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Publié le 3 Février 2017

De David Moreau

 

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu.  Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…
Mais sont-ils vraiment seuls?

 

 

 

 

Seuls, c'est débord l'histoire d'une bande dessinée de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, publiée depuis 2006. J'en avais déjà croisé quelques planches il y a longtemps, à l'époque où j'achetais parfois quelques versions reliées du petit Spirou, qui me coûtaient le prix d'un album, mais qui m'occupaient beaucoup plus longtemps. A vrai dire, à ce moment là, j'appréciais assez peu les histoires à épisodes, dont je ne connaissais pas le début, et dont je n'ai jamais eu l'occasion non plus de découvrir la fin. 

 

C'est donc au détour d'une invitation à venir découvrir le film que je me suis souvenue avoir parcouru quelques planches de cette histoire bizarre, dans laquelle des enfants se retrouvaient seuls dans une ville désertée, sous la menace d'un ennemi mystérieux. Par curiosité, plus que par intérêt réel, au départ, j'ai profité de l'occasion de voir de quoi il retournait. 

 

 

Et, dès le début, le rythme m'a happée. Autour du personnage de Leila, que l'on sent dès d'une force et d'une volonté de fer, la réalisation va peu à peu cristalliser une ambiance anxiogène : des maisons vides, une autoroute où les voitures demeurent à l'arrêt, un décor qui pourrait sembler post-apocalyptique si tout n'était demeuré intact. Comme si le temps, sans activité humaine, s'était arrêté. 

 

Un décor dans lequel Leila va errer, seule, à la recherche d'autres âmes. Ils sont au final cinq jeunes dans cette ville déserte et encerclés par un mystérieux brouillard brûlant infranchissable. Ont-ils été oubliés? Sont-ils les uniques rescapés d'un cataclysme inconnu ? A mesure qu'ils explorent les rues, une évidence s'impose : ils sont pris au piège. Et ce n'est pas fini : quelqu'un cherche à les éliminer. 

 

 

A la peur, à l'incertitude et à l'incompréhension se mêle également un vieux fantasme : celui, libéré de la surveillance des parents, de pouvoir agir à sa guise. C'est alors l'occasion de sortir les grosses cylindrées, de faire vrombir les moteurs, mais également de s'installer dans un hôtel de luxe pour profiter de sa piscine et de sa cuisine. Avec toujours l'espoir que tout cela ne soit qu'un cauchemar, et que quelqu'un pourra venir les tirer de là. 

 

Malgré certains raccourcis scénaristiques un peu rapides notamment sur la fin - probablement dus au passage des cinq premiers tomes de la bande dessinée à un seul film - l'ensemble est très convaincant. En effet, si Seuls s'adresse d'abord aux adolescents, il serait dommage de le limiter à ce seul public. Au delà des codes du film de survie, il brosse des personnages forts et installe une ambiance pesante qui ne retombe à aucun moment. Le rythme, nerveux, s'avère lui aussi d'une redoutable efficacité, si bien que, malgré mon scepticisme de départ, je suis restée accrochée à l'action. 

 

 

Voici une découverte inattendue pour moi, intéressante à de nombreux points de vue, qui me donne une sérieuse envie de lire la BD originale, ce que je ne vais pas tarder à faire puisque à l'occasion de la sortie du film, les éditions Dupuis viennent de rééditer le premier cycle - les cinq premiers albums, dont le film a été tiré - en un seul volume. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

Publié le 23 Février 2016

De Tim Miller 

 

 

Deadpool est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelait Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va le défigurer, mais accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

 

 

 

 

 

Comme beaucoup de spectateurs, j'ai suivi la vague de films de super-héros qui ont déferlé ces dernières années, avec d'autant plus d'attention que le docteur ès comics avec lequel je partage ma vie s'intéressait au sujet d'encore plus près. Les bibliothèques de la maison étant remplies de DC et Marvel, il lui était à priori difficile de passer à côté de Deadpool. 

 

Curieusement, alors que ce personnage m'était inconnu, Monsieur Lalune a immédiatement relevé son potentiel cinématographique. Parmi ses spécificités, on peut mentionner le fait qu'il ait été le premier à briser le 4e mur, et surtout, une certaine tendance à être bavard, violent, sale, et méchant. Ou franchement idiot. On ne sait pas vraiment, en fait. Toujours est-il que Deadpool apparaît franchement atypique dans le paysage super-héroïque, si tant est qu'on puisse réellement considérer en tant que tel un personnage qui boit, jure, égrène les blagues salaces et fréquente les professionnelles...

 

Le seul réel point commun qu'il partage avec ses autres camarades en collants est de faire la chasse à des super-vilains : des êtres machiavéliques doublés de sadiques assumés, dans le cas qui nous occuppe. Ces derniers vont méchamment amocher sa petite gueule et ça tombe très mal puisque Wade Wilson, qui n'est pas encore Deadpool, était sur le point d'épouser une poulette dont il était raide dingue. Et ça ne va pas l'amuser du tout du tout ! 

 

Dès le générique on comprend que le second - voire le troisième ou quatrième degré - sera le maître-mot du film. Sur un mode qui rappelle les très décalés "Honest trailers", le générique prend un malin plaisir à citer, au lieu du nom des acteurs, les clichés qu'ils sont censés incarner : vous y trouverez donc, entre autres,  "un imbécile heureux", "une bombasse" et  "une ado vénère". Non content de se payer la tête de ses interprètes, il égratigne au passage le reste de l'équipe, précisant que le film est réalisé par "un blaireau surpayé" et  - excusez, je cite - "produit par des trous du cul".

 

Le reste du film est à l'aune de cette entrée en matière  : vannes salaces d'un goût douteux, personnage complètement à l'ouest, références multiples, scènes d'action survoltées, autodérision (Deadpool qui fait des réflexions sur Ryan Reynolds - l'acteur qui l'incarne) tout s'enchaîne quasiment sans répit, avec un sens du rythme certain. Après le côté très lisse de nombreux héros (qu'on aime bien aussi, mais c'est un autre genre), il devient jubilatoire d'en découvrir un complètement déglingo. A chaque fois que l'on semble tomber dans un poncif, il est instantanément pulvérisé, pour notre plus grand bonheur ! 

 

 

Soulignons au passage la belle prise de risque du studio : accepter de produire un film de super-héros interdit à certaines catégories de spectateurs (R-rated aux Etats-Unis soit interdit aux moins de 17 ans non accompagnés et interdit aux moins de 12 ans en France) demeure un fait assez rare pour être remarqué. 

 

Au final, si le film n'est sans doute pas aussi transgressif qu'il aurait pu l'être et bien moins trash que le comics - il faut savoir raison économique garder -  le résultat reste joyeusement décalé, conçu pour assurer un maximum de divertissement. Certains feront - à juste titre - remarquer que l'épaisseur du scénario est comparable à celle du papier à cigarettes. Toutefois, le fait m'a semblé assez peu gênant dans le cadre d'un premier film présentant la genèse du personnage. Il faudra cependant veiller, pour les suites d'ores et déjà en préparation, à sérieusement muscler l'histoire sous peine de finir par verser dans l'avalanche de blagues sans cohérence scénaristique. 

  

Pour des spectateurs un peu lassés du défilé de super-héros de ces dernières années, Deadpool s'avère un spectacle rafraîchissant et insolent, parfois de mauvais goût, mais tellement assumé qu'on accepte avec plaisir de se laisser convaincre. 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3,5/5

 

La bance annonce ci-dessous est la version non-censurée, qui vous donnera un bon aperçu de l'esprit du film. A vos risques et périls ! 

 

Publié le 22 Mars 2015

 

 

Tous les ans, c'est la même chose : entre les conférences, les événements et les dédicaces, mon coeur balance. Et comme je ne suis toujours pas équipée du don d'ubiquité - l'administration du père Noël me donne du fil à retordre - il a encore fallu que je fasse des choix, quasi cornéliens.

 

Je ne vous parlerai donc pas des conférences, fort intéressantes paraît-il, organisées sur la scène des auteurs, ni du cosplay que j'imagine naivement avoir le temps de photographier chaque année, pas plus que de la grande dictée à laquelle j'avais pensé participer et encore moins du match d'improvisation de dessin. Bref, cette année encore, j'ai égoïstement couru les dédicaces. Après tout, les conférences sont ensuite disponibles en podcast, et je peux découvrir les photos du cosplay en ligne, bien plus belles que celles que j'aurais pu prendre !

 

Mais rencontrer un auteur, même quelques dizaines de secondes, lui faire part de son enthousiasme ou rester muette d'émotion, ou encore voir un dessin naître sous vos yeux, c'est repartir avec des souvenirs uniques dans la tête, matérialisés dans un ouvrage. Des souvenirs qui reprennent vie à chaque fois que je rouvre mes livres. Que voulez-vous : à chacun ses trésors! 

 

Tout de même, entre deux dédicaces, j'ai pris le temps de visiter les différents squares thématiques et la très belle exposition consacrée à l'Ecole des Loisirs, mais également de passer sur le stand Fnac pour me faire tirer le portrait avec un titre de livre. Figurez-vous que je me suis aussi transformée en inspectrice, le temps d'enquêter sur le meurtre d'un jeune écrivain prénommé Lorange, avec polar SNCF - et remporter un des ouvrages en compétition !

 

Voici donc en photos quelques belles rencontres et mes précieux petits souvenirs de cette édition. 

   

Merci à Benoît Feroumont d'avoir fait mon portrait en candidate de KohLanta : de l'avis de ma famille, jamais on ne m'avait vu courir aussi vite !

 

    

 

    

 

 

 

 

 

 

 

      

 

      

 

 

 

    

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publié le 14 Août 2014

De James Gunn

 

Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être. 

 

Voilà un film que j'hésitais à aller voir, jusqu'à ce que les critiques élogieuses, et Monsieur Lalune, enchanté par la perspective de découvrir un noveau Marvel, ne me décident. Munis de nos lunettes 3D, nous voilà bien calés au fond de nos sièges pour voir ce que certains blogueurs ont qualifié de "film le plus cool de la galaxie". 

 

Tout ici respire effectivement le second degré et le cool, à commencer par la bande originale, "awesome mix vol 1" qui ravit le spectateur autant qu'elle sert l'histoire et son humour décalé. Planantes, ces musiques nous entraînent à la suite de Peter Quill, l'aventurier le plus improbable qui soit, dragueur, mais non dénué de conscience, un brin naïf et qui ne se prend pas au sérieux. Pas vraiment l'archétype du héros classique. La bande de hors-la-loi très bigarrée (au sens comme au figuré) qui l'accompagne est formée d'êtres aux particularités surprenantes et au sens de l'humour parfois approximatif, pour notre plus grand plaisir. 

 

On aurait pu craindre que le second degré nous détache du film et nous empêche d'y croire. Toutefois, la seule chose qui m'a empêché d'y adhérer complètement réside plutôt dans le maquillage. En effet, si certaines textures de peau extraterrestre sont très bien rendues - je pense au personnage de Drax notamment - d'autres, comme celle des figurants à la peau verte ou rouge, sont étonnamment bâclées, et quel dommage ! Car pour des univers différents du nôtre, il faut toujours avoir l'impression que tout est réel, et dès que l'on voit la fabrication, on a plus de mal à y croire. 

 

Le scénario quant à lui, fait - forcément - la part belle aux scènes d'action, dont l'effet est très honorablement amplifié par la 3D,  mais n'oublie pas de doser suffisamment humour et émotion pour que l'on attache aussi à cette bande de bras cassés. Beaucoup de répliques et de moments qui sont d'ailleurs en passe de devenir cultes : vous avez déjà vu Groot danser ? - tous ceux qui auront vu le film me comprendront. 

 

Malgré quelques imperfections surprenantes pour le budget du film, on rit beaucoup, on profite de la musique, on trépigne sur les scènes d'actions, et au final on a passé un très bon moment, à prolonger avec une chouette playlist à la maison. 

 

Publié le 5 Août 2014

De Romain Ronzeau

Aux éditions Delcourt

 

Cela fait déjà quelque temps que j'avais fait l'acquisition de cet ouvrage, par l'auteur du blog Comme des guilis. A ce moment là, j'ignorais encore qu'il me concernerait bientôt directement, mais à quelques mois de devenir Madame Lalune, et en plein milieu des derniers préparatifs, je me suis plongée avec plaisir dans cette bande dessinée autobiographique.

 

Suivant le concept des fameux "carnets de mariage" remplis par certains mariés, l'auteur raconte les histoires de famille, l'organisation, la réflexion, mais également les moments de complicité et de doute, le tout du point de vue du marié, chose finalement assez rare pour être soulignée. Vous y retrouverez le DJ animateur, les beaux parents, et Batman. Oui, Batman ! L'auteur étant dessinateur, ce genre de références était , me direz-vous, plutôt prévisible. Il n'en reste pas moins que la présence de l'homme chauve-souris se manifeste dans un moment pour le moins incongru.

 

Curieusement, c'est ce détail un peu "geek" qui m'a aidé à m'identifier à ce couple, car j'ai reconnu chez le futur marié des traits que je connais chez Monsieur Lalune. Cette identification a sans doute contribué en grande partie au plaisir que j'ai eu à suivre les aventures de ce jeune couple jusqu'au jour J.

 

Un ouvrage drôle, tendre et pourtant très sérieux, dans le fond, sur cet engagement si particulier. Certains s'y reconnaîtront sans doute plus que d'autres, mais pour une fois que l'on donne la parole au marié, profitons-en pour découvrir une autre vision des choses, sans doute moins lisse que l'image que l'on peut en avoir, mais tellement plus vraie !

Carnets de mariage ****

Publié le 13 Juin 2014

De Bryan Singer

 

 

Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, déclencheur d'une guerre sans merci entre humains et mutants.

 

 

 

Pour une raison inconnue, j'ai toujours apprécié l'univers des X-men bien plus que toutes les autres adaptations de comics. Sans doute, la diversité des pouvoirs de ses personnages, faisant partie intégrante de leur identité génétique y est-elle pour quelque chose, car à chaque fois que l'on découvre un nouveau mutant (et si l'on n'a pas lu les comics bien entendu) il y a une part de suspense : mais quel pouvoir peut-il bien avoir ?  Et bien sûr, cette diversité de pouvoirs assure également des possibilités visuelles infinies.

 

Toutefois, je dois avouer que la trilogie en cours me plaît encore plus particulièrement, sans doute à cause de la présence d'excellents acteurs (Michael Fassbender, James McAvoy, Ellen Page, Hugh Jackman...) mais également d'une réalisation qui sait créer du rythme et ménager des pauses, en construisant un univers crédible, malgré sa base de science fiction. 

 

Après un premier opus qui nous avait replongé dans les années de la guerre froide, ce deuxième volet nous plonge dans les années 70 et la fin de la guerre du Vietnam. Un film dans la continuité du précédent, donc. Mais l'originalité du concept, c'est qu'en réalité il ne s'agit pas d'une continuité, mais bien d'un voyage en arrière dans le temps. En effet, c'est depuis le futur que les derniers mutants survivants vont envoyer Wolverine pour empêcher l'évènement qui va déclencher leur extermination. Et vous savez quoi ? Aussi incroyable que cela paraisse, on y croit!

 

Pourtant, rien de très nouveau dans cette utilisation du voyage dans le temps. Mais voilà : les effets spéciaux sont impeccables et les acteurs investis. Quant à la réalisation et à la musique, elles nous plongent dans cette histoire sans qu'on ne doute de la probabilité de ce que l'on voit à l'écran. Le réalisateur, Bryan Singer, était déjà aux manettes des deux premiers films de la trilogie des années 2000 et l'on reconnaît dans ses cadrages un style graphique qui rappelle les cases de bande dessinée, ce qui n'est pas sans me déplaire.

 

Monsieur Lalune, docteur es comics, étant a priori aussi conquis que moi, voici donc un film qui conviendra aussi bien aux fans des comics qu'au spectateur moins initié, un numéro d'équilibriste rare. En résumé, X-Men : Days of the future past est un divertissement grandiose visuellement, et de qualité, avec toujours en filigrane la question de l'humanité, de son évolution et de sa survie.

 

Autant vous dire que j'attends déjà avec impatience le troisième opus, prévu pour 2016.

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 4,5/5 

Publié le 23 Mai 2014

De Marion Malabre et Lulu Inthesky

Aux éditions Jungle

 

Depuis quelques temps, pour une raison inconnue, je m'interroge sur les clichés de genre et sur les expressions qui révèlent beaucoup sur notre éducation, ou sur un certain conditionnement, diraient d'autres. Je me suis surprise à dire, l'autre jour : "En même temps, je ne suis pas une vraie fille ! ". Est-ce à dire que parce que je porte peu de jupes, que je ne suis pas d'un naturel jaloux et que je change les ampoules à la maison, je ne serais pas une "vraie" fille ?

 

Bref, tout ça pour vous expliquer que par un hasard du calendrier, mon état d'esprit à ce sujet lorsque j'ai accepté de chroniquer cet ouvrage était un peu différent de celui dans lequel je l'ai reçu.

 

Alors forcément, j'ai abordé le livre avec sans doute plus de distance qu'il n'aurait fallu, mais il faut bien avouer  : je ne me suis pas reconnue dans la plupart des situations. Ce n'est pas le côté frivole qui m'a rebutée (j'en ai lu beaucoup d'autres, par exemple, ou , ou encore ), car la légèreté et le second degré ne m'ont jamais déplu. Simplement, je ne me suis pas reconnue dans la plupart des situations proposées, sans doute parce que beaucoup tournent autour des relations amoureuses et que je suis en couple depuis longtemps. Peut-être.

 

Pour le reste, vous l'aurez compris, le titre m'a bien entendu interpelée (rapport à la fameuse anecdote ci-dessus), et même avec le recul, il me semble toujours gênant. Pour moi, en tout cas à l'heure actuelle, la "vraie" fille est une expression qui n'a plus de sens. Côté illustrations, l'ouvrage se lit très (trop) vite, et si on y retrouve le dessin familier de Luluinthesky, il y manque cruellement son impertinence.

 

Bref, un ouvrage léger mais sans folie, qui assène les clichés sur les filles (et les mecs) sans trop d'imagination. Bof. 

 

 

Merci aux éditions Jungle et à Babelio de m'avoir fait parvenir cet ouvrage

Publié le 9 Janvier 2014

De Shinji Aramaki

 

 

2977. Albator, capitaine du vaisseau Arcadia, est un corsaire de l’espace. Il est condamné à mort, mais reste insaisissable. Le jeune Yama, envoyé pour l’assassiner, s’infiltre dans l’Arcadia, alors qu’Albator décide d’entrer en guerre contre la Coalition Gaia afin de défendre sa planète d’origine, la Terre.

 

 

 

 

 

 

Je suis un peu trop jeune pour faire partie de la "génération Albator", à quelques années près. Si j'avais bien entendu parler du Capitaine corsaire, c'était davantage au travers de son générique que pour la série elle-même.

 

C'est en compagnie de deux inconditionnels que je suis allée voir ce film, poussée par la curiosité. Hélas, pour une raison inconnue, la VO affichée sur Internet s'est avérée être une VF. Notre affaire s'annonçait mal...

 

Et la suite ne va malheureusement pas aller en s'améliorant : le scénario est soit  prévisible soit incompréhensible, les personnages ne m'ont pas particulièrement touché, et l'ensemble m'a semblé trop long. Quand aux combats spatiaux, ils m'ont semblé curieusement animés, et pas franchement réalistes vu la capacité de mouvement théorique du vaisseau. Mais, selon mes deux spécialistes, il paraîtrait que cet élément est identique dans la série. Je m'inclinerai donc sur ce point. Le seul élément vraiment exceptionnel est l'univers visuel :  les textures, les décors, même la 3D, technologie que pourtant je qualifie souvent de gadget, trouve ici grâce à mes yeux. 

 

Hélas, trois fois hélas, cette immense qualité graphique se saurait contrebalancer tout le reste. Et le pire de tout : l'ennui. Un film qui ne devrait pas non plus satisfaire les fans de la série, si j'en crois les avis mitigés de mes voisins de ciné.

Publié le 30 Décembre 2013

De Clara et Florence Bamberger,

aux éditions du Cherche midi

 

Il y a des détails qui ne trompent pas.
Si vous avez des masques aborigènes dans votre duplex car vous êtes « très attaché(e) au dialogue des civilisations », si vous divisez la population en deux, « les beaufs » et vous-même, si vous êtes ravi(e) de votre dernière « super affaire » (une écharpe à -10 % de chez Zadig&Voltaire),
Pas de doute, vous êtes bobo.

Et même si vous ne vous reconnaissez dans aucun de ces « détails »,
Il est fort probable qu'un bobo sommeille en vous aussi.
La preuve, en images.

 

 

Qui donc sont les Bobos ? ou pire : suis-je une Bobo ? Voilà les questions auxquelles vous propose de répondre ce livre, au moyen d'illustrations colorées et de petites phrases pleines d'humour.

 

To be bobo or not to be, that is the question !

 

Alors ? Je crois bien qu'en bonne parisienne je suis tout de même assez bobo. Si l'on excepte l'engagement politique et le duplex sur le Canal St Martin, je me retrouve pas mal dans ce petit livre.

 

Drôle, très second degré, il s'agit, je crois, d'un petit livre à s'offrir, ou à offrir à un ami Bobo, à condition toutefois d'être sûr de son degré d'autodérision !

Publié le 21 Novembre 2013

De Marjane Satrapi,

Aux éditions l'Association

 

 

Après la découverte de Persépolis dans sa version papier et dans son adaptation cinématographique, me revoici à nouveau dans l'univers onirique et touchant de Marjane Satrapi.

 

Il raconte la dépression d'un musicien qui, suite à la destruction de son tar (sorte de luth iranien), décide de se laisser mourir. L'occasion de revenir sur sa vie, morceau par morceau, dans l'ordre où les souvenirs reviennent, au gré des visites de ses proches qui tentent de lui remonter le moral comme ils peuvent.

 

Dans cet ouvrage moins personnel que Persépolis, et beaucoup moins politique également, Satrapi nous invite ici à assister au drame, plus intime, d'un musicien qui a perdu le goût de vivre. La mise en scène du personnage de l'artiste est l'occasion de s'interroger sur ses inspirations, ses émotions, ses déchirures, ce qui fait la force de son art et de quoi il se nourrit.

 

Un ouvrage auquel on pourra sans doute reprocher d'être décousu, mais dont on suit finalement assez facilement la progression grâce aux indications de temps. Si on retrouve toute la poésie de Marjane Satrapi dans son dessin caractéristique, l'ensemble est assez sombre, et l'on s'attache vraiment à cet homme qui a décidé que sa vie ne valait plus la peine d'être vécue, et à sa famille impuissante. 

 

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