L'interprétation des peurs ****

Publié le 26 Juillet 2012

Wulf Dorn l'interprétation des peursDe Wulf Dorn

aux éditions du cherche-midi

 

Psychiatre de talent, Ellen Roth reçoit en consultation dans la clinique où elle travaille une femme en état de choc, qui lui confie être harcelée par un homme, sur lequel elle refuse de donner le moindre détail. Serait-elle en proie à un délire de persécution ? Ellen n'a pas le temps d'en apprendre plus : à peine internée, l'inconnue disparaît.
Quelques jours plus tard, un mystérieux individu agresse Ellen et lui lance un macabre défi : elle a quarante-huit heures pour découvrir qui il est et les raisons qui le poussent à s'en prendre à elle, sans quoi la patiente disparue mourra.
C'est le début d'une course contre la montre pour Ellen, confrontée à la paranoïa, la peur et la violence. Bien vite, elle se retrouve isolée de tous, ne pouvant compter sur personne. Et avec très peu de temps pour découvrir ce qui, dans sa vie et celle de ses proches, peut motiver cet inconnu qui semble en savoir très long sur elle.

 

 

 

Premier livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices du magazine Elle, j'ai dévoré cet ouvrage, pas vraiment pour les raisons que vous pourriez penser. Enfin, si, mais pas uniquement.

 

Tout d'abord, ce livre m'a rappelé pourquoi je ne lisais pas de thrillers habituellement : je n'aime pas me faire peur. Mais mes responsabilités de Jurée étant les plus fortes, j'ai courageusement entamé cet ouvrage, avec la ferme intention de faire mon devoir sans sourciller. Il m'a fallu à peine trois soirs pour le terminer essentiellement pour la raison suivante : il m'a tellement fait peur que je voulais connaître la fin pour être rassurée et m'endormir sereinement.

 

Si cette raison est essentielle, elle n'est pas pour autant suffisante car malgré mes réticences et mon statut désormais officiel de poule mouillée, je n'aurais pas pu finir cet ouvrage aussi vite s'il avait été mauvais. Or, non seulement il ne l'est pas, mais en plus, il est d'une redoutable efficacité, tenant en haleine le lecteur jusqu'aux dernières pages.

 

Je ne suis pas non plus une experte en psychologie, ce qui m'amène en toute logique à me déclarer inapte à porter un jugement quelconque sur le contenu scientifique, psychologique et psychanalytique de cet ouvrage. Bref, si tout m'a l'air crédible et parfaitement expliqué, je  serais assez curieuse de savoir quel regard des spécialistes porteraient sur cet ouvrage.

 

On s'attache aux personnages, on doute avec Ellen, on s'engouffre avec délices dans les pièges que l'auteur nous tend, en toute connaissance de cause, jusqu'au twist final, inévitable mais bien mis en scène. Si je déplore parfois quelques maladresses d'écriture lorsqu'il s'agit d'évoquer les pensées d'Ellen, je dois avouer que l'ouvrage remplit admirablement bien son office en nous aspirant complètement au coeur de l'histoire. Si je vous dis que suite à une scène particulièrement éprouvante, j'ai dû vérifier qu'il n'y avait personne sous mon lit avant de m'endormir...vous me croyez ?

 

 

Lu dans le cadre du

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Installé sur le siège réservé aux visiteurs dans le petit bureau d'Ellen, Mark fronçait les sourcils.

- C'est tout de même bizarre que personne à part toi n'ait remarqué cette patiente. Je n'ai encore jamais vu ça. Elle est restée trois jours dans l'unité. Durant cet intervalle, quelqu'un a bien dû s'apercevoir de sa présence, non ?

Ellen, qui arpentait fiévreusement la pièce comme un tigre en cage, s'arrêta brusquement.

- Mark, aussi vrai que je me tiens devant toi, la femme était dans la chambre 7. J'ai parlé avec elle.

- Oui, c'est ce que tu m'as raconté.

- C'est tout bonnement incroyable que personne ne l'ait vue pendant ces trois jours... Attends ! Qu'est ce que tu viens de dire à l'instant? Qu'est ce que tu sous-entends par là ?

- Rien, rétorqua Mark d'une voix posée. Tu m'as raconté ce qui s'est passé avec l'inconnue, mais je ne l'ai pas rencontrée.

- Tu me crois au moins?

Il hésita une seconde de trop avant d'ouvrir la bouche

- Tu plaisantes, j'espère ? s'indigna Ellen.

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Hélène 23/10/2012 09:36

j'ai demandé à ma soeur médecin qui a fait des stages en psychatrie et elle m'a quand même dit que ce genre de cas est plus que rare, généralement on ne refoule pas totalement, certaines choses
affleurent...

akialam 23/10/2012 09:39



Merci pour l'information ! C'est vrai qu'il est parfois difficile de juger la crédibilité de certains ouvrages quand on y connait pas grand-chose aux thèmes développés !