Marie Tudor, La Esmeralda, Angelo ***

Publié le 4 Juin 2010

marie tudorDe Victor Hugo

 

Marie Tudor ***

 

À Londres, en 1553, Simon Renard, bailli d’Amont en Franche-Comté, bras droit de l’empereur Charles Quint, représentant du prince d'Espagne qui désire épouser la reine Marie Tudor, partage l’indignation et le courroux de nobles anglais devant les relations qu'elle entretient avec son favori, l’Italien Fabiano Fabiani qu’elle a élevé au rang de lord Clanbrassil. Renard, qui a déjà éliminé trois favoris de la reine, a des plans pour abattre ce parvenu devenu l'homme le plus détesté de Londres...

 

 

Un drame comme ceux que faisait Hugo, qui prend cette fois-ci pour personnage "Marie la sanglante". Les rebondissements sont bien présents, des larmes, des rires, l'amour et la mort. Pourtant, j'avoue n'avoir pas franchement accroché à cette pièce. Sans doute faudrait-il que j'en voie une belle mise en scène pour qu'elle me plaise ? Le personnage de Jane, tout particulièrement, m'a déplu sans que je sache expliquer pourquoi.

 

 

 

La Esmeralda **

 

La gitane Esmeralda attire tous les regards, dans le Paris de 1482.

 

Allons, avouons-le, un livret d'Opéra n'est pas fait pour être lu. C'est souvent niais, insipide, et n'a de valeur que dans la musique qu'il accompagne et le talent des interprètes. Aussi ce livret ne m'a t'il pas plu, surtout qu'il est sensiblement différent de l'histoire de son roman. Les personnages sont les mêmes, mais la fin est différente. Je m'interroge : quel est l'interêt de faire une histoire différente, avec les mêmes personnages? (désolée Victor)

 

 

 

Angelo, tyran de Padoue ****

 

Tout est calme à Padoue en cette journée de 1549. Angelo, le podestat, règne sur la ville. Sa femme, Catarina, se tient dans sa chambre, enfermée par ses soins.
Angelo, lui, donne une soirée en l'honneur de sa maîtresse, La Tisbe, célèbre comédienne du moment. Mais, sans se conbnaître, ces deux femmes, Catarina et La Tisbe, aiment en secret le même homme : Rodolfo. Tout est alors en place pour le drame. Angelo, informé par un espion que sa femme a un amant, la condamne à mort.

 

 

La meilleure des trois oeuvres de ce recueil, selon moi. Le destin de deux femmes passionnées... la femme, la maîtresse, le mari, l'amant. Quand les personnages s'entrecroisent, que les jalousies et les enjeux de pouvoir s'en mêlent, on a un drame romantique poignant. Les personnages, surtout ceux des femmes, sont vraiment forts, c'est beau, c'est tout. Une belle critique des société machistes. Cette pièce n'est pas souvent jouée, mais je pense qu'avec une belle mise en scène, on en ferait pleurer le public !

 

 

Catarina:

Parlons simplement. Tenez, il n'est pas question des Bragadini, vous êtes infâme. Ainsi vous venez froidement, là, avec le poison dans les mains ! Coupable ? Non, je ne le suis pas. Pas comme vous le croyez, du moins. Mais je ne descendrai pas à me justifier. Et puis, comme vous mentez toujours, vous ne me croiriez pas. Tenez, vraiment, je vous méprise ! Vous m'avez épousée parce que j'étais riche, parce que ma famille a un droit sur l'eau des citernes de Venise. Vous avez dit : Cela rapporte cent mille ducats par an, prenons cette fille. Et quelle vie ai-je eue avec vous depuis cinq ans ? dites! Vous ne m'aimez pas. Vous êtes jaloux, cependant. Vous me tenez en prison. Vous, vous avez des maîtresses, cela vous est permis. Tout est permis aux hommes. Toujours dur, toujours sombre avec moi. Jamais une bonne parole. Parlant sans cesse de vos pères, des doges qui ont été de votre famille; m'humiliant dans la mienne. Si vous croyez que c'est là ce qui rend une femme heureuse ! Oh! il faut avoir souffert ce que j'ai souffert pour savoir ce que c'est que le sort des femmes. Eh bien, oui, monsieur, j'ai aimé avant de vous connaître un homme que j'aime encore. Vous me tuez pour cela. Si vous avez ce droit-là, il faut convenir que c'est un horrible temps que le nôtre. Ah! vous êtes bien heureux, n'est-ce pas ? d'avoir une lettre, un chiffon de papier, un prétexte! Fort bien. Vous me jugez, vous me condamnez, et vous m'exécutez ! Dans l'ombre. En secret. Par le poison. Vous avez la force. C'est lâche.

Commenter cet article