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Publié le 9 Décembre 2016

De Morgan Neville 

 

Avec humour, tendresse et émotion, The Music of Strangers nous raconte l’histoire de personnes exceptionnelles de talent, d’humilité et de générosité, des musiciens prodigieux venus du monde entier et rassemblés à l’initiative de Yo-Yo Ma. 


Des plus grandes salles de concert européennes aux camps de réfugiés de Jordanie, des rives du Bosphore aux montagnes chinoises, ces virtuoses unissent leur art et leurs cultures et font la démonstration qu'avec des idées simples et des convictions fortes, on peut changer le monde.

 

 

 

 

Ce documentaire s'intéresse au projet Silk Road Ensemble initié par le violoncelliste Yo-Yo Ma. Le principe : réunir des musiciens du monde entier, avec leurs origines, leur culture et leurs instruments pour créer quelque chose de nouveau. Il ne s'agit donc pas d'abandonner ses traditions musicales, mais de voir ce qui peut arriver lorsque autant d'influences se rencontrent. 

 

Autant vous dire que, dès le début, cette idée m'a intriguée. D'abord parce que l'initiative vient d'un musicien classique, un domaine où il est parfois mal vu de sortir des rails.  Ensuite, parce que je suis persuadée qu'une tradition - musicale ou autre - doit évoluer pour passer d'une génération à l'autre, pour que chacun puisse se l'approprier : c'est ce qui lui donne son sens et la garde vivante : la figer artificiellement revient à la condamner, à terme. Parce qu'une musique traditionnelle ne vit pas par elle-même mais au travers des musiciens qui l'interprètent et des personnes en qui ces musiques trouvent écho. C'est une affaire d'hommes et de femmes avant d'être une théorie culturelle. 

 

 

Au delà du simple mélange des traditions musicales théoriques, The Music of Strangers s'intéresse donc au parcours de plusieurs artistes qui composent ce Silk Road Ensemble : Yo-Yo Ma, violoncelliste américain d'origine chinoise, la galicienne Cristina Pato, joueuse de gaïta, Wu Man, joueuse chinoise de pipa, le clarinettiste syrien Kinan Azmeh, et l'iranien Kayhan Kalhor, joueur de kamancheh.

 

En suivant leurs histoires personnelles, on prend conscience, davantage encore, du fait que les musiciens ne sont pas des artistes "hors sol". Leur musique, même traditionnelle, s'enracine aussi bien dans leur identité culturelle que dans leur parcours personnel. Et leur engagement  découle, non d'une réflexion fumeuse sur l'état du monde, mais d'un ancrage profond dans la réalité. Kinan Azmeh par exemple, s'interroge : y-a-t-il encore du sens, lorsqu'on est syrien aujourd'hui, de jouer de la musique ? Comment cette musique pourrait-elle être d'une quelconque utilité à ceux qui meurent dans le conflit, à ceux qui ont faim ou froid ? Sans chercher une solution universelle et sans moralisme sirupeux, il va, à son niveau, apporter une réponse personnelle à ces questionnements, pour redonner du sens à son art. 

 

 

Derrière les visages de ces artistes, on découvre des histoires personnelles parfois tragiques, souvent complexes. Mais au delà de leur propre destin, se sont des questionnements universels qui se dessinent, trouvant écho dans toutes les cultures qu'ils représentent. Mais ce qui frappe surtout, chez tous, c'est leur attachement viscéral à leur culture, la conscience de s'enraciner dans un pays, sur une terre avec une histoire, une musique, une langue, quelque chose d'unique et de farouche. Paradoxalement, c'est grâce à ce sentiment d'appartenance qu'ils trouvent la stabilité pour s'ouvrir sur le monde et s'enrichir au contact d'autres cultures, sans risque de se perdre. 

 

 

Malgré quelques baisses d'intensité en cours de route, The Music of Strangers s'avère une réflexion sur les aspirations les plus profondes de l'être humain, mais également sur le pouvoir de la musique. Il nous donne à entendre des morceaux d'ensemble à l'énergie explosive et à l'enthousiasme incroyablement communicatif. Ce film montre l'individu comme le collectif en un seul et même élan, avec l'espoir de ces musiciens de représenter, à leur échelle, l'image de d'une paix possible. Un rêve sans doute utopique, mais auquel on a tellement envie de croire avec eux ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 21 Novembre 2013

De Marjane Satrapi,

Aux éditions l'Association

 

 

Après la découverte de Persépolis dans sa version papier et dans son adaptation cinématographique, me revoici à nouveau dans l'univers onirique et touchant de Marjane Satrapi.

 

Il raconte la dépression d'un musicien qui, suite à la destruction de son tar (sorte de luth iranien), décide de se laisser mourir. L'occasion de revenir sur sa vie, morceau par morceau, dans l'ordre où les souvenirs reviennent, au gré des visites de ses proches qui tentent de lui remonter le moral comme ils peuvent.

 

Dans cet ouvrage moins personnel que Persépolis, et beaucoup moins politique également, Satrapi nous invite ici à assister au drame, plus intime, d'un musicien qui a perdu le goût de vivre. La mise en scène du personnage de l'artiste est l'occasion de s'interroger sur ses inspirations, ses émotions, ses déchirures, ce qui fait la force de son art et de quoi il se nourrit.

 

Un ouvrage auquel on pourra sans doute reprocher d'être décousu, mais dont on suit finalement assez facilement la progression grâce aux indications de temps. Si on retrouve toute la poésie de Marjane Satrapi dans son dessin caractéristique, l'ensemble est assez sombre, et l'on s'attache vraiment à cet homme qui a décidé que sa vie ne valait plus la peine d'être vécue, et à sa famille impuissante. 

 

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           catégorie "aliment"

Publié le 23 Août 2011

une-separation-film-iranien-affiche.jpgD'Asghar Farhadi

 

Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable…

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est du dernier chic à Paris d'aller voir des films iraniens, essentiellement pour des raisons politiques. C'est une chose. En revanche, il est vrai que de nombreux films qui nous parviennent de ce pays sont d'une qualité surprenante, soit que la sensibilité iranienne produise de bons films plus souvent, soit que ceux qui parviennent jusqu'à nos écrans  résultent d'une sélection particulièrement rigoureuse. 

Ce film est bien un film iranien : pour se plier aux règles de la décence et éviter la censure, les comédiennes portent toujours le foulard, même lorsque leurs personnages sont chez elles, ce qui n'est pas le cas en réalité. Mais ce n'est pas un film sur l'Iran. La situation et les interrogations des personnages sont universelles. Tous ont tort sur certains points, mais ils ont tous ont de bonnes raisons de faire ce qu'ils font. La frontière entre ce qui est juste ou non est floue, et le spectateur éprouve de la compassion pour chacun des personnages.

Plus qu'une peinture de la société iranienne, il s'agit d'un film sur l'homme, sur ses contradictions et les choix kafkaïens qu'il est parfois amené à faire. Un très bon film.

Publié le 17 Août 2009

De Marjane Satrapi


Cela faisait longtemps que je voulais faire l'acquisition de la bande dessinée à l'origine du film d'animation, que j'avais beaucoup aimé. Hélas pour mon portefeuille de radine, je trouvai pendant un certain temps que l'achat de chacun des quatre tomes était un peu cher, jusqu'à ce que je déniche dans les rayonnages de ma librairie du moment l'intégrale, forcément plus abordable, et que je craque.  Acte d'achat que je n'ai pas regretté. Les saynètes de la vie quotidienne, pleines d'humour même dans les situations les plus dramatiques, montrent les contradictions d'un pays dont on entend beaucoup parler en ce moment,  mais également de la vision qu'en ont les européens, à travers le regard d'une fillette, d'une jeune femme, puis de l'adulte. Autobiographie peut-être un peu romancée, mais tellement attachante d'une dessinatrice au tempérament bien trempé.

Résumé (pris sur Evène):
Retrouvez dans cette intégrale le récit d'une enfance iranienne dans les années 1980, de la guerre à l'exil. Quand l'autobiographie dessinée rejoint l'histoire...

Extrait: