Ps: I love you ****

Publié le 28 Juillet 2010

PS I love youDe Cecelia Ahern

aux éditions j'ai lu


 

Quand on trouve l'âme soeur, on croit que le bonheur sera éternel. C'est ce que pensait Holly jusqu'à la mort de Gerry. À trente ans, elle se retrouve seule, sans espoir. Mais Gerry lui réserve une ultime surprise : dix lettres qui forment une liste de choses à accomplir pour réapprendre à vivre. Par-delà la mort, il lui adresse un message d'amour et de courage : elle sera heureuse sans lui, malgré le lien fort qui les unissait. Une comédie romantique, drôle et poignante, qui dépeint la vie telle qu'elle est : belle et triste à la fois.

 

 

 

 

J'avais vu le film qui avait été adapté à partir de cet ouvrage, et savais donc à peu près à quoi m'attendre. Une belle histoire sur un sujet peu abordé: le veuvage prématuré. Holly n'a même pas 30 ans, toute la vie devant elle, encore, mais un avenir qu'elle est incapable d'envisager seule.

 

L'écriture n'est pas fantastique, mais le sujet et le désespoir du personnage principal son très touchants. Ce qui est le plus intéressant, au fond, c'est tout le processus d'acceptation, de deuil et de reconstruction. C'est triste et en même temps très beau que Gerry ait anticipé sa propre mort, l'épreuve que cela représenterait pour Holly de lui survivre si jeune et qu'il ait pris sur lui de la mener à travers sa reconstruction en admettant qu'elle pourrait vivre sans lui. Une belle prise de conscience et preuve d'amour.
 

Holly avait les yeux douloureux d'avoir pleuré toute la nuit. Comme toutes les autres nuits de ces dernières semaines, elle avait sombré sur le matin dans un sommeil entrecoupé. Chaque jour, elle se réveillait vautrée dans une posture inconfortable quelque part dans la maison; aujourd'hui, c'était sur le canapé. Une fois de plus, elle avait été tirée de son sommeil par la sonnerie du téléphone. Ses amis ou des membres de la famille s'inquiétaient à son sujet. Ils devaient croire que qu'elle passait ses journées à dormir. Pourquoi ne téléphonaient-ils pas pendant qu'elle déambulait dans sa maison comme un zombie, cherchant dans les pièces... quoi au juste ? Que s'attendait-elle à trouver.
"Allô", dit-elle d'une voix pâteuse. Elle avit le nez bouché à force de pleurer, mais il y avait longtemps qu'elle ne se souciait plus de faire bonne figure devant qui que ce soit. Son meilleur ami était parti et personne ne comprenait que ce n'étaits ni en ce maquillant, ni en prenant l'air, ni en faisant les courses qu'elle comblerait le gouffre qu'elle avait dans le coeur.
"Oh, pardon ma chérie! Je t'ai réveillée ?" Au bout du fil, la voix inquiète de sa mère. Toujours la même chanson.
Tous les matins, sa mère l'appelait pour voir si elle avait survécu à sa nuit solitaire. Elle avait toujours peur de la réveiller, mais était toujours soulagée de l'entendre respirer. Rassurée de savoir que sa fille avait réussi à braver les fantômes de la nuit.
"Non, je somnolais seulement." Toujours la même réponse.
"Ton père est sorti avec Declan et je pensais toi ma chérie"
Pourquoi cette voix gentille et apaisante lui faisait-elle toujours monter les larmes aux yeux ? Holly imaginait le visage soucieux de sa mère, ses sourcils froncés, son front plissé par l'inquiétude. Mais elle ne fut pas réconfortée pour autant, au contraire. Ce coup de fil lui rappela pourquoi sa famille s'inquiétait, alors que cela n'aurait pas eu lieu d'être. Tout aurait dû être normal. Gerry aurait dû se trouver là, à ses côtés, en train de lever les yeux au ciel et d'essayer de la faire rire pendant que sa mère lui tenait la jambe. Combien de fois ne lui avait-elle pas tendu l'appareil pour qu'il la remplace pendant qu'elle avait une crise de fou rire. Il continuait la conversation comme si de rien n'était, ignorant Holly qui improvisait une danse de Sioux autour du lit en faisant ses grimaces les plus débiles et ses mimiques les plus cocasses pour attirer son attention. ce sui marchait rarement. Elle émit des bruits polis pendant la conversation sans écouter un seul mot.
"Il fait un temps superbe, Holly. Cela te ferait un bien fou d'aller te promener, de prendre un peu l'air.
- Mmmm. Sans doute" Et allez donc. L'air pur, la réponse à tous ses problèmes.
"Veux-tu que je te rappelle plus tard, pour qu'on puisse bavarder un peu ?"
- Non merci, maman, ça va très bien."
Silence.
"Bon, bon. Eh bien, téléphone-moi si tu changes d'avis. Je suis libre toute la journée.
- D'accord."
Un autre silence.
"merci quand même.
-Eh bien, je te laisse... Fais bien attention à toi ma chérie.
- Oui, oui."
Holly s'apprêtait à reposer l'appareil, lorsqu'elle entendit à nouveau la voix de sa mère :
"Oh, Holly, j'allais oublier. Cette enveloppe est toujours là, tu sais. Sur la table de la cuisine. Il faudrait que tu la prennes. Elle t'attend depuis des semaines. C'est peut-être quelque chose d'important.
- ça m'étonnerait. Ce doit être encore un mot de condoléances.
- Non, je ne crois pas, ma petite fille. Elle t'es adressée, et il y a quelque chose de marqué au dessus de ton nom... Attends voir, je vais la chercher dans la cuisine..."
Elle reposa le téléphone et on entendit le bruit de ses talons s'éloigner sur le carrelage, des pieds de chaises raclèrent le sol, des pas se rapprochèrent...
"Tu es toujours là ?

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