La Favorite ****

Publié le 9 Février 2013

Affiche-La-Favorite.jpgDe Gaetano Donizetti

Au théâtre des Champs-Elysées

Direction musicale : Paolo Arrivabeni 

Mise en scène : Valérie Nègre

 

 

 

Distribution

Alice Coote : Leonor di Gusmán 
Marc Laho : Fernand
Ludovic Tézier : Alphonse XI
Carlo Colombara : Balthazar
Loïc Felix : Don Gaspar
Judith Gauthier : Inès

 

 

 

Voici la quatrième oeuvre de Gaetano Donizetti que je découvre, après La Fille du régiment, Maria Stuarda et l'Elisir d'amore. A ce niveau-là de l'histoire, je crois pouvoir affirmer le plus sérieusement du monde qu'il fait partie des compositeurs dont j'apprécie le travail.

 

J'ai une mauvaise habitude : celle de ne pas me renseigner trop lorsque je vais voir un opéra (ou que je l'emprunte). Cela m'attirerait les foudres bienveillantes de l'un de mes professeurs de chant qui estime, sans doute à raison, que ne pas se documenter sur un opéra et ses airs majeurs frôle l'hérésie. Néanmoins, je tiens à profiter encore un peu de mon inculture pour écouter des oeuvres qui me sont inconnues d'une oreille neuve et néophyte et découvrir l'histoire sans en connaître l'issue. Il sera bien temps ensuite de rentrer dans le détail.

 

Cette Favorite-là était placée sous les meilleurs auspices, et sous le lustre délicieusement art déco du théâtre des champs Elysées. Si au départ les prestation de Marc Laho et Alice Coote m'ont paru tout à fait honorables, cette première impression a d'un coup été complètement soufflée à l'entrée sur scène de Ludovic Tézier, qui a d'emblée occupé tout l'espace avec un "Jardins de l'Alcazar" très émouvant. En un instant, on n'a plus vu que lui.  Il m'a ensuite été impossible de ne pas porter une oreille plus critique sur les deux rôles principaux. Non qu'ils aient été mauvais (je ne me permettrais pas ce jugement qui n'aurait de toutes façons aucune valeur légitime), mais plutôt qu'ils donnaient l'impression de ne pas faire le poids. Ce déséquilibre s'est cependant brisé à quelques reprises, donnant lieu à de vrais beaux moments.

 

Côté argument, j'avoue avoir eu un peu de mal à croire à cette histoire où les personnages s'autodétruisent pour des questions d'honneur alors qu'ils pourraient vivre heureux. J'imagine que certaines histoires survivent mieux que d'autres aux changements de mentalités.

 

La mise en scène, aux décors modernes et épurés, peuplée cependant de costumes classiques n'est pas pour me déplaire, d'autant qu'elle matérialise souvent la psychologie des personnages sans lourdeur. En somme, un spectacle fort agréable, perturbé par un déséquilibre qui lui a ôté d'emblée toute possibilité d'être exceptionnel. 

 

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