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Publié le 26 Octobre 2016

De Gaetano Donizetti 

A l'Opéra de Paris 

Direction musicale : Riccardo Frizza

Mise en scène : Andrei Serban 

 

Distribution 

Lucia : Pretty Yende 

Edgardo Di Ravenswood : Piero Pretti 

Enrico Ashton : Artur Rucinski 

Arturo Bucklaw : Oleksiy Palchykov

Raimondo Bidebent : Rafal Siwek 

Alisa : Gemma Ní Bhriain 

Normanno : Yu Shao 

Orchestre et choeurs de l'Opéra national de Paris 

 

 

J'aime beaucoup Donizetti : c'est avec lui que j'ai fait l'expérience de ma première grande révélation lyrique, il y a quelques années, avec la fabuleuse Fille du régiment portée par Nathalie Dessay et Juan Diego Florez, confirmée en mai dernier avec la superbe Lucia de Lammermoor donnée en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées, avec Diana Damrau dans le rôle-titre. Une soirée que j'ai malheureusement eu la faiblesse de ne pas chroniquer, mais qui m'avait vraiment fait aimer cette oeuvre. Une émotion que j'espérais doublée ici par le supplément de vie amené par la mise en scène - vous savez à quel point cet aspect compte pour moi - et par un placement en salle sensiblement meilleur que d'habitude. 

 

Les spectateurs plongent donc dans cette histoire d'amour, de famille et d'honneur - le genre de choses avec lesquelles on ne rigole pas à l'opéra - auxquelles on rajoute une pincée de clichés bien écossais : une nuit d'orage, des clans ennemis et un fantôme, entre autres : autant d'ingrédients qui promettait de nous transporter ailleurs le temps d'un drame puissant 

 

Mais dès les premières minutes, les choses se gâtent, dès lors que la scène s'anime pour dépeindre une salle de gymnastique militaire : se mêle alors à la musique de Donizetti une cacophonie de métal. Si le cliquetis des épées qui s'entrechoquent est relativement inoffensif, d'autres sons, plus agressifs, perturbent durablement l'écoute : des chaînes et des éléments de métal que je n'ai pas réussi à identifier sont jetés au sol (peut-être des douilles de balles?). Sans être puriste, cela part déjà plutôt mal en ce qui me concerne.

 

J'imaginais que les choses s'arrangeraient par la suite, mais, soyons honnêtes, côté mise en scène, je ne serai pas plus convaincue que cela : les intentions, les déplacements semblent artificiels, et rien ne m'apparaît comme crédible, malgré mon envie désespérée (et désespérante?) d'y croire. Malheureusement, à chaque fois que j'arrive à me raccrocher à quelque chose, une autre vient briser ce fil ténu. Une mise en scène, qui, sans être proprement absurde, m'a semblé sans but, si ce n'est placer les chanteurs dans les positions les plus inconfortables qui soient pour chanter, qu'ils s'élèvent sur une balançoire, ou sur des bancs à bascule, ou encore en équilibre sur des structures à plusieurs mètres du sol, pour un intérêt dramatique quasi nul. 

 

Mais, me direz-vous, et les chanteurs ? Voici bien l'élément crucial dont il faut traiter ici plutôt que de la mise en scène ! A vrai dire, si j'ai tardé à les évoquer, c'est bien pour repousser ce moment où je vous avoue, à l'inverse de toutes les critiques dithyrambiques que j'ai lu sur le rôle titre, que la Lucia de Pretty Yende m'a laissé indifférente. 

 

 

Ne croyez pas par là que je ne lui trouve pas une jolie voix - je serais bien en peine de faire la moitié du quart de ce qu'elle fait - mais elle ne me touche absolument pas. Ce qui m'a frappé, c'est cette impression qu'elle ne va pas jusqu'au bout de ses phrases, avec la dernière syllabe qui tombe souvent. Une sensation était d'autant plus tenace  qu'il s'agit d'un défaut que l'on m'a assez reproché - et que l'on me reproche encore assez - pour que j'y sois particulièrement sensible. De nombreux autres spectateurs en ont eu une analyse entièrement différente, mais voilà, c'est ainsi que je le comprends : d'une façon ou d'une autre, ses notes m'ont semblé belles, mais dénuées d'émotions. 

 

Le reste du plateau ne m'a pas davantage convaincue à l'exception près de l'Enrico d'Artur Rucinski, sans que je sache ici si c'est mon simple goût pour les voix de barytons qui parle ou un ressenti plus précis. Toujours est-il que sa voix m'a semblé sortir du lot, avec une élocution parfaite, et c'est finalement le seul personnage qui ait suscité chez moi une quelconque émotion. 

 

 

Alors voilà. Avec tout ce que j'ai pu lire depuis, j'ai la sensation parfois d'être "passée à côté" de cette Lucia di Lammermoor. J'ai peut-être tout faux, mais je vous livre ce ressenti, tel quel : je m'y suis simplement ennuyée.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 2,5/5

 

Publié le 14 Avril 2016

De Ronald D. Moore 

 

Saison 1

Les aventures de Claire, une infirmière de la seconde guerre mondiale, mariée, qui se retrouve accidentellement propulsée en pleine campagne écossaise de 1743. Elle se retrouve alors mêlée à des histoires de propriétés et d'espionnage qui la poussent à prendre la fuite et menacent sa vie. Elle est alors forcée d'épouser Jamie, un jeune guerrier écossais passionné qui s'enflamme pour elle et la conduit à être déchirée entre fidélité et désir, étant partagée entre deux hommes dramatiquement opposés et deux vies irréconciliables.

 

 

 

J'ai eu la chance, il y a quelques semaines, d'assister au lancement en France du DVD de la série Outlander. Véritable phénomène outre-Atlantique, elle n'avait jusqu'ici pas pu trouver sa place sur nos écrans. C'est désormais chose faite, en DVD depuis le 16 mars mais également sur Netflix France depuis le 4 avril. 

 

L'histoire, à mi-chemin entre roman historique et fantastique, nous entraîne sur les terres dans les Highlands d'Ecosse, entre les années 40 et le 18e siècle. Le spectateur y suit les pas de Claire Randall, jeune infirmière en voyage de noces, transportée deux cent ans en arrière lors de sa visite d'un Cromlech (cercle de pierres levées), laissant derrière elle sa vie de femme moderne, et son mari.

 

 

Plongée dans un univers de violence radicalement différent de la vie qu'elle connaissait, Claire doit apprendre à survivre dans un monde dont elle ne maîtrise pas les codes.  Avec elle, nous découvrons la vie traditionnelle des Highlands, la domination anglaise et la résistance qui s'organise contre les exactions, les subtilités de la vie des clans, et des lois plutôt rudes qui y ont cours.

 

Parce qu'elle vient d'une autre époque, mais aussi parce qu'elle est anglaise - ce qui ne va pas arranger les choses - elle est doublement  une "Outlander" ou "Sassenach" en gaélique, une étrangère en somme.

 

 

La violence, omniprésente, côtoie une certaine rudesse au grand coeur. Si les règles sont strictes, le sens de l'honneur n'est jamais loin et la famille (au sens clanique du terme) est sacrée. La puissance de l'église, mais également des croyances païennes et des traditions claniques séculaires, dessinent l'image d'une société highlandaise à l'identité forte, et à la fierté légendaire.

 

Et parce qu'aucune saga de ce genre ne s'imagine sans une grande histoire d'amour, Claire va croiser la route d'un fugitif recherché par l'armée britannique, un jeune écossais prénommé Jamie. Si, au départ, elle est obligée de l'épouser pour échapper à la vengeance d'un officier anglais, elle finit part en tomber éperdument amoureuse. Il faut dire que le jeune homme, doté d'un sens de l'honneur à toute épreuve, d'un physique avantageux et de beaux yeux bleus, a déjà fait chavirer le coeur des spectatrices les plus aguerries, bien avant celui de la belle anglaise.

 

 

Outlander s'avère une belle saga historique, avec des personnages forts auxquels on s'attache rapidement. La photographie y est de qualité, de la lumière si particulière du feu éclairant les intérieurs, à la beauté farouche et brumeuse des grandes étendues de collines vertes. De quoi vous donner des envies irrépressibles de voyage !  

 

La musique est tout aussi belle, et les accents celtiques du générique ou de la ronde des druidesses vous poursuivent bien après avoir éteint votre écran. On notera également le soin tout particulier accordé aux costumes, et au contexte politique de l'époque, qui contribue largement à nous faire partager le désarroi de Claire autant qu'elle nous permet de l'accompagner dans sa compréhension progressive de la situation.  

 

 

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié cette première saison pour son côté très immersif, mon goût pour les films historiques, mais également pour les séries en général ayant été satisfait. C'est aussi mon coeur de midinette qui s'est laissé aller à suivre cette belle histoire d'amour, pourquoi s'en défendre? Si l'intérêt de la série ne se borne pas au physique avantageux des deux protagonistes principaux - avec une parité pour une fois respectée - il faut avouer que leur romance fait partie intégrante de l'attrait de la série, sans en être, heureusement, le seul atout.

 

Autant vous dire que j'attends avec impatience de découvrir la suite de leurs aventures, d'autant que la saison 2 vient de débuter aux USA et sera disponible 24h après sur Netflix France. 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 4,5/5 

 

Publié le 9 Décembre 2015

De Justin Kurzel

 

 

11ème siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées du roi Duncan, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour monter sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

 

 

 

 

 

 

Vu mon intérêt pour l'oeuvre de Shakespeare - mon deuxième amour littéraire et théâtral avec Victor Hugo -  il m'était impossible de manquer ce film ! Parmi les passions humaines mises en scène par le grand Will, la "pièce écossaise", comme on l'appelle dans les milieux théâtraux pour éviter le mauvais oeil, est celle de l'ambition. Celle, tout d'abord, de Lady Macbeth qui presse son mari de hâter le destin royal prédit par les sorcières, en assassinant Duncan. Celle de Macbeth, surtout,  qui le pousse à s'enfoncer toujours plus loin dans la folie meurtrière.


Pour mettre en scène cette descente dans les tréfonds l'âme humaine, Justin Kurzel fait le choix d'une esthétique très étudiée sans pour autant sacrifier l'authenticité. Le contexte historique, par exemple, m'a semblé plutôt réaliste, pour autant que je puisse en juger. Si l'on voulait pinailler, on pourrait bien signaler quelques invraisemblances, mais globalement, on est bien loin des splendeurs de la reconstitution hollywoodienne : les costumes sont simples, rustiques, adaptés au climat, et nul luxe tapageur n'est présent dans les demeures en bois des seigneurs, qui dorment à même le sol gelé du champ de bataille. Les corps sont massifs, malmenés par la guerre, les hommes frugaux et la vie rude, même pour les nobles. Le roi lui-même se différencie assez peu de ses sujets : seuls le château en pierre et les ornements du couronnement évoquent par la rareté de leurs matériaux une quelconque puissance.

 

Macbeth

Le texte de Shakespeare, est réduit à l'extrême, dépouillé d'une bonne partie de  ses longueurs : ces hommes ne parlent pas pour ne rien dire. Il en résulte que ce texte, plus rare, nous apparaît souvent sous un jour entièrement différent car chaque mot y revêt une importance toute particulière. 

 

Cette authenticité un peu brute contraste avec une mise en scène très esthétique, où l'ambiance est parfois saturée de couleurs, parfois proche du noir et blanc au milieu des paysages rudes, superbes et menaçants de la terre d'Ecosse. Ce côté très formel n'empêche pas pour autant la naissance de l'émotion, qui provient des personnages eux-mêmes, de leurs peines inexprimées, et où même les plus monstrueux laissent parfois entrevoir ce qu'il leur reste d'humanité.

Macbeth

Michaël Fassbender et Marion Cotillard campent les Macbeth, un couple au magnétisme envoûtant, destructeur, unis autant par la douleur que par l'ambition et la sensualité. Lui campe un Macbeth ancré dans un physique, elle une Lady Macbeth douloureuse, mais résolue. Autour d'eux, gravitent des acteurs que l'on redécouvre à chaque nouveau film, comme Sean Harris en MacDuff, incontestablement le personnage le plus touchant de ce drame. 

 

Un film puissant, viscéral, à la beauté vénéneuse et fascinante.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5

Publié le 10 Août 2012

rebelle-affiche.jpgDe Mark Andrews, Brenda Chapman

et Steve Purcell

 

Depuis la nuit des temps, au coeur des terres sauvages et mystérieuses des Highlands d'Ecosse, récits de batailles épiques et légendes mythiques se transmettent de génération en génération. Merida, l'impétueuse fille du roi Fergus et de la reine Elinor, a un problème… Elle est la seule fille au monde à ne pas vouloir devenir princesse ! Maniant l'arc comme personne, Merida refuse de se plier aux règles de la cour et défie une tradition millénaire sacrée aux yeux de tous et particulièrement de sa mère. Dans sa quête de liberté, Merida va involontairement voir se réaliser un voeu bien malheureux et précipiter le royaume dans le chaos. Sa détermination va lui être cruciale pour déjouer cette terrible malédiction.

 

 

Depuis quelques années, il semblerait que le roux soit à la mode. Et que la cause en soit le regard azur de la belle Jessica Chastain, le sourire mutin d'Emma Stone ou les courbes de la pulpeuse Christina Hendricks  importe peu : le roux, c'est in !

 

La modeste rédactrice de ce blog a elle aussi succombé à la tentation, mais c'est une autre histoire... que je vous raconterai peut-être un de ces jours, si vous êtes sages !

 

Mais revenons-en à nos moutons écossais... Chez Disney, on a aussi cédé à l'appel du roux, façon tradition. Ou l'histoire d'une jeune princesse écossaise, Mérida, qui décide de se rebeller contre une coutume qui la forcerait à épouser le fils d'un clan allié, choisi pour son habileté à manier les armes. Afin de préserver sa liberté, elle participe au concours et bat tous les prétendants, ce qui n'est pas du goût de sa mère, reine modèle quelque peu dépassée par les envies de liberté de sa fille aînée.

 

Sur le thème de l'adolescence et de la difficulté des relations parents-enfants, Disney signe un film destiné à un public à priori moins jeune, même si de nombreux gags d'une simplicité enfantine mais d'une redoutable efficacité montrent que le réalisateur n'a pas pour autant oublié le public traditionnel. On y retrouve également des valeurs sûres comme le courage et la famille, sans surprise.

 

Côté graphisme, tout est vraiment impeccable, même si je soupçonne le réalisateur d'avoir corsé les contrastes et la saturation des couleurs tout spécialement pour la 3D, qui affadit l'image par définition. Le résultat en 2D est de toute façon époustouflant.

 

J'ai toutefois été un peu déçue par le scénario (attention spoiler). Outre l'absence de prince charmant (sur laquelle je veux bien passer au nom du féminisme), l'intrigue est assez décousue et les deux branches de l'histoire ne sont en définitive pas assez liées entre elles. Au fond, on aurait presque pu se passer de toute la partie avec le prince assoiffé de pouvoir, qui n'apporte pas grand chose au dénouement. Quant à monsieur Lalune, il résume ce défaut par un laconique "il n'y a pas de vrai méchant". 

 

En définitive, un dessin animé qui tente, avec une certaine maladresse, de renouveler le film de princesse made in Disney. Pas désagréable pour autant, il est heureusement visuellement parfait, ce qui tend à faire oublier la construction un peu bancale de l'intrigue.