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Publié le 24 Mars 2017

 

De Bill Condon

 

Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant victime d'une terrible malédiction.

 

 

 

 

 

 

La Belle et la Bête de 1991 a fait partie des films cultes de mon enfance. Cet immanquable rituel des vacances de Noël, auquel chaque année se livraient mon oncle et ma tante, emmenant la fratrie au cinéma. Pour être honnête, je ne suis pas sûre aujourd'hui d'avoir effectivement découvert la Belle et la Bête sur grand écran, mais c'est le souvenir que j'en ai : la salle de bal, la scène du dîner, ou encore la découverte de la bibliothèque, à laquelle j'ai depuis comparé toutes celles que j'ai pu visiter. Alors en apprenant que Disney s'attaquait à en refaire un film en "live action" - comprenez avec de vrais acteurs et non pas un dessin animé - j'étais partagée entre crainte et attente : le procédé avait révélé des résultats très divers allant du très convaincant Livre de la Jungle, jusqu'au plus décevant Cendrillon

 

C'est donc dans cet état d'esprit que j'ai découvert cette nouvelle version de La Belle et la Bête, avec Emma Watson dans le rôle de Belle et Dan Stevens - Matthew de Downton Abbey - dans le rôle de la Bête. Un casting qui comprend aussi quelques surprises, comme ces acteurs prêtant leurs voix aux domestiques du château - transformés en objets - et que l'on ne reconnaît qu'à la fin. Les premières images du film, savamment distillées par Disney au cours des mois précédant la sortie, ont beaucoup capitalisé sur la nostalgie de la version 1991, avec des visuels semblant reproduire exactement l'original. 

 

 

Pendant toute la durée de la projection, deux sentiments opposés ont cohabité en moi : au regard forcément plus critique de l'adulte, s'est immanquablement mêlé le plaisir de retrouver l'univers magique de mon enfance. Concrètement, cette version s'avère plus ou moins une copie du film original, auquel on a tenté de greffer quelques éléments supplémentaires, qui malheureusement, n'apportent pas grand-chose, ni à l'histoire, ni à la psychologie des personnages. 

 

Mais quel besoin de saupoudrer ces informations sur le passé des personnages sans prendre le temps de les creuser pour leur donner une importance quelconque? Belle, qui ne se voit ni épouse, ni mère, est un peu remise au goût du jour, et rêve surtout d'émancipation. Mais le changement le plus notable selon moi, est le point de vue différent apporté au personnage de LeFou : Disney,  a révélé, il y a quelques semaines, en avoir fait le premier personnage gay de son histoire. Au-delà de la vaine polémique que cette annonce suscite dans certains pays, il est intéressant de voir à quel point ce seul élément apporte du sens à sa relation de fascination pour Gaston. 

 

 

Cette Belle et la Bête coche toutes les cases immanquables du côté des numéraux musicaux, avec une réussite certaine : la scène de la taverne, la salle de bal, le dîner animé par Lumière et toute la vaisselle, fonctionnent sans l'ombre d'un doute, me mettant un sourire régressif aux lèvres et quelques étoiles dans les yeux. Les images sont belles, les effets spéciaux convaincants, et de nombreux dialogues et gags - qu'on aurait peut-être préférés renouvelés - sont issus de l'original. Certains ajouts musicaux sont quant à eux plutôt discutables, et les scènes jouées comportent quelques ratés, ces moments gênants où l'on sent la volonté du scénariste de faire avancer certaines choses, mais qui s'avèrent bancals.

 

Un verdict en demi-teinte, donc, de mon côté. D'un côté, pourquoi refaire - mis à part pour des considérations financières - un film culte, en y apportant si peu ? D'un autre côté, l'ensemble est visuellement convaincant et pas déplaisant à voir pour autant. Aussi délicieusement régressif par moment qu'inutile à d'autres. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5 

 

Publié le 17 Mars 2017

D'Olivier Casas

 

Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant  vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une jeune mère en plein baby blues, un père qui la délaisse au profit de la musique où il cherche en vain à percer, un ami qui lui, a réussi et un chirurgien séducteur maladif. Voilà le quatuor d'amis réunis à la faveur d'un dîner. Ajoutez à cela une belle-mère acariâtre, un beau-père narcoleptique et une chanteuse célèbre et capricieuse,  et vous obtenez un cocktail de personnages tout prêts à exploser. L'étincelle qui manquait va venir du baby phone : une conversation tenue à mi-mot au dessus du berceau de la petite va ainsi être entendue dans le salon, révélant quelques secrets plutôt gênants. 

 

 

Si certains personnages convainquent plus que d'autres, l'ensemble est globalement bien huilé, avec quelques moments hilarants, lorsque, un mensonge en entraînant un autre, chacun s'enferre sans savoir qu'il est percé à jour... Pour autant, il manque souvent à Baby Phone deux éléments essentiels à une bonne comédie, au delà des gags : l'attachement aux personnages et l'émotion. Sans empathie pour les personnages - c'est à dire sans reconnaître dans leurs petites lâchetés ou blessures certaines des nôtres - on en vient à les considérer comme des archétypes vides, parfois efficaces, mais qui semblent presque mériter ce qu'il leur arrive. Et c'est sur ce terrain aride que l'émotion, lorsqu'elle apparaît par petites touches, peine à grandir. 

 

Avec un ressort classique du théâtre et du cinéma - surprendre une conversation qui ne nous est pas destinée - Baby phone ménage des moments de rire efficaces, mais sans âme véritable, faute de véritable tendresse pour les personnages. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 3 Février 2017

De David Moreau

 

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu.  Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…
Mais sont-ils vraiment seuls?

 

 

 

 

Seuls, c'est débord l'histoire d'une bande dessinée de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, publiée depuis 2006. J'en avais déjà croisé quelques planches il y a longtemps, à l'époque où j'achetais parfois quelques versions reliées du petit Spirou, qui me coûtaient le prix d'un album, mais qui m'occupaient beaucoup plus longtemps. A vrai dire, à ce moment là, j'appréciais assez peu les histoires à épisodes, dont je ne connaissais pas le début, et dont je n'ai jamais eu l'occasion non plus de découvrir la fin. 

 

C'est donc au détour d'une invitation à venir découvrir le film que je me suis souvenue avoir parcouru quelques planches de cette histoire bizarre, dans laquelle des enfants se retrouvaient seuls dans une ville désertée, sous la menace d'un ennemi mystérieux. Par curiosité, plus que par intérêt réel, au départ, j'ai profité de l'occasion de voir de quoi il retournait. 

 

 

Et, dès le début, le rythme m'a happée. Autour du personnage de Leila, que l'on sent dès d'une force et d'une volonté de fer, la réalisation va peu à peu cristalliser une ambiance anxiogène : des maisons vides, une autoroute où les voitures demeurent à l'arrêt, un décor qui pourrait sembler post-apocalyptique si tout n'était demeuré intact. Comme si le temps, sans activité humaine, s'était arrêté. 

 

Un décor dans lequel Leila va errer, seule, à la recherche d'autres âmes. Ils sont au final cinq jeunes dans cette ville déserte et encerclés par un mystérieux brouillard brûlant infranchissable. Ont-ils été oubliés? Sont-ils les uniques rescapés d'un cataclysme inconnu ? A mesure qu'ils explorent les rues, une évidence s'impose : ils sont pris au piège. Et ce n'est pas fini : quelqu'un cherche à les éliminer. 

 

 

A la peur, à l'incertitude et à l'incompréhension se mêle également un vieux fantasme : celui, libéré de la surveillance des parents, de pouvoir agir à sa guise. C'est alors l'occasion de sortir les grosses cylindrées, de faire vrombir les moteurs, mais également de s'installer dans un hôtel de luxe pour profiter de sa piscine et de sa cuisine. Avec toujours l'espoir que tout cela ne soit qu'un cauchemar, et que quelqu'un pourra venir les tirer de là. 

 

Malgré certains raccourcis scénaristiques un peu rapides notamment sur la fin - probablement dus au passage des cinq premiers tomes de la bande dessinée à un seul film - l'ensemble est très convaincant. En effet, si Seuls s'adresse d'abord aux adolescents, il serait dommage de le limiter à ce seul public. Au delà des codes du film de survie, il brosse des personnages forts et installe une ambiance pesante qui ne retombe à aucun moment. Le rythme, nerveux, s'avère lui aussi d'une redoutable efficacité, si bien que, malgré mon scepticisme de départ, je suis restée accrochée à l'action. 

 

 

Voici une découverte inattendue pour moi, intéressante à de nombreux points de vue, qui me donne une sérieuse envie de lire la BD originale, ce que je ne vais pas tarder à faire puisque à l'occasion de la sortie du film, les éditions Dupuis viennent de rééditer le premier cycle - les cinq premiers albums, dont le film a été tiré - en un seul volume. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 14 Janvier 2017

D'Eric Summer et Eric Warin

 

Félicie est une jeune orpheline bretonne qui n’a qu’une passion : la danse. Avec son meilleur ami Victor qui aimerait devenir un grand inventeur, ils mettent au point un plan rocambolesque pour s’échapper de l’orphelinat, direction Paris, ville lumière et sa Tour Eiffel en construction ! Félicie devra se battre comme jamais, se dépasser et apprendre de ses erreurs pour réaliser son rêve le plus fou : devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris…

 

 

 

 

Les films d'animation français ont décidément de la suite dans les idées. Après Ma vie de Courgette il y a quelques mois, voici encore une très jolie production. Ballerina nous plonge dans le Paris de la fin du 19e siècle sur les pas d'une jeune orpheline bretonne rêvant de devenir danseuse étoile et prête à tout pour intégrer la célèbre école de ballet de l'Opéra de Paris. 

 

Les histoires de rêve à réaliser sont un grand classique de l'animation et, bien menée, cette typologie de scénario s'avère des plus efficaces. Ce qui m'a le plus frappé, au delà de la qualité évidente des images, de la lumière et des textures, c'est le soin apporté à la reconstitution du Paris fin 19e, une de mes périodes favorites de l'histoire de la capitale, avec son lot de transformations et la construction de nombreux monuments emblématiques.

 

 

Je dirais même que l'on est, plus précisément, en 1888, si l'on en juge par le premier étage de la tour Eiffel à peine achevé. C'est le règne de la modernité, avec son lot d'innovations, d'ingénieurs, d'opportunités et de fortunes nouvelles, mais également l'époque où Paris, capitale des arts, attire des artistes de toute l'Europe. La période idéale, donc, pour s'intéresser au destin de ces deux enfants sans le sou rêvant de devenir, l'un inventeur, l'autre danseuse.

 

C'est également le plaisir, pour l'amatrice de l'époque, de voir la tour Eiffel encore inachevée, l'Opéra de Paris flambant neuf, la statue de la Liberté surmontant encore la rue de Chazelle ou encore le palais du Trocadéro. C'est peut-être un détail, mais ces décors ajoutent de la profondeur et de la crédibilité à cette belle histoire, et autant d'occasions de profiter de vues splendides de la capitale. Un film qui, sans être historique, est donc truffé de détails réalistes.

 

 

En somme, Ballerina impressionne surtout par sa capacité à faire rêver : si les plus jeunes spectateurs recevront probablement davantage le message de persévérance et de confiance en soi, adultes comme enfants conviendront de la beauté des décors et paysages, notamment des vues autour de l'Opéra Garnier. S'agissant d'un de mes monuments chouchous, il n'est pas impossible que cet avis ne soit pas tout à fait objectif, remarquez. Cependant je n'ai pu résister à ces superbes vues de la salle de spectacle, du grand escalier, mais également des toits de l'Opéra, un de ces lieux mythiques qui ont inspiré de nombreux photographes. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas hésité à y faire poser des danseurs pour prendre des clichés à couper le souffle. Ballerina s'inscrit tout à fait dans ce sillage, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir y faire évoluer ses personnages dans des chorégraphies impossibles à réaliser en temps normal, questions de sécurité oblige. De jolies scènes, qui renforcent - s'il était nécessaire - mon envie d'avoir la chance de grimper un jour sur les toits de cet édifice fabuleux. 

 

J'ai ainsi passé un très beau moment avec Ballerina, autant du point de vue du simple plaisir de suivre les aventures de Félicie et Victor à la conquête de leur avenir, mais également celui, plus intellectuel, de voir le Paris de la fin du 19e revivre sous nos yeux. Pour les enfants, nul doute que Ballerina sera une jolie histoire et, qui sait, leur donnera peut-être envie de visiter l'Opéra Garnier ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

Publié le 29 Mars 2016

De Jennifer Yuh et Alessandro Carloni

 

Po avait toujours cru son père panda disparu, mais le voilà qui réapparaît ! Enfin réunis, père et fils vont voyager jusqu’au village secret des pandas. Ils y feront la connaissance de certains de leurs semblables, tous plus étonnants les uns que les autres. Mais lorsque le maléfique Kaï décide de s’attaquer aux plus grands maîtres du kung-fu à travers toute la Chine, Po va devoir réussir l’impossible : transformer une horde de pandas maladroits et rigolards en experts des arts martiaux! 

 

 

 

 

 

Si j'avais bien aimé le premier et deuxième opus de Kung-fu Panda (ici et ici - de quoi constater que l'écriture mûrit, avec les années...) c'était surtout pour leur rythme alternant efficacement gags et scènes de combats. Surtout, ils faisaient partie de ces films d'animation que l'on pouvait apprécier quel que soit son âge. 

 

Ce troisième opus ne fait pas exception à la règle, et c'est tant mieux. On plonge ainsi dans un univers familier sans pour autant être lassant, et que je découvre pour la première fois en 3D, technologie qui met en valeur l'animation, notamment dans ses références à la peinture chinoise. On y retrouve un Po aguerri aux techniques de combat mais qui ignore encore qui il est vraiment. Lorsqu'il découvre son véritable père, parti à sa recherche, il va devoir s'approprier son identité complexe pour maîtriser le Qi (lire Chi) et vaincre un nouvel ennemi, venu du royaume des esprits. 

 

 

Po retourne alors dans son village natal, caché dans les montagnes, pour vivre la vie d'un panda ordinaire et retrouver son élément naturel. Il apprend une vie tranquille, faite de siestes, de roulé-boulés dans l'herbe - c'est vrai, pourquoi marcher quand on peut se laisser rouler - de repas gargantuesques et de câlins collectifs... 

 

On aime retrouver l'univers familier de Kung-fu Panda, son caractère de grand enfant - son père n'est pas mieux, vous verrez - et ses maladresses, le tout porté par la voix française de Manu Payet, qui semble toujours très à l'aise avec les facéties de son personnage. C'est avec un grand plaisir également, que l'on entend en Maître Shifu la voix si particulière de Pierre Arditi, avec toute la sagesse dont le sang-froid est mis à mal, situation propice à de bons gags.  

 

J'ai beaucoup aimé les nouvelles références à la culture chinoise, comme l'utilisation de la symbolique du jade, mais également la signature sonore du méchant et les effets de lumière que les animateurs ont créés autour de cette pierre et de ses armes. Le scénario est plutôt convenu, mais cela n'a jamais été un facteur déterminant depuis le début de la saga et en ce sens, il n'y pas de mauvaise surprise de ce point de vue-là. 

 

On aime replonger dans l'univers de ce panda si attachant et maladroit, sorte d'éternel adulescent bon vivant dans lequel, peut-être, on reconnaît un peu ce qu'on aimerait oser si on n'était pas obligé d'être si sérieux, parfois. Oui aux siestes interminables, oui aux roulé-boulés, oui aux câlins! 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3,5/5

Publié le 12 Novembre 2015

D'Elie Wajeman

 

 

Paris 1899. Le brigadier Jean Albertini, pauvre et orphelin, est choisi pour infiltrer un groupe d’anarchistes. Pour lui, c’est l’occasion de monter en grade. Mais, obligé de composer sans relâche, Jean est de plus en plus divisé. D’un côté, il livre les rapports de police à Gaspard, son supérieur, de l’autre, il développe pour le groupe des sentiments de plus en plus profonds.

 

 

 

 

 

Ce qui m'a attiré tout d'abord dans ce film, c'est la référence historique - bien que non inspirée de faits réels - à cette époque : celle de la révolution industrielle, de l'avènement du capitaliste et de la montée de l'anarchisme, en pleine Belle époque. Car, derrrière les belles demeures, l'élégance des toilettes, l'avènement de l'art nouveau et l'extravagance des cocottes, il y a aussi la misère ouvrière, les travail des enfants et le vacarme abrutissant des machines, la révolte de ceux qui, la rage au ventre, refusent cette société qui les broie.

 

Malgré un ancrage historique très précis - 1899 - il est étonnant de constater à quel point la révolte de ces hommes et de ces femmes est moderne, et parle encore au spectateur actuel. La liberté qu'ils revendiquent, celle d'être maîtres d'eux-mêmes et responsables de leurs actions, ce refus de vivre selon les règles d'une société qui les condamne à demeurer prisonniers de leur condition de moins que rien, cet effort d'éducation, cet amour de la littérature et de la poésie révolutionaire a quelque chose de beau et de tragique à la fois. Pris entre leurs propres contradictions internes et la pression que la société extrêmement rigide de cette fin de 19e siècle fait peser sur ceux qu'elle considère, à juste titre, comme un danger à l'ordre public, le mouvement se durcit et ses actions se font plus spectaculaires et plus violentes. Aucun des deux camps ne peut désormais reculer sans perdre la face et l'issue, dès lors, devient inéluctablement fatale.

 

Les anarchistes Les anarchistes Les anarchistes

Les acteurs donnent vie avec beaucoup de justesse, d'impertinence, et de tendresse à ces jeunes gens en quête d'idéal, avec leurs contradictions, leurs blessures, leur aveuglement parfois. Ils donnent à voir la fierté qu'ils éprouvent à se battre pour une cause qu'ils jugent noble. C'est elle qui les porte, en les remplissant d'une sensation d'héroïsme, sans doute parce qu'il la pressentent perdue d'avance. Ils incarnent cette fuite en avant et cette solidarité sans faille, qui amènent parfois ces jeunes idéalistes à faire sciemment les mauvaix choix. Mais qu'ils sont beaux dans leur volonté farouche de vivre libres !

S'il est légitime que la société réprouve leurs actions, il est intéressant de voir comment cette rage naît, comment elle s'enracine en eux jusqu'à les rendre pires que ceux contre lesquels ils prétendent lutter. Cette liberté absolue à laquelle ils aspirent ne peut donc être qu'utopique, car elle s'oppose à l'idée même de société structurée : elle s'avère par conséquent, irrémédiablement vouée à l'échec, entraînant dans son naufrage tous ceux qui s'y accrochent désespérément. 

 

Si le film aurait beaucoup gagné à resserrer le rythme, l'ensemble reste d'une grande beauté tragique, magnifiquement interprétée, et irradie une furieuse envie de vivre.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

 

Publié le 17 Septembre 2014

De Julien Neel 

Sortie le 9 octobre 

 

Lou est une jeune fille créative et rêveuse d’une douzaine d’années. Elle vit seule avec sa mère, Emma, qui a mis de côté sa vie de femme ces dernières années pour se consacrer à l’épanouissement de sa fille. Leur cocon confortable cache malgré tout quelques failles : Emma stagne et glisse doucement vers la mélancolie alors que Lou est obnubilée par Tristan son petit voisin, délaissant sa bande de copains... 

 

 

 

 

 

Voilà typiquement le genre de film que je ne serais jamais allée voir : j'ai tendance à me méfier des adaptations de bande dessinées humoristiques, genre casse-gueule s'il en est. D'autant qu'ici, la difficulté était doublée par le public cible de l'oeuvre d'origine, constitué d'enfants et préados. En bref, ce film avait tout pour me faire fuir. Mais vous me connaissez, je ne sais pas résister à la tentation de découvrir le film avant tout le monde ! 

 

Jamais je n'aurais imaginé me laisser si joliment piéger dans l'univers de ce film poétique, et pétillant, car d'emblée, on s'attache à ce couple mère-fille fusionnel, atypique et fantaisiste, mais qui ne s'interdit rien, pourvu d'être heureuses ! Et tant pis si la mère est un peu moins adulte qu'elle ne le devrait et la fille un peu plus mature que les filles de son âge, on envie un peu ce cocon bordélique plein de vieilleries sentimentales mais tellement débordant d'amour... 

 

On ressort en ayant une furieuse envie de brocantes, de voir ses amies, de se pelotonner dans une robe de chambre confortable, de dévorer des macarons hors de prix, et pourquoi pas de se faire une petite danse de la joie pour fêter ça ! 

 

Bref, un vrai coup de coeur bonne humeur ! 

 

Publié le 10 Septembre 2014

Vous aurez peut-être constaté un petit ralentissement dans les articles cinéma ces derniers temps. Rassurez-vous, je n'ai pas chômé pour autant mais j'ai réservé l'exclusivité de ces contributions à un autre site : Les Bridgets . Vous y trouverez donc mes deux critiques. 

 

Pour Mademoiselle Julie, c'est par ici

 

Pour Gemma Bovery il faudra cliquer juste là

 

Publié le 22 Août 2014

De Luc Besson

 

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l'infini. Elle " colonise " son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

 

 

Lucy n'est ni un film de science fiction - avec toutes les questions d'ordre philosophique que celà induit, le plus souvent, ni tout à fait un film d'action. Autant le dire tout de suite, Besson n'arrive pas à concilier ces deux aspects de façon convaincante : le rythme est bancale, et le côté pseudo philosophique malheureusement trop superficiel pour le contrebalancer.

 

Reste un spectacle relativement honorable, malgré les plages d'ennui. Parmi les atouts de ce film, on compte bien entendu la plastique de Scarlett Johansson, le jeu toujours impeccable de Morgan Freeman et cette part d'humour décalé qu'on connaît bien à Besson et qui, heureusement fonctionne bien.

 

Un film très décevant, sans être franchement mauvais, mais qui ne vaut certainement pas l'attente qu'il a suscitée !

Publié le 14 Août 2014

De James Gunn

 

Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être. 

 

Voilà un film que j'hésitais à aller voir, jusqu'à ce que les critiques élogieuses, et Monsieur Lalune, enchanté par la perspective de découvrir un noveau Marvel, ne me décident. Munis de nos lunettes 3D, nous voilà bien calés au fond de nos sièges pour voir ce que certains blogueurs ont qualifié de "film le plus cool de la galaxie". 

 

Tout ici respire effectivement le second degré et le cool, à commencer par la bande originale, "awesome mix vol 1" qui ravit le spectateur autant qu'elle sert l'histoire et son humour décalé. Planantes, ces musiques nous entraînent à la suite de Peter Quill, l'aventurier le plus improbable qui soit, dragueur, mais non dénué de conscience, un brin naïf et qui ne se prend pas au sérieux. Pas vraiment l'archétype du héros classique. La bande de hors-la-loi très bigarrée (au sens comme au figuré) qui l'accompagne est formée d'êtres aux particularités surprenantes et au sens de l'humour parfois approximatif, pour notre plus grand plaisir. 

 

On aurait pu craindre que le second degré nous détache du film et nous empêche d'y croire. Toutefois, la seule chose qui m'a empêché d'y adhérer complètement réside plutôt dans le maquillage. En effet, si certaines textures de peau extraterrestre sont très bien rendues - je pense au personnage de Drax notamment - d'autres, comme celle des figurants à la peau verte ou rouge, sont étonnamment bâclées, et quel dommage ! Car pour des univers différents du nôtre, il faut toujours avoir l'impression que tout est réel, et dès que l'on voit la fabrication, on a plus de mal à y croire. 

 

Le scénario quant à lui, fait - forcément - la part belle aux scènes d'action, dont l'effet est très honorablement amplifié par la 3D,  mais n'oublie pas de doser suffisamment humour et émotion pour que l'on attache aussi à cette bande de bras cassés. Beaucoup de répliques et de moments qui sont d'ailleurs en passe de devenir cultes : vous avez déjà vu Groot danser ? - tous ceux qui auront vu le film me comprendront. 

 

Malgré quelques imperfections surprenantes pour le budget du film, on rit beaucoup, on profite de la musique, on trépigne sur les scènes d'actions, et au final on a passé un très bon moment, à prolonger avec une chouette playlist à la maison.