Le marchand de Venise ***

Publié le 31 Août 2013

De Michael Radford

 

 

Venise 1596. Afin de courtiser la belle Portia, Bassanio demande à son ami Antonio, un talentueux marchand, de lui prêter une forte somme. Contraint d'emprunter l’argent à l'usurier juif Shylock, Antonio promet de lui donner une livre de sa chair s'il ne peut rembourser le prêt à la date convenue

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis à vrai dire assez mal à l'aise avec cette pièce. Déjà, lors de ma découverte de l'oeuvre, j'avais été frappée par les sens complètement opposés que l'on pouvait lui donner : soit profondément antisémite, soit, au contraire, dénonçant les conditions de traitement des Juifs à l'époque.

 

C'est bien entendu ce second point de vue qui est ici adopté par ce film qui, dès le départ, explique en quelques lignes le traitement réservé aux Juifs dans la Venise du 16e siècle, ce qui a le mérite de remettre les faits décrits dans leur contexte, ce qui est toujours une chose intelligente, selon moi.

 

Les acteurs, à commencer par les excellents Al Pacino et Jeremy Irons, savent insuffler à leurs personnages une vie propre, malgré les pièges que tendent leurs rôles. Ils savent les éloigner de la caricature lorsqu'elle les guette et permettent à ceux qu'ils interprètent de passer du rôle de victime à celui de bourreau sans manichéisme aucun. Car chacun subit le coup de la fatalité, mais possède également une part de responsabilité dans ce qui lui arrive, par orgueil ou par colère - deux péchés capitaux. Au contraire, il est intéressant de noter que ceux qui savent faire preuve de tempérance et de justice (toute relative, selon les critères de notre époque, je vous l'accorde), deux vertus cardinales, se trouvent récompensés dans leurs espérances.

 

Enfin, cette oeuvre ne cesse de m'intriguer et de me mettre mal à l'aise tout à la fois, tant elle est atypique. Cette adaptation évite donc les écueils majeurs que cette histoire pouvait laisser craindre, grâce à des acteurs investis, sans parvenir pour autant à éluder sa nature ambigüe.

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