Possessions ***

Publié le 1 Mars 2012

possessions_guirado.jpgD'Eric Guirado

 

 

Originaires du nord de la France, désireux d'améliorer leur train de vie, Marilyne et Bruno Caron arrivent dans un village de montagne avec leur petite fille. Le chalet qu'ils ont loué à Patrick Castang, promoteur et propriétaire de nombreuses habitations dans la région, est encore en travaux. Castang les loge provisoirement dans un autre chalet de grand standing, et engage Marilyne comme femme de ménage. Considérés par la famille Castang comme des amis, les Caron exultent, puis déchantent. Ils doivent déménager plusieurs fois, ont le sentiment d'être humiliés par ce couple dont ils envient le luxe arrogant. Leur amertume, alimentée par la jalousie, l'envie et la frustration, se transforme en haine.

 

 

Le film commence comme une bouffée d'air frais : la famille, heureuse, part s'installer à la montagne. Le rêve d'une nouvelle vie, Le rêve d'une vie meilleure. Entourés de maisons cossues, de familles aisées et de luxe, ils se sentent très vite mal à l'aise, floués, frustrés de ces choses qu'ils n'ont pas les moyens de s'offrir et auxquelles ils estiment avoir droit, comme tout le monde autour d'eux. Ils se sentent humiliés, méprisés, et impuissants. Ces sentiments les rongent, peu à peu. Jusqu'au drame. 

 

Au delà du fait divers dont il tire son inspiration, ce film a donc pour thème central l'envie, mais également la haine qui peut surgir des inégalités financières et sociales. Ces éléments sont tout entiers résumés par l'un des personnages : "quand t'es pauvre et que t'habites chez les riches, et ben ça porte malheur"

 

La tension va crescendo et l'ambiance est sombre, pesante. Le couple formé par Jérémie Renier et Julie Depardieu, plutôt inattendu au départ, se révèle redoutable d'efficacité, à fleur de peau. Mais la vraie intelligence de ce film, c'est de porter un regard sans jugement sur tous ses personnages en dépouillant son film de tout manichéisme, chose pourtant compliquée au vu du sujet. Il ne justifie en rien les actes des uns ou des autres, mais montre l'évolution des personnages, rendant compréhensibles leurs choix et leurs sentiments.

 

Un film sombre, très réussi, étouffant, presque. Une réflexion sur la soif de possession qui dévore certains hommes et sur une société de consommation qui finit par les détruire.

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