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Publié le 12 Octobre 2016

De Jérôme Salle

Sortie le 12 octobre 2016

 

1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.

 

 

 

 

 

Autant j'adore le bateau, et cette sensation de calme, de sérénité qui s'impose à moi quand je pose les pieds sur l'eau, autant je n'ai jamais été une inconditionnelle de la baignade, et encore moins de la plongée, même avec de simples masques et tubas. Cet univers silencieux, où l'on se sent étranger, minuscule, où l'on ne peut respirer que grâce à un appareil m'a toujours angoissé. Même voir des plongeurs à la télévision me donne toujours l'impression qu'un accident va arriver, et je me retrouve souvent en apnée devant mon poste. 

 

Un jour, il y a quelques années, j'ai tout de même pris mon courage à deux mains pour effectuer un baptême de plongée. C'était dans les eaux de la mer Rouge, là où, à moins de dix mètres de profondeur, on trouve déjà de quoi s'émerveiller. Accompagnée d'un collègue qui savait déjà plonger, ainsi que du moniteur - deux précautions valent mieux qu'une - j'ai donc décidé de tenter l'expérience. Apprivoiser l'équipement et le poids des bouteilles, s'entendre respirer - chose très angoissante pour moi - dompter la peur de laisser par mégarde entrer de l'eau dans le masque ou de ne plus pouvoir respirer ont été autant d'éléments délicats dans les premières minutes. Et puis, une fois à quelques mètres du bord, dès le premier poisson aperçu, tout s'évapore : la sensation d'apesanteur et la beauté du spectacle vous font tout oublier. 

 

Bon, je ne dis pas que je n'ai pas fait une petite crise d'angoisse à mi-parcours, lorsque, ayant soudain repris conscience de la situation, il nous a fallu remonter quelques minutes à la surface le temps que je recommence à respirer normalement. Toutefois, je garde de cette expérience un merveilleux souvenir, avec l'impression d'avoir vécu quelque chose de magique que je ne trouverai probablement jamais le courage de retenter. C'est pourquoi, malgré toutes ces angoisses, je comprends la fascination que peut exercer le monde sous-marin, tout comme la sensation de liberté que peut procurer le fait de pouvoir respirer et de se mouvoir sous l'eau. C'est avec ces souvenirs-là en tête que j'ai découvert l'Odyssée

 

Voici donc un film qui s'intéresse au célèbre Commandant Cousteau, l'homme au bonnet rouge et aux formidables aventures, sillonnant les mers à la découverte du monde sous-marin. Un personnage un peu mythique, dont l'Odyssée explore également les parts d'ombre, en s'intéressant notamment aux relations quelque peu houleuses qu'il a pu entretenir avec son plus jeune fils, Philippe. En effet, ce qui est au départ le rêve du couple Cousteau va peu à peu laisser place à un désir de conquête de la part du Commandant, si dévorant qu'il va supplanter tout le reste, à commencer par les aspirations de sa propre famille. Son écrasante ambition médiatique va notamment sceller sa rupture avec Philippe, son fils, qui va trouver dans l'écologie son propre combat. 

 

Ici, on est à la fois dans la légende et dans la réalité la plus triviale : problèmes d'argent, de couple, les scandales et les blessures d'orgueil ne sont pas éludées par le réalisateur, qui raconte ici tous les aspects de cette épopée très médiatisée, ceux qui ont fait rêver des millions de spectateurs et ceux qui ont fait les gros titres mais également ceux, plus méconnus, relevant du drame intime. 

Pour incarner un homme à l'image si reconnaissable, il fallait un acteur qui puisse en supporter la carrure tout en s'effaçant derrière son personnage : Lambert Wilson est de ceux-là, si bien qu'au bout de quelques minutes, on l'oublie, lui, pour ne plus voir que le Commandant Cousteau. A ses côtés, Audrey Tautou campe son épouse Simone, parfois revêche, parfois blessée, toujours ambiguë à sa façon. Le couple va pourtant partager un rêve, un peu fou, qui va peu à peu nourrir l'ambition de son mari, quitte à se rendre compte, un peu trop tard, qu'elle a y tout sacrifié , et qu'elle a été laissée sur le bord du chemin.  

 

Mais l'autre grand personnage de cette Odyssée, c'est bien celui de Philippe Cousteau. Ce dernier s'avère être le personnage le plus aventureux, mais également le plus entier, qui seul ose tenir tête au Commandant. Une opposition farouche et passionnée, comme seule peut l'être celle d'un fils à son père. Pierre Niney incarne avec une grande sensibilité cet homme aimant, mais lassé de vivre dans l'ombre écrasante de son célèbre père et révolté contre son égoïsme croissant. 

 

Ce film n'est pas un documentaire sur Cousteau, ni sur les fonds sous-marins. C'est un récit d'aventure, la poursuite d'un rêve, avec ses désillusions. On y constate la dégradation des rapports humains, à mesure que, tout entier tourné vers cet unique but, Cousteau change, peu à peu, sans que sa famille puisse lui faire entendre raison, jusqu'à ce qu'il finisse par les broyer eux aussi dans le processus. 

 

Le réalisateur a porté une attention toute particulière à la qualité des images et du son, tenant à faire le moins possible usage des effets spéciaux numériques, ce qu'il nous a expliqué - la rencontre avec Jérôme Salle, Pierre Niney et Stan Collet, c'est par ici - à l'issue de la projection. Les équipes et les comédiens se sont donc rendus jusqu'aux Bahamas et en Antarctique, pour filmer des séquences qui comptent assurément parmi les plus belles du film. Cette volonté de réalisme, mais également de respect par rapport aux personnes encore en vie dont c'est l'histoire, se traduit également à l'écran dans la complexité des rapports humains et de ce lien familial qui se délite peu à peu.

 

L'Odyssée nous emmène faire un beau voyage sur les mers du globe, en compagnie d'une famille tombée amoureuse de la mer. Un film familial, dont les plus petits apprécieront tout simplement l'incroyable beauté, mais où les plus grands sentiront l'exorbitant prix à payer qu'exige toujours, de soi-même et surtout des autres, la poursuite d'un rêve.   

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

Publié le 25 Janvier 2016

De Jacques Perrin et Jacques Cluzaud 

 

L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux.

 

 

 

Depuis 1989, avec Le Peuple Singe, Galatée Films et Jacques Perrin nous enchantent avec de magnifiques films animaliers. Si ce titre ne vous dit rien, vous vous souvenez sans doute de Microcosmos présenté en sélection officielle au Festival de Cannes de 1996, et à l'époque une petite révolution : jamais on n'avait vu les insectes d'aussi près ! Je n'avais qu'une dizaine d'années, mais je me rappelle distinctement être allée le voir sur grand écran, pendant les vacances d'été. Depuis, vous avez peut-être volé avec les oiseaux du Peuple Migrateur et plongé au coeur de la vie sous-marine avec Océans, et l'émerveillement est toujours intact. 

 

Chaque nouveau long métrage explore ainsi une facette différente du monde animalier et interroge le rapport de l'homme avec la nature. Avec Les Saisons, c'est à la forêt que s'intéresse Jancques Perrin, cette forêt qui couvrait jadis toute l'Europe, et qui abritait une faune abondante, avant que l'action de l'homme ne réduise leur habitat comme peau de chagrin. 

 

 

On retrouve ici la "patte" des films précédents, avec de magnifiques images, et peu de commentaires. Le spectateur a ainsi la sensation de se glisser en catimini au plus près des animaux, qu'il s'agisse d'assister à une naissance, au renouveau du printemps ou à des combats d'une violence très ritualisée et pourtant extrêmement impressionnants. On y perçoit la puissance du règne animal, sa vitalité, et toute sa beauté. 

 

Le film s'intéresse à tous les habitants de la forêt, et on pourra y admirer, bouche bée, aussi bien des ours, des loups et des lynx que des chevaux, des oiseaux ou des insectes. De très méticuleuses prises de son permettent de percevoir les pépiements aussi bien que les brames, mais également, plus infimes, le bruit d'ailes qui battent ou d'élytres qui crissent. L'ensemble ménage de beaux moments d'émotion, du suspense, de l'humour, et de l'attendrissement. Nul doute que les louveteaux ou les renardeaux feront fondre plus d'un spectateur. 

 

 

Un spectacle fascinant, quel que soit son âge. Pour des petits citadins, c'est l'occasion de découvrir de nombreux animaux, et d'en apprendre davantage, rien qu'en les regardant se mouvoir en liberté. Les plus âgés s'interrogeront sans doute également sur la place de l'homme dans cette nature qu'il a une fâcheuse tendance à détruire, mais également sur leur propre responsabilité dans l'avenir. 

 

On mesure assez mal les difficultés techniques qu'il a fallu dépasser pour en arriver à ce résultat époustouflant, et la rencontre organisée à l'issue de la projection  - dont je vous parlerai dans un prochain article - a permis de répondre à de nombreuses questions.  

 

Ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, voici le spectacle de la forêt dans sa diversité et dans toute son incroyable beauté ! 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 4,5/5

 

A noter également, l'existence d'un site internet dédié au film, où vous pourrez retrouver des photos, des précisions, mais également le jeu Morphosis qui permet de découvrir de façon interactive les transformations de la planète et des animaux depuis la dernière glaciation. 

Publié le 5 Décembre 2009

oceans.jpgDe Jacques Cluzaud et Jacques Perrin
 

Filer à 10 noeuds au coeur d'un banc de thons en chasse, accompagner les dauphins dans leurs folles cavalcades, nager avec le grand requin blanc épaule contre nageoire... Le film Océans c'est être poisson parmi les poissons. Après Himalaya et Le Peuple migrateur, Jacques Perrin nous entraîne, avec des moyens de tournage inédits, des banquises polaires aux tropiques, au coeur des océans et de ses tempêtes pour nous faire redécouvrir les créatures marines connues, méconnues, ignorées. Océans s'interroge sur l'empreinte que l'homme impose à la vie sauvage et répond par l'image et l'émotion à la question : " L'Océan ? C'est quoi l'Océan ? "


J'ai pu avoir la chance de voir ce film en avant-première ce mois-ci. Dans une salle au coin des Champs Elysées, en présence de Jacques Perrin et d'un certain nombre de VIP, me voilà avec mon petit chéri, confortablement installée pour découvrir les images fabuleuses que ce film promettait. Et incontestablement, il tient ses promesses avec brio. La vie sous-marine et marine se montre à nous dans toute sa beauté, et le mal que les hommes leur font ne nous est pas épargné non plus, sans pour autant risquer de choquer les plus jeunes spectateurs.


Peu de dialogues, de longues séquences et une certaine lenteur, comme pour ne pas déranger la nature. La caméra se pose en simple spectatrice du fond ou de la surface des océans, avec pour leitmotiv la beauté comme moyen de sensibilisation : comment laisser détruire tout cela ? comment ne pas vouloir le préserver ? La découverte d'animaux connus ou insolites, de couleurs et de formes inattendues, entraîne petits et grands dans un monde merveilleux. 


Le seul petit bémol est sa longueur: elle permet d'apprécier les images, mais lassera peut-être les plus petits, et certains plus grands, sans doute. Cette réserve est néanmoins minime, face à l'émerveillement : On ouvre grand les mirettes!