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Publié le 3 Février 2017

De David Moreau

 

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu.  Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…
Mais sont-ils vraiment seuls?

 

 

 

 

Seuls, c'est débord l'histoire d'une bande dessinée de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, publiée depuis 2006. J'en avais déjà croisé quelques planches il y a longtemps, à l'époque où j'achetais parfois quelques versions reliées du petit Spirou, qui me coûtaient le prix d'un album, mais qui m'occupaient beaucoup plus longtemps. A vrai dire, à ce moment là, j'appréciais assez peu les histoires à épisodes, dont je ne connaissais pas le début, et dont je n'ai jamais eu l'occasion non plus de découvrir la fin. 

 

C'est donc au détour d'une invitation à venir découvrir le film que je me suis souvenue avoir parcouru quelques planches de cette histoire bizarre, dans laquelle des enfants se retrouvaient seuls dans une ville désertée, sous la menace d'un ennemi mystérieux. Par curiosité, plus que par intérêt réel, au départ, j'ai profité de l'occasion de voir de quoi il retournait. 

 

 

Et, dès le début, le rythme m'a happée. Autour du personnage de Leila, que l'on sent dès d'une force et d'une volonté de fer, la réalisation va peu à peu cristalliser une ambiance anxiogène : des maisons vides, une autoroute où les voitures demeurent à l'arrêt, un décor qui pourrait sembler post-apocalyptique si tout n'était demeuré intact. Comme si le temps, sans activité humaine, s'était arrêté. 

 

Un décor dans lequel Leila va errer, seule, à la recherche d'autres âmes. Ils sont au final cinq jeunes dans cette ville déserte et encerclés par un mystérieux brouillard brûlant infranchissable. Ont-ils été oubliés? Sont-ils les uniques rescapés d'un cataclysme inconnu ? A mesure qu'ils explorent les rues, une évidence s'impose : ils sont pris au piège. Et ce n'est pas fini : quelqu'un cherche à les éliminer. 

 

 

A la peur, à l'incertitude et à l'incompréhension se mêle également un vieux fantasme : celui, libéré de la surveillance des parents, de pouvoir agir à sa guise. C'est alors l'occasion de sortir les grosses cylindrées, de faire vrombir les moteurs, mais également de s'installer dans un hôtel de luxe pour profiter de sa piscine et de sa cuisine. Avec toujours l'espoir que tout cela ne soit qu'un cauchemar, et que quelqu'un pourra venir les tirer de là. 

 

Malgré certains raccourcis scénaristiques un peu rapides notamment sur la fin - probablement dus au passage des cinq premiers tomes de la bande dessinée à un seul film - l'ensemble est très convaincant. En effet, si Seuls s'adresse d'abord aux adolescents, il serait dommage de le limiter à ce seul public. Au delà des codes du film de survie, il brosse des personnages forts et installe une ambiance pesante qui ne retombe à aucun moment. Le rythme, nerveux, s'avère lui aussi d'une redoutable efficacité, si bien que, malgré mon scepticisme de départ, je suis restée accrochée à l'action. 

 

 

Voici une découverte inattendue pour moi, intéressante à de nombreux points de vue, qui me donne une sérieuse envie de lire la BD originale, ce que je ne vais pas tarder à faire puisque à l'occasion de la sortie du film, les éditions Dupuis viennent de rééditer le premier cycle - les cinq premiers albums, dont le film a été tiré - en un seul volume. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 11 Novembre 2016

De Scott Derrickson

 

Doctor Strange suit l'histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son ego de côté et apprendre les secrets d'un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utilisant un vaste éventail d'aptitudes métaphysiques et d'artefacts.

 

 

 

 

 

 

 

Après une longue phase de teasing - le marketing sait comment nous mettre l'eau à la bouche - voici enfin le film dédié à Doctor Strange, le tout nouveau personnage de la galaxie Marvel porté à l'écran. Un super-héros que je ne connaissais pas. J'ai donc pris soin de me faire accompagner de mon docteur ès comics M. Lalune, au cas où j'aurais besoin d'une précision ou explication éclairée. 

 

Mais qui est donc ce Doctor Strange ? Au départ, Stephen Strange est un brillant neurochirurgien très conscient de son talent, mondain,  imbu de lui-même et frimeur. Du moins jusqu'à ce qu'un accident de voiture le prive de l'usage de ses mains, et le pousse dans la quête désespérée d'un traitement. Mais le remède qu'il va découvrir, caché dans un temple népalais, va bien au-delà de tout ce que son esprit cartésien est capable de concevoir...

 

 

On aime retrouver l'inénarrable Benedict Cumberbatch - LE Sherlock Holmes du moment - dans un rôle de frimeur brillant, ainsi que des effets spéciaux dans la même veine que ceux d'Inception, dont on sent qu'ils doivent donner leur pleine mesure en 3D. Quant au scénario, il recèle assez peu de surprises, noué autour d'un maître, d'un disciple passé du côté obscur, d'un autre resté fidèle et d'un novice aux dons prometteurs, le futur Doctor Strange. Il va donc devoir lutter contre des ennemis plus expérimentés, ayant suivi l'enseignement du même maître, avant de le dévoyer. Classique donc, mais cependant efficace. 

 

Ajoutez à cela une bonne dose d'humour - franchise Marvel oblige - et le cabotinage de Strange, qui devrait énerver certains spectateurs autant qu'il plaira à d'autres, et vous obtiendrez un ensemble globalement cohérent. La seule chose que j'ai trouvé dommage, c'est de constater un manque général d'émotion qui empêche le spectateur de s'attacher vraiment aux personnages. 

 

 

Au final, ce Doctor Strange remplit honorablement, mais sans plus, son contrat : il apparaît surtout comme un premier film cohérent destiné à établir la genèse d'un personnage qui sera probablement amené à s'allier avec les Avengers dans un prochain opus. A ce titre, le plus réjouissant dans cette histoire reste probablement à venir, car on salive par avance de voir ce que ce personnage flambeur à l'ego surdimensionné pourrait donner face à Tony Stark - alias Iron Man - affligé des mêmes défauts. Une confrontation, ou du moins une rencontre, qui promet bien plus que cet honnête divertissement pas déplaisant, mais plutôt inoffensif.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 12 Octobre 2016

De Mike Mitchell et Walt Dohrn

Sortie au cinéma le 19 octobre 2016

 

Connus pour leur crête de cheveux fluos et magiques, les Trolls sont des créatures délirantes et joyeuses et surtout les rois de la pop. Mais leur monde d'arcs-en-ciel et de cupcakes est changé à jamais lorsque leur leader Poppy, accompagnée de Branche et tous ses amis, doit se lancer dans une mission de sauvetage qui l'entraînera loin de ce petit paradis.

 

 

 

 

 

 

Vous connaissez les Trolls ? Mais si, ces petites figurines aux cheveux longs et fluos, dressés sur la tête, que les enfants collectionnaient et s'échangeaient dans les années 90 ? Oui, vous ne rêvez pas, les studios Dreamworks ont bien décidé un beau jour de créer un film autour de ces jouets. Autant vous dire qu'au départ, de mon point de vue, il ne s'agissait pas vraiment de l'idée du siècle, tout au plus cela pouvait-il ressembler à une tentative marketing  désespérée de relancer une franchise vieille de plusieurs dizaines d'années. 

 

Alors, pourquoi avoir accepté de découvrir ce film ? Par curiosité - ma kryptonite - et probablement aussi parce que j'ai du mal à résister à une proposition inattendue. Et puis, quelque part, j'attendais tellement peu de ce Trolls que le seul risque que je prenais en allant le voir, c'était d'être agréablement surprise. 

Contre tout attente, j'ai passé un bon moment en compagnie de ces petits personnages. L'histoire, ultra classique, n'est pas d'un intérêt particulier, mais l'ensemble est mené avec un rythme et une bonne humeur communicatifs. Par moment, l'ensemble ressemble à un trip hallucinogène option bisounours : on accroche ou pas. Allergiques à la paillette s'abstenir.


La bande originale met le paquet, avec des reprises musicales qui vous restent parfois vissées au crâne, comme -  je m'excuse par avance auprès de mes amis mélomanes - cette réutilisation de la pièce orchestrale Dans le hall du roi de la montagne, ici en version hip hop sous le titre Hair up, qui m'a poursuivie des jours entiers. Sans doute pas du meilleur goût, mais diablement efficace. Un film qui, surtout, a la lucidité de ne pas se prendre lui-même au sérieux, en assumant jusqu'au bout son parti pris de donner dans la surenchère d'enthousiasme et de naïveté. 

 

Au final, on rit pas mal, et on suit sans déplaisir les aventures survitaminées et sur-colorées de ces petits Trolls. De quoi donner de furieuses envies de paillettes, d'arcs en ciel, de câlins et de danses endiablées à la lueur des boules à facette et des feux d'artifice ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

Publié le 4 Novembre 2015

De Jemaine Clement et Taika Waititi

Version française de Nicolas & Bruno

 

Aymeric, Miguel, Geoffroy et Bernard sont des mecs tout ce qu’il y a de plus normaux… A une exception près : ce sont des vampires de plus de 200 ans !


Vivant en collocation près de Limoges, leur quotidien est rythmé par les dures règles de la vie en communauté : ménage, vaisselle, … Et depuis le temps, ce n’est pas chose aisée !


Ils souhaitent plus que tout s’insérer dans la société moderne qu’ils ont parfois du mal à comprendre : sortir en boîte, draguer des filles… Des choses pas si simples quand on se nourrit exclusivement de sang et qu’on ne sort que la nuit ! L’arrivée accidentelle d’un nouveau colocataire très peu discret va venir bousculer leur vie paisible...

 

 

 

Le mythe du vampire n'a pas fini de faire tourner les bobines du 7e Art. Après des versions trash, romantiques ou adolescentes, nous voici en mode documentaire immersif.

 

D'ordinaire,  je privilégie systématiquement la version originale lorsqu'il est question de cinéma, à l'exception près des films d'animation,  qui se prêtent davantage à l'exercice périlleux du doublage.  Ici, c'est pourtant bel et bien la version française que l'on m'a proposé de découvrir. En effet,  il ne s'agit pas d'un doublage ordinaire : les textes ont été retravaillés pour transposer l'action des rues de Wellington, en Nouvelle Zélande, à celles de Limoges, et l'on a fait appel à des doubleurs tout sauf anonymes: Alexandre Astier, Fred Testot et Bruno Salomone, mais aussi Zabou Breitman, Julie Ferrier et Jérémie Elkaim, font partie de cette adaptation pas comme les autres. De quoi s'intéresser de plus près au quotidien de ces quatre colocataires aux dents aiguisées et a la langue bien pendue, très loin du glamour de l'imagerie hollywoodienne. 

 

A vrai dire, la plongée dans leur quotidien très prosaïque,  entre tours de vaisselle, ménage et taches de sang, est tout d'abord réjouissante.  Le spectateur est invité à faire la connaissance des quatre colocs et à découvrir leur personnalité au travers de témoignages face caméra. Les éléments clés du mythe du vampire sont également habilement exploités comme ressorts comiques : par exemple, comment vérifier son look quand on ne peut pas se voir dans un miroir? 

 

Cependant,  passé le premier tiers du film, l'ensemble s'enlise faute de rythme : les gags s'espacent et, curieusement,  l'élément perturbateur - l'arrivée d'un jeune vampire tout frais  censé lui apporter un nouveau souffle ne relance pas vraiment l'action. Le côté potache, plutôt sympathique au départ,  devient finalement lourdingue jusqu'à ce qu'on n'en voie plus que les défauts. Si quelques sourires se frayent encore un passage ça et là, jusqu'aux dernières minutes du film, ils ne parviennent pas à faire oublier que l'on est plutôt soulagé d'en voir le bout. 

 

Au final, cette adaptation française est de celles qui peuvent devenir cultes, saisie par une poignée d'irréductibles spectateurs séduits par son côté franchement décalé et potache. Le film comprend notamment toute une série de répliques à très fort potentiel qui ne devraient pas tarder à devenir des signes de reconnaissance entre fans. Pour les autres spectateurs, Vampires en toute intimité restera probablement dans la catégorie des films au concept original, mais au résultat malheureusement moins abouti qu'on aurait pu l'espérer.

 

Ce film est disponible uniquement en e-cinéma

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 2,5/5

 

Publié le 27 Décembre 2013

De Régis Goddyn

aux éditions l'Atalante

 

25 juillet 806

Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n'a pas cessé de tomber. Je profite d'une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d'oiseau du premier et tout indique qu'alors que nous pensions notre retard considérable, ses occupants s'en étaient allés quelques heures auparavant.

 

 

La fantasy n'est pour ainsi dire pas mon genre favori. Pourtant, parfois, moitié par curiosité, moitié pour changer, il arrive que je me laisse tenter. Ici, la nécessité de compléter le Challenge Petit Bac d'Enna m'a poussée à choisir cet ouvrage parmi ceux proposés par Babélio, dans le cadre de son opération masse critique. Me voilà donc plongée dans ce roman...

 

Au départ, l'auteur s'attache à nous dépeindre une ambiance et un décor très médiévaux, et ancre solidement son récit dans le réel, avec sa société féodale et un clergé omnipotent dont la ressemblance avec certaine Inquisition ne saurait être fortuite. Ce n'est que peu à peu, à doses presque homéopathiques que la fantasy s'invite dans ce roman que l'on aurait pu croire historique. Des brigands au comportement pour le moins étrange, des hommes à la longévité exceptionnelle et aux aptitudes peu communes, il n'en faut pas plus pour faire basculer le récit, quasi imperceptiblement. Et là, encore, l'auteur dose savamment ses effets.

 

Vous l'aurez compris, ce qui m'a le plus enthousiasmée, c'est cet ancrage dans une époque réelle (ou du moins son double littéraire) qui permet d'y introduire les éléments de fantasy de façon crédible. Mais pas seulement : l'articulation de l'histoire nous permet tout à la fois de suivre avec intérêt les aventures du sergent Orville, mais également de découvrir avec lui  la vérité qui se cache derrière les légendes des 7 royaumes. L'auteur ne s'est donc pas contenté de rajouter simplement quelques touches de fantasy : il a su construire une aventure palpitante enchâssée dans un univers plus vaste mêlant habilement réalité et imaginaire.

 

Un roman d'aventures à l'écriture fluide, bien construit et crédible, premier tome d'une trilogie dont j'ai hâte de découvrir la suite.

 

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   catégorie "partie du corps"

 

Babelio masse critique

Publié le 8 Août 2013

De David Safier

chez Pocket

 

Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir : de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long et les obstacles nombreux...

 

 

 

Un ouvrage dont l'idée de départ m'avait séduite : qu'une femme réalise, après sa mort, qu'elle avait négligé son mari et sa fille, et que le cycle des réincarnations lui permette de se racheter, était en somme, un sujet prometteur. Certes, on pourrait lui reprocher de galvauder la foi bouddhiste, ce qui serait d'ailleurs tout à fait justifié. Toutefois, cet ouvrage promettait d'être, au minimum, divertissant

 

Las ! Dès les premières pages, la superficialité absolue de la narratrice ou, pire, ses réactions d'enfant, me l'ont fait détester. Vraiment. Et elle n'est pas remontée dans mon estime. Vraiment. Quant à ses aventures avec la réincarnation de Casanova... elle m'ont purement et simplement fait lever les yeux au ciel ! La plus-value de l'utilisation de ce personnage célèbre est nulle. A vrai dire, il aurait sans doute, à mon avis, suffi d'en faire tout simplement un autre homme réincarné, auquel elle se serait attaché de la même manière. Mais Casanova, quel intérêt, vu l'histoire ?

 

Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas du tout aimé ce livre, et n'ai ressenti que peu d'empathie pour Kim.  L'écriture pâtit de l'immaturité de ce personnage qui nous livre des remarques dignes de la cour de récré, à la limite du pathétique !

 

Si vous voulez mon avis, passez votre chemin !

 

 

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           catégorie "gros mot"

Il n'existe qu'une seule réaction normale quand on se réveille subitement dans un corps de fourmi : on ne le croit pas.
Au lieu de cela, j'essayai de reconstituer ce qui m'était arrivé : j'avais reçu un lavabo russe sur la tête, puis j'avais vu la lumière. Mais elle m'avait rejetée. Autrement dit: j'étais encore en vie. Sûrement, mon cerveau avait subi quelques dégâts. Oui, ça devait être ça ! J'étais dans le coma, et, d'un instant à l'autre, j'allais entendre les fameuses voix :
"Signes vitaux stables!"

Publié le 29 Mars 2013

le-monde-fantastique-d-oz-affiche-france.jpgDe Sam Raimi

 

Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu'à l'extravagant Pays d'Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d'autant plus simples à acquérir qu'il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue...

 

 

Ce qui m'a immédiatement frappé, en découvrant il y a quelques mois les toutes premières images promotionnelles de ce film, c'est son univers visuel : riche et merveilleux, graphiquement soigné, il m'a suffi d'y jeter un coup d'oeil pour me décider à prendre le chemin des salles obscures.

 

S'il est quelque chose que l'on reproche à la 3D, c'est bien celle d'affadir les couleurs. Il est donc naturel que ces dernières aient été renforcées pour pallier ce souci. Malheureusement, la production n'a sans doute pas jugé bon (ou estimé trop coûteux) de rétablir un équilibre sur la version 2D. Le résultat dans cette version est donc criard et trop irréel. Quelle dommage quand on voit la minutie de l'animation du singe ou celle, sublime, de la poupée de porcelaine !

 

Quant au scénario, il ravira sans doute seulement les plus jeunes. Les personnages s'amorcent dangereusement simplistes au départ mais s'étoffent finalement assez honnêtement. Les acteurs, d'ailleurs,  ne s'en sortent pas trop mal et certains, comme Rachel Weisz, laissent deviner une profondeur psychologique plus importante que prévu derrière les dialogues simplistes.  Quant aux éléments comiques, ils sont parfois un peu trop faciles et très classiques, mais dans l'ensemble ils constituent un ensemble plutôt cohérent. La musique est, quant à elle, parfaitement intégrée, mais on en attendait pas moins d'un Danny Elfman habitué du genre.

 

Au résultat, un Disney  sans envergure qui souffre de son scénario sans intérêt majeur. Il aurait pu être sauvé par son remarquable univers visuel, mais c'est bien là le plus rageant dans cette histoire: voir l'infini soin apporté par les animateurs et les créateurs grossièrement saccagé.

Publié le 18 Novembre 2012

twilight-5-partie2-copie-1.jpgDe Bill Condon

 

 

Après la naissance de sa fille Renésmée, Bella s'adapte peu à peu à sa nouvelle vie de vampire avec le soutien d'Edward. Se sentant menacés par cette naissance d'un nouveau genre, les Volturi déclarent la guerre à la famille Cullen. Pour préparer leur défense, les Cullen vont parcourir le monde pour rassembler les familles de vampires alliées et tenter de repousser les Volturi lors d'un ultime affrontement.

 

 

 

 

Voilà. C'est fini. Fini de se faire bousculer à l'entrée des salles obscures par des hordes de midinettes hystériques; fini d'entendre la team Jacob ou la team Edward glousser tour à tour; fini les cinés entre copines, à se croire retournées en adolescence. Fini...jusqu'à la prochaine série !

 

Que dire que je n'aie pas déjà dit lors de mes chroniques précédentes (, , ou encore ) ? Les mêmes ingrédients sont réunis : l'eau de rose coule à flot, les acteurs sont limite inexpressifs, les dialogues niais à mourir, et les effets spéciaux vraiment ratés (le bébé en images de synthèse fait déjà daté). Mais l'alchimie régressive, et toujours aussi incompréhensible, opère !  Comme pour un soap ou un  livre façon Harlequin, on est inexplicablement (inexcusablement?) happé par l'histoire.

 

Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler ce qui m'a semblé être l'effet le plus réussi de ce film, mais lors d'une scène clé, je n'ai pu manquer de laisser échapper un WTF ! (oui, moi aussi je peux parler jdeun's). A ce moment là de l'histoire, j'ai compris la frustration que doit ressentir un gamin au soir de Noël en découvrant que son cadeau n'est pas du tout celui qu'il a commandé. Résignée, j'attendais en boudant la fin du film pour pouvoir crier au scandale. Et puis. Et puis voilà. (pas de spoil j'ai dit!). Disons simplement que le réalisateur, qui avait déjà réussi à donner un peu plus de substance au précédent opus, poursuit son travail en exploitant de façon astucieuse les possibilités visuelles du cinéma par rapport à l'ouvrage.

 

Enfin, j'ai passé un bon moment à profiter de ce film entre amies, ayant laissé mon cerveau à l'entrée de la salle. Oui. Je sais. Mais que celui qui n'a jamais aimé un navet me jette la première pierre !

 

Publié le 4 Août 2012

thermae-romae-mari-yamazaki-tome-1 De Mari Yamazaki.

aux éditions Casterman

 

 

Voici un nouveau manga, offert par le frère de monsieur Lalune, grand dévoreur du genre et qui sait toujours me dénicher des séries fort sympathiques. Après m'avoir fait découvrir XXXholic, il y a quelques mois, il a jeté son dévolu quelque chose de radicalement différent.

 

"Et si le Japon contemporain avait influencé la Rome antique ?" Avouez que cette seule phrase d'accroche avait de quoi attirer  l'attention !  L'intrigue de départ est pourtant assez simple : Lucius modestus est un jeune architecte de thermes romain. Confronté à des commandes complexes, il trouve l'inspiration par hasard lorsque, aspiré au fond de l'eau, il est transporté dans des bains japonais contemporains. Médusé devant l'avance technologique et l'ingéniosité de ce peuple inconnu de l'empire, Lucius va puiser dans ces nouvelles idées pour doter Rome de thermes toujours plus modernes.

 

J'ai eu un peu de mal avec le graphisme au départ, car il est vraiment différent de ce que j'ai vu jusqu'ici. Le personnage de Lucius, parangon de la Virtus romaine dans toute sa splendeur, est légèrement agaçant pour cette même raison, mais l'histoire est tellement enlevée et ses découvertes tellement comiques que ces légers défauts deviennent très vite largement secondaires. Finalement, la trame de fond repose essentiellement sur l'idée du choc des civilisations, et le plus drôle est de voir comment, avec ses yeux de Romain, Lucius interprète le monde des "visages plats", et c'est véritablement ce décalage d'interprétation qui fait tout l'intérêt de ce manga, complété par celui des Japonais découvrant cet étranger aux étranges manières. 

 

Après avoir lu le deuxième tome, je n'ai qu'une crainte : celle que les idées s'épuisent, car je trouve que de nombreux procédés ont déjà été exploités. Je vais cependant très vite faire l'acquisition du troisième, en attendant les autres, car sa reconstitution du monde romain est vraiment intéressante de même que sa description des rituels japonais du bain, pour qui, comme moi, est néophyte dans ce domaine.

 

thermae-romae

 

 

Publié le 7 Juillet 2012

the-amazing-spider-man-marc_webb_reboot.jpgDe Marc Webb

 

Abandonné par ses parents lorsqu'il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd'hui au lycée, mais il a du mal à s'intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d'accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l'engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l'ancien associé de son père…

 

 

Un reboot de Spider-man à peine 5 ans de la sortie du dernier opus : était-ce vraiment nécessaire ?

 

A en juger par le résultat, plutôt honorable sans être vraiment exceptionnel, on a le droit d’en douter. Sans doute les plus jeunes auront-ils apprécié cette nouvelle lecture dans la mesure où ce Peter Parker-là leur ressemble davantage, étant plus adolescent, et assurément moins sérieux. Il est vrai que le film contient une bonne dose d’humour, sans pour autant négliger la part de noirceur du personnage principal. Toutefois, au jeu des comparaisons, le Spider-man de Sam Raimi n’était pas moins bien doté de tous ces éléments avec, en plus, un avantage de taille en la personne de Daniel Defoe, époustouflant de schizophrénie. Rhys Yfans en homme lézard a beau être un excellent acteur, il n’est malheureusement pas aussi impressionnant.

 

L’aspect chorégraphique est en revanche beaucoup mieux étudié dans cet Amazing Spider-man : les combats et des déplacements sont beaucoup plus proches de l’araignée. On sent ici une vraie volonté du réalisateur de créer un mélange le plus étroit possible entre le comportement humain et animal afin d’assurer la crédibilité de son personnage. Cet aspect, du coup, est plutôt intéressant.

 

Monsieur Lalune, Docteur ès Comics, m’a quant à lui expliqué avoir décelé de nombreuses incohérences avec la bande dessinée d’origine mais avoir préféré cette version à celle de Sam Raimi. Pour ma part, j’avoue ne pas forcément trop m’attacher aux modifications d'une histoire originale tant qu’elles conservent l’esprit de l’ouvrage et qu’elles ne sont pas inutiles. Ici, n’ayant pas vraiment d’idée préconçue, je ne saurais vraiment vous dire.

 

Voici donc un reboot plutôt pas mal, mais qui laisse une désagréable impression de simple coup marketing : un film qui sort si peu de temps après le précédent avec une plus-value quasi nulle, c'est quand même un peu frustrant.