Lincoln ***

Publié le 8 Février 2013

LINCOLN-Affiche.jpgDe Steven Spielberg

 

Les derniers mois tumultueux  du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en oeuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Voici un film difficile à chroniquer. Peut-être parce qu'il est difficile de l'étiqueter facilement. Il est assez contemplatif pour ressembler à un film d'auteur, mais le thème abordé est pourtant celui d'un film grand public avec un regard très convenu sur la légende Lincoln.

 

 A vrai dire, je m'attendais, comme souvent lorsqu'on s'attaque à un personnage auréolé de tant de gloire, à davantage de nuance, à découvrir la face plus humaine de Lincoln et non pas sa face historique. En définitive, on y découvre une vision très lisse du personnage, car il serait bien entendu moralement inimaginable d'écorner, même à la marge, l'image de celui qui a aboli l'esclavage aux Etats-Unis... On ne cache pas les moyens illégaux employés (offre de postes, notamment) afin de garantir le vote du 13e amendement, mais tout cela sonne comme quelque chose sans gravité, la fin justifiant les moyens, en somme ( bien que dans ce cas précis, je dois avouer que je suis plutôt d'accord avec cet adage). Ce film n'est donc, selon moi, ni vraiment mauvais, ni vraiment excellent, mais beaucoup trop lisse et dix fois trop bavard. Le jeu des acteurs est bon, et ils sont, à mon sens, les seuls à mériter vraiment que l'on s'y attarde.

 

Spielberg signe ici un film tout public, à valeur quasi éducative, pas aussi grandiloquent qu'on aurait pu le craindre, mais sacrifiant sur l'autel de la légende toute profondeur des personnages. Accessible à tout âge, certes, ce qui devrait me ravir. Cependant, je ne suis pas sans penser qu'on aurait pu garder cette accessibilité tout en donnant à ce Lincoln bien plus de relief que cette vision d'Epinal sans grand intérêt émotionnel ou artistique.

 

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