Lost River ****

Publié le 6 Avril 2015

 

De Ryan Gosling

 

 

 

 

Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

 

 

 

 

 

 

J'aime que le cinéma me surprenne quand je m'y attends le moins !  Cette fois-ci, c'est à l'occasion d'une projection suivie d'une rencontre avec Ryan Gosling - le réalisateur - et Reda Kateb - qui joue dans le film, que j'ai découvert Lost River (le récit de cette rencontre, c'est juste ici, d'ailleurs ! )

 

Dès le début, on est frappé par les images d'une ville en ruine, sorte de no man's land post apocalyptique. On y reconnaît Détroit, symbole de la crise économique, dont les bâtiment en lambeaux ont été immortalisés par les photographes Yves Marchand et Romain Meffre. Une ambiance lourde et inquiétante, dans laquelle évolue Billy et ses deux fils. Pour ramener un peu d'argent dans cet environnement sans perspectives, Bones, le plus âgé, vole du cuivre dans les édifices abandonnés, et éveille dangereusement l'attention du caïd local, tandis que sa mère se voit obligée d'accepter un travail douteux pour conserver leur maison, dont elle peine à payer les traites.

 

Peu à peu, le film s'enfonce dans une spirale malsaine à mesure que l'étau se resserre autour des personnages, et menace, à chaque instant, de basculer dans l'horreur. Seule lueur d'espoir dans ce contexte plutôt glauque : la présence d'une jeune voisine et la bienveillance d'un chauffeur de taxi, guère plus chanceux, mais auxquels il reste assez d'humanité pour croire en un avenir meilleur. La musique et le montage, parfois hypnotiques, ajoutent une touche de surnaturel et contribuent à propager un climat d'incertitude qui se répand jusque dans la salle.

 

Navigant en eaux troubles à la lisère entre le fantastique et le réalisme, Lost River est un film à l'ambiance étouffante mais esthétiquement étudiée : une tension maîtrisée, un sentiment de danger permanent, et cette impression que tout peu basculer au moindre instant, confèrent à l'ensemble quelque chose de fascinant bien qu'inconfortable pour le spectateur.

 

Au final, il me reste la sensation d'avoir vécu une expérience plutôt éprouvante et la certitude d'avoir passé une partie du film en apnée. J'en suis ressortie plutôt secouée, mais j'écoute depuis la musique en boucle. Allez donc comprendre !

 

 

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