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A partir du 12 janvier 2022

Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais encore jamais visité d'exposition virtuelle. Entendez-moi bien, ce n'est pas que je sois par principe opposée au procédé : je comprends tout le potentiel de ce nouveau type d'accrochage,  soit pour réunir des oeuvres qui ne pourraient pas l'être physiquement, soit pour permettre à des publics éloignés d'en profiter. Mais j'ai toujours eu l'intuition que je préfèrerais voir les oeuvres "en vrai", que l'émotion ressentie ne serait pas la même.

Alors pour en avoir le cœur net, j'ai décidé de m'intéresser à toute première exposition virtuelle du Musée Guimet. Cette dernière, qui réunit une quarantaine d'oeuvres issues des collections du MNAAG, retrace neuf siècles d'évolution techniques et artistiques dans la porcelaine chinoise. Un parcours de visite proposé en 3D.

L'art de la porcelaine naît autour du 6e siècle dans la province du Hebei - au Nord-Est de la Chine -  grâce à l'existence de fours à haute température et l'utilisation du kaolin. Cette terre qui possède de remarquables qualités plastiques, permet la réalisation de pièces d'une grande finesse, dont les parois ne se déforment pas à la cuisson et d'une blancheur immaculée longtemps enviée. 

Il faudra pourtant près de trois cent ans à la porcelaine pour gagner ses lettres de noblesse en Chine, d'abord chez les lettrés, puis se frayer un chemin jusqu'aux tables et aux autels des empereurs. Sa réputation s'étend ensuite dans le monde entier où les potiers vont s'efforcer - longtemps infructueusement - d'en percer les secrets. 

L'exposition se divise en cinq parties : les débuts, les premiers "bleu et blanc", la porcelaine impériale, échanges avec l'étrangers et influences croisées, et enfin l'imitation des formes et des matières. 

Du point de vue de la navigation, le visiteur pourra déambuler entre les objets, comme dans une exposition classique, ou bien naviguer à l'aide de flèches pour découvrir les oeuvres les unes après les autres. Il est également possible de faire tourner les porcelaines pour les observer plus en détail.  

Un commentaire audio détaille les spécificités de chaque pièce, soulignant ce qui en fait une oeuvre exceptionnelle. Le musée à pris soin d'expliquer au fur et à mesure toute une série de termes techniques nécessaires à la compréhension des porcelaines exposées.

Un effort d'accessibilité qui permet d'apprécier à leur juste valeur les prouesses réalisées par les artisans chinois et la gageure que représente la fabrication de chacun des chefs-d'oeuvres présentés dans l'exposition.

Globalement, j'ai trouvé cette exposition très intéressante à de nombreux points de vue :  la porcelaine - et la poterie plus largement - est un domaine qui peut parfois, au-delà de l'esthétique, paraître un peu aride. Ici, le soin apporté aux commentaires permettent à tous les visiteurs, quel que soit leur niveau de connaissances, de s'initier à la complexité de cet art plus que millénaire. 

J'ai toutefois trouvé dommage que les commentaires audio - pourtant si bien conçus -  soient si monocordes, et qu'ils ne soient pas également disponibles en version écrite classique (hors la version sous-titrant l'audio). Offrir les deux m'aurait semblé plus confortable, préférant pour ma part - en l'absence d'un guide humain - la lecture de cartel plutôt que l'audioguide. J'aurais également aimé - puisque la présentation n'est pas tout à fait chronologique - avoir un récapitulatif des innovations pour constater l'augmentation progressive du nombre de couleurs par exemple ou l'évolution d'un motif à travers le temps.  

 

Et le côté virtuel, alors ? J'ai beau avoir sincèrement essayé, j'ai toujours beaucoup de mal à m'y faire : c'est sans doute très personnel, mais tout me semble factice malgré la qualité de la 3D. En revanche, du point de vue intellectuel, j'ai vraiment apprécié ce voyage dans l'histoire d'un art que je connais très mal.

Finalement, cette exposition m'a surtout donné envie de découvrir ces magnifiques pièces "en vrai". D'une façon ou d'une autre, et bien malgré moi - car je suis convaincue de l'énorme potentiel des applications du virtuel à la culture -  je ne ressens pas la même émotion. Mais du point de vue de la transmission, j'y vois autre chose : peu importe finalement que le virtuel ait convaincu ou frustré les visiteurs. Si les expositions comme celles-ci poussent in fine les gens à franchir les portes du musée, ou à s'intéresser à un sujet nouveau, le pari est réussi ! 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi  3,5/5

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Guide des collections du Musée Guimet
Livre - la porcelaine de Jingdezhen
Livre - Le goût pour les porcelaines de Chine et du Japon
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