Polisse ****

Publié le 13 Janvier 2012

Polisse.jpgDe Maïwenn

 

Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l'on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c'est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec...

Comment ces flics parviennent-ils à trouver l'équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l'écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l'intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

 

 

C'est grâce aux différentes semaines organisées en ce début d'année pour permettre aux spectateurs de revoir les films marquants de 2011 que j'ai pu profiter de voir ce film, à côté duquel j'étais passée en octobre, faute de temps.

 

C'est déjà un sujet délicat que de traiter de crimes et délits sexuels, de maltraitances, d'exploitation, mais cela l'est encore davantage lorsqu'il s'agit d'enfants. La réalisatrice, également scénariste du film, arrive à évoquer ce sujet bouleversant au travers du prisme des policiers chargés d'enquêter sur ces faits. Elle montre la diversité des cas que traite cette brigade, quitte à s'appuyer sur certains clichés, au fond sans importance. Elle montre des hommes et des femmes engagés, parfois idéalistes, mais conscients ue, parfois, faute de mieux, il faut faire "à moindre mal" et au cas par cas. Ils ont également une vie personnelle, avec leurs tracas, leurs blessures, leurs failles, et ces deux vies ne sont pas étanches. C'est cette relation vie privée/professionnelle qui fait tout l'intérêt du film.

 

Le seul reproche que je pourrais faire est lié au personnage de la photographe interprétée par la réalisatrice elle-même. Je comprends qu'elle représente le spectateur extérieur s'immisçant dans un milieu particulier, mais je n'ai pas compris l'intérêt de son histoire avec le policier incarné par Joe Starr et ses relations avec le père de ses enfants.  Je n'ai absolument pas vu ce que cela apportait au sujet du film. 

 

Cela étant, la réalisation est excellente, et les personnages tous magistralement interprétés. Karin Viard et Marina Foïs sont parfaites, comme d'habitude. Quant à Joe Starr, honnêtement, je n'aurais pas parié un kopeck sur lui. Et pourtant, il est vraiment très bon dans le rôle du policier un peu "brut de fonderie", parfois maladroit dans son rapport aux gens et maladroit à exprimer ce qu'il ressent, mais avec un coeur immense.

 

Un film parfois très dur, mais profondément humain.

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LN 16/01/2012 23:38

C'est marrant je viens justement de voir ce film aussi et je pense exactement comme toi concernant la photographe et Joey Starr. Mais quel film!

akialam 17/01/2012 11:45



Ah ça ! Quel film, tout à fait !



Choupynette 16/01/2012 10:45

comme toi j'ai trouvé le personnage de Maïwenn superflu, il n'apporte pas grand chose à l'histoire, même avec sa relation avec le personnage de J. Starr (le repas de famille est quand même très
cliché).

akialam 16/01/2012 13:19



Carrément... la seule chose que j'ai trouvée pas mal, c'est quand le personnage de Starr lui dit qu'elle cherche le misérabilisme pour avoir de bonnes photos et qu'elle ne saura pas montrer le
travail qu'ils font... je regrette qu'on n'aie pas vu ses photos sur le générique de fin. Je trouve que ça aurait été intéressant de voir comment elle aurait pu capter l'ambiance de certaines
scènes rien qu'en un cliché.



FT 15/01/2012 15:57

Bonjour Akialam! J'ai beaucoup entendu parler de ce film, mais je dois reconnaître que j'ai eu du mal à aller le voir, tant ce sujet me touche et m'angoisse réellement surtout depuis que j'ai des
gosses! Je connais bien pour l'avoir beaucoup fréquenté l'univers des hôpitaux pour enfants, et les services des maladies graves où la détresse des petits est vraiment difficile à assumer, et ma
femme et moi on se disait toujours qu'il y a pire, justement cet univers judiciaire touchant les enfants, et tous ceux qui portent la main sur eux. Je suis heureux d'avoir pu trouver un article sur
ce film sur ton blog, car ton regard humanise toujours les sujets, même difficiles, mais malgré tout je crois que j'aurai du mal à me confronter avec cette histoire. A chacun ses failles. Bon
dimanche Akialam et profite de ce beau soleil!

akialam 15/01/2012 20:18



Le film est dur, mais très pudique dans ce qui est montré, le reste n'est que dans les mots des adultes. Pourtant, je suis assez sensible, mais j'avoue que ce film ne m'a pas semblé
insupportable, sinon dans l'attitude des délinquants/criminels.



Rémy 15/01/2012 14:38

Comme je n'ai pas vu le film, le minimum serait normalement que je m'abstienne de tout commentaire.
Beaucoup m'ont dit l'avoir trouvé bon, voire très bon.
Cela n'a rien à voir, mais m'irrite profondément : la perversion intellectuelle de donner le rôle d'un flic de fiction à ce vrai délinquant multirécidiviste...
De là à ce que ce rôle, comme je l'ai entendu suggérer, le "rachète" de ses fautes ! Notre société, au moins celle qui fait l'information, n'a plus d'anticorps...

akialam 15/01/2012 15:37



Je juge la performance d'acteur, pas l'homme derrière,


même s'il est vrai que le cinéma a une force de suggestion si grande qu'elle rejaillit forcément, en capital sympathie dans ce cas, sur l'acteur.