Julio Cesare ****

Publié le 23 Mai 2013

A l'Opera Garnier

Direction musicale : Emmanuelle Haïm

Mise en scène : Laurent Pelly

 

Distribution

Giulio Cesare : Lawrence Zazzo

Cornelia : Varduhi Abrahamyan

Sesto : Karine Deshayes

Cleopatra : Sandrine Piau

Tolomeo : Christophe Dumaux

Achilla : Paul Gay

Nireno : Dominique Visse

Curio : Jean-Gabriel Saint-Martin

 

Afin de continuer mon exploration du monde de l'opéra, j'essaye de voir le plus de spectacles que le temps et l'argent me le permettent. Et pour la première fois, me voici à l'Opéra Garnier pour une représentation, un peu émue de me retrouver sous la coupole de Chagall.

 

Ce soir, j'ai rendez-vous avec Haendel et son Giulio Cesare. Et dans ce choix, j'ai pris quelques risques : a priori, je n'aime pas tellement les opéras baroques et leurs récitatifs que je trouve monotones et et interminables. Mais la seule façon de vraiment me faire une idée sur la question, c'est d'essayer.

 

Le rideau s'ouvre sur les réserves d'un musée, remplies d'oeuvres d'art que les employés vont bouger au gré des scènes pour donner un décor mouvant dans lequel vont évoluer les personnages, tels des fantômes ou des réminiscences de ces figures sculptés dans la pierre. Une mise en scène signée Laurent Pelly qui évite soigneusement le double écueil d'un trop grand classicisme ou d'une modernité trop conceptuelle. Après sa fille du régiment que j'avais beaucoup aimée, voici donc un metteur en scène que je vais sans doute suivre avec plaisir.

 

Même si je ne peux encore en juger sûrement, la distribution ne m'a semblé souffrir d'aucune inégalité. C'est d'ailleurs la première fois que j'entendais un contre-ténor "en vrai" et, ne connaissant pas la distribution ni les tessitures des rôles, j'ai eu dans un premier temps toutes les peines du monde à déterminer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Je découvre également une musique raffinée, dont la beauté tient à sa composition même et non aux sentiments qu'elle ferait naître. C'est donc un opéra dont j'ai apprécié la très grande beauté, mais qui ne m'a pas emporté. Une sorte de plaisir davantage intellectuel. C'est paraîtrait-il, normal au regard des goûts musicaux et du style de l'époque.

 

Une très belle soirée, où, malgré ma place à visibilité réduite, j'ai écouté  religieusement un opéra où je craignais de m'ennuyer au départ. Un revirement de situation qui me prouve, une fois de plus, que la curiosité, même pour les choses qui a priori ne nous attirent pas, est le défaut le plus intéressant qui soit.

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