Une femme sur l'eau ***

Publié le 21 Avril 2011

une femme sur l eau-christine-allainDe Christine Allain

aux éditions Michel Lafon

 

Rien ne la prédestinait à intégrer l’École navale, la plus prestigieuse des formations des officiers de la Marine nationale. Un vrai défi pour une femme, même à l’aube du troisième millénaire. Elles sont quatre dans cette promotion de soixante-quinze élèves. Les débuts se révèlent difficiles : physique et moral sont mis à l’épreuve… Mais Christine a le caractère bien trempé : on ne la débarquera pas si facilement !

Depuis, avec volonté et passion, elle a parcouru les océans à bord de la Jeanne d’Arc et s’est spécialisée dans la chasse aux sous-marins ; avec le Jean de Vienne, elle a évacué des ressortissants lors des bombardements au Liban ; et récemment, elle a dirigé quatre-vingt-dix hommes au large de la Somalie pour traquer les pirates du golfe d’Aden.

Christine Allain fait partie, aujourd’hui encore, des exceptions de la Marine nationale : une femme qui a commandé un navire de combat à la mer.

 

 

Voici un témoignage intéressant à bien des égards : pour qui ne connaît pas la Marine, c'est une plongée dans la vie d'un marin, métier déjà si particulier. Marin d'autant plus à part que ce dernier est une femme. Pour qui connaît la marine aujourd'hui, les femmes sont de plus en plus acceptées et intégrées, mais ce commandant est entré au début de la féminisation de l'école navale, à une époque où personne ne les voulait vraiment à bord: ni certains marins un peu misogynes, ni les épouses de ces marins, méfiantes.

C'est donc l'histoire professionnelle et personnelle d'un marin, ses missions, ses doutes, ses hésitations, ses réussites et ses déceptions. Intéressant à bien des égards, sous réserve que l'on ne connaisse pas grand chose de la marine. Lorsqu'on  connaît un peu  cette armée, toutefois, les récits semblent survolés. Il manque à l'auteur, je crois, un talent de conteuse, la façon d'écrire qui créerait un peu de suspense, qui ferait revivre les instants tragiques ou heureux dans toute leur grandeur. Ici ils sont peut-être trop souvent survolés, parfois le récit est interrompu pour apporter des précisions qui déconnectent un peu le lecteur et c'est dommage. On pourrait, je crois, allier les sentiments personnels et l'aspect passionnant de ce métier de façon plus captivante.

 

Reste un témoignage, honnête, direct, franc, assez "marin", finalement, mais auquel il manque un peu de ce sel qui rend les aventures marines inoubliables. 

 


 

L'entretien de motivation est la dernière étape. Il se déroule dans un décor minimaliste, une salle de classe vaguement réaménagée, avec deux officiers derrière une table, et moi assise sur une chaise d'écolier. On a scotché sur les murs quelques affiches vantant les différentes carrières. Je m'attends à un entretien psychologique, une sorte d'enquête de personnalité. Je n'ai pas prévu une question aussi simple :

- Pourquoi avez-vous envie d'entrer dans la marine ?

D'ailleurs à ce moment-là, je n'ai pas encore vraiment fait le rapprochement entre intégrer l'Ecole navale et devenir officier de la Marine nationale ! Ma vision des choses : j'entre dans une école d'ingénieurs, je serai rémunérée, je vais parcourir les mers du monde sur la Jeanne d'Arc, et je défilerai le 14 juillet en uniforme. Je vois ça un peu comme Polytechnique : après tout, les polytechniciens sont des militaires, ils portent un uniforme et ensuite ils poursuivent généralement leur carrière dans des administrations civiles. Mais au dernier moment, je me dis que ce n'est pas la bonne réponse à donner. Les conversations des autres candidats, en attendant notre passage, m'ont mis la puce à l'oreille. Certains veulent être commandos, d'autres pilotes... Je comprends soudain que "je veux voyager et après on verra", ça ne fait pas sérieux. Je parle alors de mon désir de servir le pays, j'évoque le forum des grandes écoles où j'ai été bien acueillie, le souvenir d'un ami de mon oncle qui m'avait parlé de la marine comme d'une grande famille où tout le monde se retrouve régulièrement sur les bateaux au gré des affectations. Soudain, mon regard se porte sur l'affiche qui se trouve derrière les examinateurs; elle représente un hélicoptère de l'aéronautique navale.C'est le déclic:

- Et puis je voudrais devenir pilote d'hélicoptère.

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Ankya 27/04/2011 08:48


Je pense que je vais passer pour celui-ci. Le côté témoignage m'intéresse, mais il me manque le côté "roman", avec la manière de raconter. Mais qui sait, je le lirai peut-être !


akialam 29/04/2011 07:17



c'est toujours le problème des témoignages, certains arrivent à réconter de telle manière que l'on dirait un roman, une aventure extraordinaire, et d'autres sont un peu plus plats malgré
l'intérêt évident du témoignage.



FT 26/04/2011 13:10


Bonjour Akialam! Un livre sur l'Armée française ne pouvait qu'attirer mon attention: ma passion de l'histoire du 1er Empire, et puis une journée à Coëtquidan en classe de terminale, organisée par
mon lycée pour éveiller les vocations, et qui a bien failli décider de la mienne!C'est surtout le parcours d'une femme qui m'intéresse, dans une profession traditionnellement réservée aux hommes,
et qui demande aux femmes perséverence et volonté, comme ce fut les cas dans la magistrature ou en médecine, ou bien encore l'alpinisme ou l'espace il n'y a pas si longtemps !Je vais le mettre sur
ma liste d'attente, déjà bien longue! Bonne journée.


akialam 26/04/2011 19:48



ouh ouh, un presque devenu militaire !


cet ouvrage est, je crois davantage un récit de femme qu'un récit de marin, enfin, je trouve ! Mais je crois qu'à l'heure actuelle, les hommes s'habituent à voir les femmes dans toutes les
professions, et même si de vieux clichés misogynes persistent, j'aime à croire que c'est le plus souvent "un genre" de dur que se donnent les mecs. Enfin, je crois. j'espère.



Luna 26/04/2011 08:41


Il a l'air très chouette !
Merci d'être passée :)


akialam 26/04/2011 19:44



mais de rien ! bonne journée ! :)