Magic Mike **

Publié le 15 Août 2012

magic-mike_soderbergh.jpgDe Steven Soderbergh

 

 

Mike a trente ans et multiplie les petits boulots : maçon, fabricant de meubles, etc… Il se rêve entrepreneur. Il est surtout strip-teaseur. Chaque soir, sur scène, dans un club de Floride, il devient Magic Mike. Lorsqu'il croise Adam, il se retrouve en lui, l'intègre au club et décide d'en faire le Kid. Mais le Kid a une soeur, qui n'est pas prête à trouver Mike irrésistible…

 

 

 

 

 

Connaissez-vous les himbos ? Il s'agit du pendant masculin de la bimbo, un être à la plastique ravageuse avec le QI d'une huître. L'égalité des sexes, elle est là ! Nous aussi avons droit aux hommes objets. Répétez avec moi les filles: oui au pec' saillant et à la fesse rebondie !

 

Tout au long de la première partie du film, on plonge dans l'univers débridé de ces strip-teaseurs : les soirées, l'alcool, les feux de la rampe : les femmes se les arrachent, les mâles se pavanent. On est dans l'euphorie totale, d'autant que l'ensemble est, cerise sur le gâteau, plutôt drôle. Bref, si on a bien compris que Mike se veut entrepreneur, mais qu'il n'ose pas vraiment dire quel est véritable son gagne-pain, honnêtement, à ce niveau-là de l'histoire, on s'en moque complètement.  

 

Le problème, c'est qu'à mi-course, le film tente de prendre un air plus sérieux, de façon plutôt maladroite. Le jeune premier touche à la drogue, se met dans de sales draps et le quasi trentenaire Mike commence à se sentir vieillir, à l'image de son pathéthique et narcissique patron. Le scénario lorgne alors du côté du cinéma indépendant américain, amorçant un virage aussi radical qu'ennuyeux. Comprenez-moi bien, j'ai beaucoup d'estime pour le cinéma indépendant, mais simplement ce changement est quelque peu incongru dans le film qui nous occupe.

 

A trop vouloir mélanger les genres, Soderbergh signe un film bancal, dont il aurait pu tirer le meilleur de deux manières différentes, simplement s'il avait choisi l'une ou l'autre des pistes qui s'offraient à lui. D'un côté, il aurait pu faire un film divertissant et décomplexé, reposant uniquement sur la plastique de rêve de ses acteurs. Certes, pas forcément l'option la plus noble, mais en toute honnêteté, sans doute la plus réjouissante. L'autre possibilité était de faire un film plus dramatique, en s'appuyant sur la psychologie de ces jeunes gens aveuglés par les projecteurs et l'argent facile, et sur une approche plus fine des relations hommes-femmes, faussées par la scènes, ou l'incapacité de ces stripteasers à se réaliser émotionellement. Bref, ça aurait pu.

 

En définitive, un film qui a tenté de donner à ses himbos un brin de cervelle. On ne lui en demandait pas tant, d'autant que c'est loupé...

 

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Petite Fleur 09/09/2012 15:26

J'ai ressenti le malaise dès la première scène où le Kid fait ses débuts. Mais oui, tu as raison, la frangine est mal à l'aise. Et ça fait terriblement écho à ce que j'ai ressenti sur la première
scène : un mélange de fascination et de répulsion + le fait de se rendre compte (même si on le sait) que les femmes ne sont pas mieux que les hommes pour considérer l'autre sexe comme un bout de
viande.

akialam 11/09/2012 14:41



moi je trouve qu'ils mettent du coup à bas toute une part de pression sociale comme quoi les femmes seraient plus sentimentales, en même temps, je comprends cette gène, mais pour moi elle venait
surtout de l'idée que même les strippers reprenaient les codes du mâle dominant et possesseur...



Petite Fleur 03/09/2012 22:51

Marrant, moi j'ai plutôt trouvé que ce film n'était pas si raté. Dès le début et la première scène de strip, on sent un vrai malaise et on voit que les femmes ne sont pas mieux que les hommes. J'ai
trouvé cela assez désagréable en tant que femme et ça m'a fait réfléchir. Après, cela reste une comédie.

akialam 07/09/2012 23:56



En fait il y a malaise surtout du point de vue de la frangine, non ?