Thérèse Desqueyroux ***

Publié le 29 Octobre 2012

therese_-Desqueyroux_tautou_miller.jpgDe Claude Miller

 

 

Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux; mais cette jeune femme aux idées avant‐gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu'on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie...

 

 

 

 

 

 

Dans ce film, il y a la chaleur étouffante du Sud, les lumières intenses du Midi, et des personnages, pris au piège de cette nature omniprésente comme de leurs conventions sociales. Au nom du sacro-saint intérêt familial, toute individualité, toute velléité d'émancipation est impitoyablement écrasée, et tous les personnages, à leur manière, souffrent de cette pression constante.

 

Thérèse seule, dans un sursaut de désespoir, tente de reconquérir sa liberté, quitte, au passage, à faire voler en éclats l'apparente unité de cette famille qui l'étouffe. Mais ni le spectre de l'incendie, ni celui du scandale ne pourront en venir à bout. Si l'honneur et les apparences sont sauves, les fondations familiales sont pourtant ébranlées et Thérèse devient trop encombrante...

 

N'ayant pas lu l'ouvrage de François Mauriac dont est adapté ce film, je ne saurais me prononcer ni sur sa fidélité à l'oeuvre de départ, ni sur la qualité de cette adaptation. Il est cependant clair que la mise en scène très classique de Claude Miller est au diapason du carcan dans lequel vivent les personnages. Peut-être un peu trop, diront certains qui déploreront un manque de naturel parfois palpable. A vrai dire, je l'ai attribué à l'impossibilité dans laquelle sont les personnages d'être naturels, justement, puisqu'ils sont toujours sous le regard scrutateur des autres. Le seul à posséder cette spontanéité est Jean Azzeveddo, que j'ai du coup trouvé plus naturel sans qu'il réussisse à me convaincre vraiment : ses mots étaient trop curieux dans la bouche d'un jeune homme.  Quant à Audrey Tautou, je l'ai trouvée meilleure que jamais dans ce personnage au visage impassible mais bouillonnant à l'intérieur.

 

Un film à la lumière et aux cadres étudiés, à la réalisation classique, qui sait traduire jusque dans sa forme la rigidité morale de ses personnages. Un film qui a donc les défauts de ses qualités.

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vive les bêtises 09/11/2012 15:09

Je me souviens vaguement du roman et revoir Audrey Tautou me donne envie de voir cette adaptation:-)

akialam 09/11/2012 15:24



De mon côté, ça m'a donnée envie de lire le roman. Comme quoi ! :)