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Publié le 7 Novembre 2016

De Claudia Llosa 

 

À Nunavut, dans le Grand Nord canadien, Nana Kunning consulte un guérisseur pour l'un de ses fils. Cette rencontre va bouleverser le cours de son existence. Vingt ans plus tard, son fils aîné part sur les traces de sa mère, accompagné d'une journaliste française. Nana est devenue guérisseuse aux confins du Cercle polaire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec l'attrape-rêves, nous avons rendez-vous dans les immensités glacées du grand Nord. En suivant une journaliste française, à la recherche de la guérisseuse Nana Kunning, le spectateur est invité à découvrir un monde de neige rude et silencieux, où la nature semble se taire, et les hommes garder leurs secrets. Car au delà de la tragédie familiale qui se dévoile peu à peu, il est surtout question du poids de la culpabilité, de rédemption et de quête de sens. Comment la tragédie brise-t-elle les individus, au point d'affecter leurs choix au-delà de toute raison ?  

 

La thématique est ambitieuse et le sujet traité avec une grande retenue dans le jeu des acteurs, qui laissent pourtant transparaître toute leur émotion. Ainsi, la mère et le fils, incarnés par Jennifer Connelly et Cillian Murphy et autour duquel se nouent toute l'intrigue, sont touchants dans leur quête désespérée de paix. J'ai également particulièrement aimé l'utilisation du faucon, magnifique oiseau qui se fait le messager de toute la psychologie des personnages. 

 

 

Pourtant, c'est dans la réalisation à proprement parler que le spectateur se perd, lorsque le film cherche - inutilement - à renforcer l'isolement des personnages en alternant plans larges sur les paysages, magnifiques et hostiles, et plans très - trop ? - serrés sur les visages. Réalisés le plus souvent caméra à l'épaule, ce genre d'effets qui tend à trop abuser de ces contrastes, donne parfois le mal de mer, sans servir davantage la dramaturgie. Une dissolution progressive de la tension générale qui aboutit à un dénouement qui nous laisse dubitatif quant à la guérison si rapide de blessures si anciennes et encore si vives.  

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

 

Publié le 15 Octobre 2010

les-amours-imaginaires De Xavier Dolan 

 

 

Francis et Marie sont deux bons amis. Lors d'un dîner, ils rencontrent Nicolas, un jeune homme de la campagne qui débarque tout juste en ville. De rendez-vous en rendez-vous, troublés par d'innombrables signes - certains patents, d'autres imaginaires - les deux complices sombrent dans l'obsession de leur fantasme, et bientôt, un duel amoureux menace l'amitié qu'ils croyaient infrangible…

 

 

 

 

Un film que je suis allée voir car ma curiosité a été piquée par certaines critiques le décrivant comme "le" film sur les relations amoureuses des jeunes d'aujourd'hui.


Si je ne suis pas certaine qu'il faille aller jusque là, ce film est incontestablement à retenir. Sans doute pas pour l'originalité du scénario, au fond très banal, mais bien par la vision que le réalisateur (également acteur) impose à ce thème intemporel. Paradoxalement, cette histoire résolument moderne dans son approche des orientations sexuelles est truffée de références à des époques antérieures. L'histoire principale est entrecoupée de témoignages de jeunes gens racontant leurs désillusions amoureuses, souvent paradoxalement drôles, et les dialogues claquent parfois comme des répliques théâtrales, faisant habilement mouche. Mais la grande qualité du film est sans contexte son aspect formel où chaque image pourrait être une photographie d'art. Dans l'utilisation de l'équilibre des couleurs et des formes ou des points de vue singuliers pour filmer les personnages, on sent que chaque image est très étudiée, sans pour autant enfermer les acteurs. Ces derniers mêmes semblent évoquer des références artistiques, tel le personnage de Nicolas, archétype de l'éphèbe grec, référence ambivalente dont le réalisateur joue sans complexe.

Les multiples références artistiques, les plans à fleur de peau délicieusement sensuels et l'esthétique très étudiée confèrent à ces "amours imaginaires", sinon le statut de film générationnel culte, du moins celui de très bel objet cinématographique.