ni trop héroïque, elle propose des personnages plutôt atypiques, ou du moins, assez peu monolithiques. Ici, la frontière entre le bien et le mal est floue, et l'ensemble des personnages reste dans la zone grise entre les deux : ils se connaissent, se jaugent, se défient. Leurs motivations sont indéfinies, entre soucis d'ego, remords et regrets. A qui s'attacher ? A qui donner raison ?

 

Si le milieu de saison est un peu longuet et les effets spéciaux parfois trop artificiels ou trop grand guignolesques, l'ensemble prend, essentiellement grâce à des personnages plus humains que jamais, capables de s'émouvoir comme de générer l'empathie, même chez les plus terribles d'entre eux. Une série loin du formatage américain que l'on peut parfois voir ailleurs : gros mots, personnage qui fume dans arrêt, super-héros handicapé et alcoolique, femmes à poigne font partie de ces éléments qui contribuent à rendre moins lisse l'ensemble de cette histoire. Et c'est tant mieux !

 

Soulignons parmi les acteurs de Powers le sud-Africain Sharlto Copley, déjà remarqué dans District 9, ou encore Noah Taylor, au physique si particulier. Toutefois, c'est sur Eddie Izzard, incarnant Wolfe, que je souhaitais attirer votre attention. En effet, ce nom de vous dit peut-être rien, mais il est bien connu de nos amis d'Outre-Manche, car Eddie Izzard est un artiste à part : humoriste, comédien, adepte du travestissement et très extraverti, il insuffle à son personnage manipulateur quelque chose de froid, de machiavélique et de fascinant.

 

Malgré quelques défauts de fabrication plus que de fond, Powers tire son épingle du jeu et se laisse regarder dans déplaisir une fois que l'on y est plongé. Mieux ! On attend de voir la suite, car une saison 2 est d'ores et déjà prévue.

 

Powers - saison 1 : sera disponible en DVD le 16 septembre.

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

 

Publié le 20 Août 2015

De Nima Nourizadeh

 

Mike Howell mène une vie paisible et sans ambition avec sa petite amie Phoebe qui se retrouve soudainement chamboulée. À sa grande surprise, il est en fait un agent dormant surentrainé dont la mémoire a été effacée. En un clin d’œil, son passé refait surface et Mike se retrouver au milieu d'une opération gouvernementale visant à l'éliminer. Il va alors devor faire appel à ses capacités insoupçonnées d'agent secret pour survivre. 

 

 

 

 

 

Soyons honnête, la lecture du synopsis ne fait pas rêver et fait même davantage penser à un navet comme Hollywood seul sait les produire. Toutefois, la présence au casting d'un Jesse Eisenberg plutôt atypique a suffi à me mettre la puce à l'oreille autant qu'une bande annonce qui promettait surtout de gros moments de délire.

 

Au panthéon des espions, il y avait James Bond, ses tenues toujours impeccables et sa gueule sexy, même un peu amochée, et puis il faudra désormais compter avec Mike Howell, avec sa dégaine de hippie et son physique plutôt banal. Au lieu d'un film d'action ordinaire voué à la testostérone, le réalisateur tire de ce curieux personnage un décalage hilarant. Jouant avec le spectateur, il semble vouloir égréner les codes du genre... pour mieux les pétarder l'instant d'après dans un feu d'artifice d'humour complètement barré. Nima Nourizadeh, sans doute un peu sadique, prend un malin plaisir à exploser les clichés autant que les visages de ses protagonistes, le tout, -  dois-je l'avouer ? -  pour le plus grand bonheur du spectateur.  Si l'ensemble n'est pas vraiment réaliste il s'avère d'une rare cohérence ce qui permet au spectateur de se laisser embarquer sans réticence dans cette cavale effrenée et complètement décalée. 

 

Une comédie d'action très réussie et complètement atypique à laquelle on décerne une palme pour la plus belle demande en mariage de l'histoire du cinéma ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5