piliers-de-la-terre.jpgDe Ken Follett

 

Dans l’Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

 



Un pavé ! C'est tout d'abord ce que je me suis dit lorsque j'ai reçu ce livre en cadeau avec le dvd. Les livres épais ne m'ont jamais fait peur, simplement ayant du mal à trouver des créneaux "lecture",  je me doutais qu'il me faudrait pas mal de temps pour en venir à bout. Mais fidèle à l'idée qui veut que je préfère lire l'oeuvre originale avant d'en voir l'adaptation, je me suis lancée dans l'ouvrage!

 

Le livre marque le lecteur par son étonnante capacité à créer une reconstitution très complète de la vie médiévale anglaise au 12e siècle. Bien que la ville de Kingsbridge soit fictive, le récit n'a rien d'artificiel, bien au contraire. Sa grande force, c'est d'allier dynamisme, personnages attachants et un certain suspense qui permettent de tenir éveillée l'attention du lecteur malgré ses 1050 pages. Mais le grand atout de ce livre, c'est incontestablement sa remarquable précision historique. Tous les détails sont extrêmement fouillés mais ne se superposent pas à l'action. Au contraire, ils sont si finement intégrés à la vie quotidienne des personnages, au décor, qu'ils paraissent presque sans importance. Mais c'est cet enchevêtrement qui rend crédible l'ensemble de l'histoire sur la longueur : justice, église, traditions, vêtements, cuisine, hygiène, contexte historique, artistique, méthodes de construction, tout cela apparaît pour planter le décor avec une redoutable efficacité. Un vrai roman historique comme on les aime !

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

 

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Ce fut alors que le prisonnier se mit à chanter, d'une voix haute de ténor, très pure. Les paroles étaient en français, mais même ceux qui ne comprenaient pas la langue devinaient à sa plaintive mélodie qu'il s'agissait d'un chant de tristesse et d'adieu :

Une alouette, prise au filet d'un chasseur
Chantait alors plus doucement que jamais
Comme si les doux accents jaillis de son coeur
Pouvaient libérer l'aile du filet?

En chantant, il regardait, droit dans les yeux, quelqu'un au milieu de la foule. Le vide peu à peu se fit autour de la personne qu'il fixait et chacun put la voir. Comment ne l'avait-on pas remarquée plus tôt?
C'était une fille d'une quinzaine d'années, aux longs cheveux d'un brun sombre, drus et beaux, qui formaient une pointe sur son large front - ce qu'on appelait la pointe du diable. Elle avait des traits réguliers et une bouche sensuelle aux lèvres pleines. Les vieilles femmes notèrent sa taille épaisse et ses seins lourds, comprirent qu'elle était enceinte et supposèrent que le condamné était le père de son enfant à naître. Mais on vit surtout ses yeux, des yeux au regard intense, enfoncés dans leurs orbites, d'une stupéfiante couleur dorée, si lumineux et si pénétrants qu'on avait le sentiment qu'elle voyait jusqu'au fond de votre coeur. Aussitôt on détournait le regard, redoutant qu'elle découvrît vos secrets. Elle était en haillons et des larmes ruisselaient sur ses douces joues.

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