Gatsby ***

Publié le 20 Mai 2013

De Baz Luhrman

 

Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

 

 

Cela faisait cinq ans que j'attendais avec impatience le nouveau film de Baz Luhrmann, qui trône au panthéon de mes réalisateurs favoris. Après Australia, descendu par la critique mais vraiment bon selon moi, j'avais hâte de découvrir l'adaptation du très célèbre roman de F. Scott Fitzgerald.

 

J'avais étudié de roman dans mes années lycée et vu le film de 1974 avec Robert Redford. Je dois avouer que ni l'ouvrage ni son adaptation ne m'avaient laissé de souvenir impérissable. Ce que j'en avait retenu, en revanche, c'est une impression de folie démesurée, animée par le jazz et amplifiée par l'alcool.  Cet élément en particulier me semblait se rapprocher de l'ambiance de Moulin rouge, avec cette impression de frénésie de la fête. Avec ce même ingrédient, je pensais que ce projet était, malgré ses détracteurs, quasi taillé sur-mesure pour Luhrman. 

 

J'ai l'impression, au final, de me plaindre "la bouche pleine" comme on dit. Les décors et les costumes sont fantastiques et Di Caprio, qui prête ses traits à Gatsby sait, comme jamais, révéler toute la complexité de son personnage flamboyant et plein de failles. La musique, selon le procédé cher au réalisateur australien, est moderne pour mieux révéler au public actuel l'ambiance de l'époque. A vrai dire, j'aurais sans doute préféré, vu la richesse musicale des années 20, un jazz remixé au goût d'aujourd'hui, mais le choix reste cependant cohérent. Certains moments sont un peu longs, mais néanmoins, à mon sens, nécessaires au développement des personnages.

 

Alors voilà. Tout est bien dans l'ensemble, mais je n'ai pas ressenti ce coup de coeur qui m'avait fait adorer les films de Luhrman il y a dix ans. Je m'attendais à quelque chose d'encore plus fou pour rendre toute la démesure des "roaring twenties". Peut-être ai-je simplement grandi, peut-être sa magie n'opère t-elle plus sur moi.

 

Un film tout à fait honorable donc, mais qui, de mon point de vue, ne remplit pas toutes ses promesses. L'éternel problème des choses qu'on attend avec trop de ferveur...

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