secrets-paris-clémentine-portier-kaltenbachDe Clémentine Portier-Kaltenbach

aux éditions Vuibert

Lever le nez et découvrir que Notre-Dame possède une girouette à laquelle on n’avait jamais prêté attention est amusant, mais auriez-vous seulement une idée de ce qu’elle contient ?
Saviez-vous que le papyrus en Égypte, décimé par une maladie, a été réimplanté à partir d’un plan conservé dans les serres du Jardin du Luxembourg depuis le XIXe siècle ?
Où trouver les restes du palais des Tuileries, détruit par un incendie sous la Commune ?
Savez-vous qu’il existe toujours une des cloches qui sonnèrent à la volée le jour du massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572 ?

 

 

Paris est une ville fascinante car on y découvre sans cesse des coins inconnus ou des anecdotes historiques nouvelles. Ce livre en est une illustration intéressante : sous la forme de petits chapitres au titre parfois humoristique, l'auteur nous entraîne dans Paris à la découverte de l'histoire vue par le petit bout de la lorgnette. Mais ce n'est qu'un point de départ car certains évènements a priori anodins s'insèrent dans un contexte que l'auteur nous explique en même temps qu'il nous révèle les conséquences de tel ou tel fait. 

Ainsi, vous découvrirez le lien qu'il peut y avoir entre un cochon parisien et la guerre de Cent ans, ou le récit de la soirée arrosée qui a bien failli voir disparaître ensemble quelques-uns des plus grands artistes du XVIIe siècle.

Etant curieuse par nature, mais également assez friande de ce genre d'anecdotes (vous savez, de celles que l'on peut raconter au détour d'une promenade pour épater la galerie), j'ai donc découvert ce livre avec plaisir. Le format court des textes offre cet avantage d'être assez léger dans sa structure, chose toujours appréciable lorsqu'un ouvrage foisonne d'informations comme c'est le cas ici. Je connaissais déjà un certain nombre d'anecdotes ici citées mais il y en a tellement que ce n'est guère étonnant. En revanche, j'achève la lecture de cet ouvrage avec quantité de nouvelles histoires à partager et de nouvelles adresses à passer voir, comme par exemple cette cour où fut entreposé le carrosse qui a transporté Marie-Antoinette et Louis XVI lors de leur tentative de fuite avortée.

Pour ceux qui aiment ce genre d'ouvrage, celui-ci est vraiment un régal !

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

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Point cardinal :

Jusqu'au début du XVIIIe siècle, l'échelle de justice devant laquelle tout condamné à mort devait faire amende honorable avant d'être exécuté se trouvait au pied de Notre-Dame. Tenant en mains un gros cierge de cire jaune et portant autour du cou un écriteau indiquant la nature de son crime, le condamné devait s'agenouiller et imporer l'absolution de ses péchés.

Ensuite, il était hissé sur l'échelle où il se faisait canarder d'ordures et d'oeufs pourris mis gracieusement à la disposition des spectateurs! Après cette humiliation publique, le prisonnier était décroché et mené jusqu'au lieu de son supplice. A ce stade, une grâce providentielle était encore possible quoique rarissime : en effet, tandis que dans la Rome antique tout condamné allant au supplice était gracié s'il rencontrait en chemin six vestales, à Paris, il "suffisait" de croiser un cardinal affirmant qu'il s'était trouvé là par hasard. C'est ce qui advint en 1309 : le cardinal Eusèbe traversant la rue Aubry-le-boucher croisa un criminel que l'on menait au gibet de Montfaucon, ce qui provoqua sa grâce. Un cabaretier de la rue Saint-Martin en fut si enchanté qu'il fit peindre un chapeau de cardinal comme enseigne. Celle-ci n'a disparu qu'en 1910. Quant à l'échelle, elle fut remplacée en 1766 par un carcan à partie duquel on calcula toutes les distances entre la province et Paris ! Le point zéro était né !

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