Man of steel **

Publié le 14 Juillet 2013

De Zack Snyder

 

Un petit garçon découvre qu'il possède des pouvoirs surnaturels et qu'il n'est pas né sur Terre. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s'il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l'espoir pour toute l'humanité.

 

 

 

 

 

 

Avec monsieur Lalune, docteur es Comics, les supers-héros sont un sujet avec lequel on ne plaisante pas. C'est sérieux, tout ça, monsieur.

 

C'est donc avec bon espoir d'y trouver quelque chose de neuf que nous sommes allés voir ce film : une réalisation de Zack Snyder, auquel on doit notamment Sucker Punch, sorte de clin d'oeil aux univers geeks; à la production, rien de moins que Christopher Nolan réalisateur d'Inception et de la dernière trilogie Batman.

 

Dans la première demie-heure, on découvre Crypton et une part du passé de celui qui va devenir Superman. D'une certaine manière, on croit y percevoir la patte de Nolan, qui sait creuser dans l'enfance pour bâtir la psychologie de ses héros. Plutôt convaincant.

 

Mais c'est à partir du moment où le général Zod arrive sur terre que tout se gâte : toute psychologie disparaît au profit du sensationnel sans âme. Démolir des immeubles entiers, pourquoi pas, mais très vite, on frôle l'overdose. Alors oui, on a bien compris : les tours qui s'effondrent, les gens couverts de poussière blanche, tout cela évoque le traumatisme du 11 septembre. On a bien compris, superman se livrant pour les hommes, est un symbole christique. D'accord. Mais après ? D'abord, lorsque les symboles sont trop martelés, cela finit par lasser. Et je le dis, pour évoquer le 11 septembre, nul besoin de faire s'effondrer vingt tours. Une seule suffit. De même pour évoquer le sacrifice de superman, nul besoin de le faire rentrer dans une église et de le filmer avec un vitrail du Christ.  A vrai dire, c'est prendre le spectateur pour plus bête qu'il n'est.

 

Alors voilà. Une dernière demie-heure qui ne ressemble à rien qu'à une destruction systématique, même plus réjouissante, et de nombreuses incohérences qui entament le peu de crédibilité qu'il restait encore à cette histoire. A titre d'exemple, puisque Zod et Superman ont la même force, pouvez-vous m'expliquer comment en se battant pendant une bonne demie-heure, pas un seul n'est amoché (alors que Zod s'est fait exploser l'arcade sourcilière par un simple scientifique au début...?)

 

Henri Cavill est sexy au possible, Russel Crowe s'en sort pas mal dans le rôle de Jor-El, et même Kevin Costner, que j'avais pourtant classé dans les has been depuis un bail, trouve ici un rôle de père très touchant. Mais les acteurs ont beau faire ce qu'ils peuvent, ils ne peuvent, à eux seuls, relever un film qui semble vouloir faire du spectaculaire à tout prix, quitte à en oublier rythme, timing et sur la fin, scénario même. On a l'impression que Zack Snyder a été aveuglé par le budget beaucoup plus conséquent alloué à cette production (presque trois fois plus que pour Sucker Punch) et qu'il a eu la folie des grandeurs, en oubliant l'essentiel.

 

Un film intéressant tant qu'il plante les bases psychologiques du personnage, puis simplement ennuyeux lorsqu'il vire à la folie destructrice.

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