Au Funambule 

Reprise du 26 février au 2 mai 2022

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Une pièce de Beaumarchais 

Mise en scène de Camille Delpech 

Figaro, enfant des rues, artiste incompris, se réfugie à Séville pour mener une vie d'artisan. Mais son ingéniosité, perdue pour les arts, va servir à sauver la jeune Rosine d'un mariage forcé avec son cousin Bartholo, en mettant sur sa route un amant mystérieux.  

 

Il est des classiques que l'on croit connaître, mais dont on redécouvre à chaque fois qu'ils parlent encore au spectateur d'aujourd'hui. C'est le cas par exemple du Barbier de Séville de Beaumarchais.

Sous cette comédie à la trame tout ce qu'il y a de plus inoffensive en apparence - un jeune comte, aidé par son valet, tente de libérer de son tuteur la jeune femme dont il est tombé amoureux - se cache en réalité une critique de la société de classe de l'ancien régime. La censure, à l'époque, ne s'y était d'ailleurs pas trompée. Signe du changement des temps, le personnage qui donne son titre à l'ouvrage n'est pas le maître, mais le valet, véritable tête pensante de cette histoire. 

La Révolution française étant passée par là, que reste-t-il aujourd'hui dans ce texte qui nous parle ? Si les piques de Figaro sont encore savoureuses - "Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?" c'est un autre aspect qui nous frappe aujourd'hui davantage : la question des droits des femmes. 

Prenons la jeune Rosine : enfermée par son tuteur - dans la pièce originale son oncle, ici son cousin - un homme amoureux, mais jaloux, prêt à tout pour l'épouser, de gré ou de force. Loin d'être simplement une damoiselle en détresse, Beaumarchais en fait une jeune femme pleine de ressources, oeuvrant avec les outils à sa disposition pour se sortir d'une situation odieuse. Une figure presque tragicomique. 

La magie de Beaumarchais, c'est de réussir à enrober tous ses sujets et ses répliques cinglantes dans une comédie des plus divertissantes, avec déguisements, vol de clés et billets doux échangés par ruse. Dans la version proposée par la Compagnie des ballons rouges, l'action déplacée dans les années 60 offre le double avantage d'une esthétique particulière et de permettre quelques - rares - entorses au texte de Beaumarchais pour faire allusion à une époque riche de combats féministes. 

La mise en scène ingénieuse de Camille Delpech est vive, et redoutablement efficace, avec une économie de moyens rappelant le théâtre de tréteaux : quelques draps et quelques caisses feront office des éléments de  décor nécessaires à l'action. 

Dépouillée d'artifices coûteux, on retrouve ici la comédie dans son essence la plus simple : drôle, enlevée et populaire en ce sens qu'elle parle à tous. Les comédiens donnent vie aux personnages avec sincérité et justesse, caricaturant quand nécessaire sans pour autant tomber dans le piège du cabotinage. 

J'ai beaucoup, beaucoup ri - chose salutaire s'il en est dans les circonstances actuelles - et passé un excellent moment avec la Compagnie des ballons rouges qui reprend ce spectacle dès février. Courrez-y ! 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi 4,5/5

 

Avec Heidi Bay, Drys Penthier, Emilien Raineau, Axel Stein-Kurdzielewicz, Carla Girod ou Camille Delpech
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