Garden of love ****

Publié le 29 Juin 2010

garden-of-loveDe Marcus Malte

Aux éditions Zulma

 

 

Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.

 

 

 

Un roman construit à la manière d'un puzzle, déconcertant pour le lecteur, au point que je me suis demandée pendant quatre ou cinq chapitres, si cet ouvrage n'était pas plutôt un recueil de nouvelles. Puis, peu à peu, d'abord confusément puis de façon de plus en plus nette, les pièces s'assemblent pour arriver à la fin, limpide.Si j'ai craint un moment un "twist final" tiré par les cheveux qui aurait tout gâché, je me suis rendue compte que dès la moitié de l'ouvrage, la solution du problème avait été donnée. La suite n'est donc qu'une remise en place de tous les éléments.

 

Ce processus a été très perturbant pour moi, qui avais du mal à dissocier les différentes histoires et les noms de leur protagonistes, d'autant que certains se retrouvent d'un chapitre à l'autre. C'est quasiment pervers comme construction. Et pourtant, l'écriture nous porte, nous emporte, devrais-je dire, par sa poésie, car tout, même les actes les plus brutaux trouvent, à travers les mots, une énergie douce et belle. Très troublant. Une sorte de manipulation nous fait voir les choses les plus glauques sous un jour quasiment beau. A découvrir absolument, ne serait-ce que pour la curiosité.
 

Quand j'ai refermé le dossier et relevé la tête, je me suis aperçu qu'Edouard Dayms ne m'accordait aucune attention. Il était en train d'observer un petit cadre posé dans l'angle de mon bureau. Le cadre avec la fameuse photo de Noël où l'on voit Hélène, boucles bleues aux oreilles, et les deux anges habillés en costume de shérif. Edouard Dayms fixait cette photo avec une incroyable intensité. Je suppose qu'il était déjà parti explorer l'envers du décor, au-delà des apparences, le hors-champ où fleurissent blessures et secrets. C'est là qu'il a tout pris.
Je ne me suis pas méfié. J'ai moi-même profité de cet instant pour étudier son visage. Edouard Dayms était d'une grande et froide beauté -quand je dis ça, je pense à un somptueux paysage de neige, vierge de toute trace d'humanité- si ce n'était cette fine entaille au-dessus du sourcil. J'ai eu également la certitude que, contrairement à Florence, lui ne faisait pas usage de stupéfiants. Et en effet, son "trip" était d'un autre ordre, autrement plus puissant.
Le silence avait assez duré. J'allais le rompre quand Edouard Dayms m'a devancé.
- Ils n'auront pas eu le temps d'attraper beaucoup de bandits, n'est-ce pas.
Ce sont les premiers mots qu'il m'ait dits. Pas une question, en vérité. Juste le ton qu'il fallait. Il fixait toujours le cadre. Ma bouche est restée entrouverte. Je n'étais pas sûr d'avoir saisi.
-Les petits shérifs...il a précisé. Quel âge avaient-ils ?

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Michel 14/07/2010 20:19


Comme toi je n'ai pas aimé le style et les retours en arrières de ce livre
je suis passé complètement à côté


akialam 15/07/2010 07:29



Ben il se trouve que moi j'ai plutôt apprécié le côté destructuré, même s'il est très perturbant. Mais je pense que ce n'est pas un livre "facile", et qu'il doit être adoré autant que détesté, au
final!