La Clemenza di Tito ****

Publié le 1 Mai 2013

De Wolfgang Amadeus Mozart (DVD)

Direction musicale : Nikolaus Harnoncourt

Mise en scène : Martin Kusej

Festival de Salzbourg, 2003 

 

 

Distribution :

Tito : Michael Schade
Vitellia : Dorothea Röschmann
Sesto : Vesselina Kasarova
Annio : Elina Garanca
Servilia : Barbara Bonney
Publio : Luca Pisaroni

 

 

 

 

Voilà une mise en scène étonnante au départ, mais qui finit par prendre sa pleine ampleur à mesure que l'action avance : un décor froid, comme en béton, pour figurer un palais en coupe, des costumes modernes quoiqu'assez déroutants par instants, à l'image de la jupe longue portée au début de l'opéra par Titus ou du peuple romain déguisé en touristes pour l'occasion. Admettons.

 

Je dis admettons car tout le reste est vraiment remarquable, depuis les voix (du moins selon ma petite oreille néophyte) jusqu'à la mise en scène qui sait ménager le suspense, créer des tensions amoureuses et montrer les tourments des personnages avec une justesse impressionnante malgré la froideur du décor (ou peut-être, par contraste, grâce à lui, qui sait ?). Des tableaux se créent, certains personnages évoluant dans les autres pièces créant des tableaux en mouvement, et permettant de créer une forme de focalisation sur tel ou tel personnage en fonction de l'intrigue.

 

Par ailleurs, je savais l'importance de l'opéra en Autriche, je découvre ici qu'il n'est pas inenvisageable d'y mettre des moyens pyrotechniques ! Certes, tous les lieux ne se prêtent pas à de tels effets spéciaux, mais tout de même, c'est bien la première fois que je voix un backdraft sur une scène, fût-elle en plein air!  L'épisode de l'incendie du palais, scène pivot de cet opéra, se veut donc clairement impressionnant.

 

La découverte de cet opéra est donc une très bonne surprise, malgré une intrigue que j'ai trouvée peu crédible par moments et une mise en scène moderne, voire parfois franchement étrange. Et puis, pourquoi pas ? Après tout, je doute qu'une mise en scène classique ait été aussi forte : c'est peut-être l'ensemble des contrastes créés par la mise en scène qui permet aux différents éléments de se mettre en valeur les uns les autres au lieu de se fondre dans un même tableau plus uniforme. 

 

 

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