Mythes et idéologie du cinéma américain ***

Publié le 16 Mai 2012

Mythes ideologie cinema americain atkinDe Laurent Aknin,

aux éditions Vendémiaire

 

Aperçu sur un blog il y a quelques semaines, ce livre m'a immédiatement attiré : est-ce la notion de mythe alliée au septième art ? Est-ce la photo de l'excellent Batman de Nolan en couverture? Toujours est-il que j'ai couru l'acheter.

 

Ce livre s'intéresse aux genres cinématographiques que l'auteur regroupe sous le terme de "fantasy". Usant de sa définition la plus large, il y place aussi bien la Science-fiction que les films de super-héros, les histoires d'extraterrestres, le néo-péplum ou le torture porn.

 

La répartition entre ces différents genres (ou sous-genres) constitue la structure même de l'ouvrage. Au sein de ces divisions, certains films emblématiques sont décortiqués : thèmes, symbolique, scénario, résultats. Néanmoins, j'avoue être parfois restée sur ma faim, trouvant que certains aspects étaient trop survolés voire que l'auteur enfonçait des portes ouvertes. J'aurais voulu en savoir encore plus.

 

L'ensemble s'avère cependant tout particulièrement intéressant lorsque l'auteur met en lumière les conséquences du traumatisme du 11 septembre sur la production cinématographique, mais également sur les comportements des spectateurs. Ainsi, des films du même genre sortis avant et après les attentats, connaîtront des fortunes différentes.

 

En somme, cet ouvrage s'avère être un bon moyen d'aborder le sujet du cinéma américain moderne à travers les traumatismes de la société dont il est issu, ses échecs, ses succès, et une analyse fort intéressante quoique trop succincte à mon goût. Les plus curieux ne s'en contenteront pas.

 

 

Sixième ouvrage du challenge

 

challenge petit bac 2012

 

 

 

 

 

dans la catégorie LOISIRS

 

X-men, le commencement, dernier film à ce jour de la saga, en 2011, va plus loin encore dans cette perspective uchronique. Là encore, tout commence avec la Seconde Guerre mondiale et ce moment clé où le futur Magneto, confronté à la pire des barbaries dans le camp de concentration où il est déporté avec sa famille, fait l'apprentissage de sa force surnaturelle. Cette référence continue au second conflit mondial est à l'évidence l'une des constantes les plus importantes de cette période. A la suite de Steven Spielberg , qui, alors que les autres représentants du "Nouvel Hollywood" s'intéressaient au Vietnam, a promu cette guerre comme événement fondateur (en traitant de la Shoah, puis en racontant le destin d'un groupe de soldats lors du débarquement en Normandie avec Il faut sauver le soldat Ryan, en 1998), rejoint par Clint Eastwood qui, de manière plus critique, s'intéressera également à la "fabrique du mythe" (Mémoires de nos pères, 2006), c'est bien en tant que référent mythologique que le cinéma de fantasy, au sens large, va l'utiliser à son tour : rappels visuels de la Shoah dans La guerre des mondes, du même Spielberg, mais aussi origines de Magneto, des Watchmen ou de Captain America... Double avantage : la Seconde Guerre mondiale représente à la fois un conflit juste (le 11 septembre a été maintes fois comparé à Pearl Harbor, et le parallèle entre nazisme et terrorisme est explicite chez Spielberg) et une guerre gagnée - tout ce que n'était pas le Vietnam, qui disparaît alors totalement du paysage cinématographique.

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FT 03/07/2012 13:48

Bonjour Akialam! La couverture est effectivement très belle! Le cinéma américain a de tout temps été je dirais un outil de propagande de la civilisation américaine et un faire valoir du mythe et de
l'idéologie U.S., les super-héros n'étant que l'allégorie de l'Amérique. Mais cet ouvrage m'interesse, comme la conversation que j'ai eu il y a peu de temps avec un ami à propos du" Selection du
Reader's Digest", que tu connais probablement, et qui est un vrai outil de diffusion du mode de vie américain! Un livre de plus sur ma liste pour cet été! Belle journée pour toi Akialam!

akialam 03/07/2012 16:55



Le cinéma a un pouvoir de suggestion si fort qu'il est bien souvent le meilleur vecteur d'idées ! Quant au Reader's Digest, je ne connais pas bien, à vrai dire...