Edvard Munch ou l'anti "cri" ****

Publié le 1 Août 2010

edvard-munchPinacothèque de Paris

19 février - 8 août 2010

 


J'avoue, au départ, je n'étais pas très emballée par l'idée d'aller voir cette exposition. Mais lorsque sirop de kinder m'a proposée de l'accompagner, je n'ai pas pu résister à la tentation de voir une expo, même si celle-ci ne me disait pas vraiment. C'est quasi pathologique.


Cette exposition a été un vrai choc. Il faut admettre qu'au départ, comme de nombreuses personnes, la seule oeuvre que je connaissais d'Edvard Munch était bien entendu Le Cri, que la pinacothèque a justement choisi d'évincer de sa rétrospective afin de mieux faire décourir le reste de l'oeuvre de l'artiste norvégien.


Cette initiative est très heureuse, car on y découvre un Munch aux multiples facettes, innovateur en termes de techniques, travaillant le fusain, la peinture à l'huile, l'acquarelle, la lithographie, parfois pêle-mêle, dans un curieux mélange. En outre, si ces oeuvres sont souvent noires, pessimistes, lugubres presque, certaines possèdent des couleurs qui ne sont pas sans rappeler les artistes fauves. Tant de facettes chez un même artiste étonnent.

Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est justement ces émotions qu'il arrive à provoquer chez l'observateur de l'oeuvre, et particulièrement ses lithographies. Sans doute la technique, sans relief, et la couleur noire majoritaire accentuent-t-elles cette impression de froid qui s'en dégage.Toujours est-il que j'avais pris l'habitude de voir les oeuvres avec le cerveau, si j'ose dire, de les voir comme des compositions intellectuelles et esthétiques, plus vraiment comme des vecteurs d'émotion, en tout cas, jamais aussi fortes. Et si elles sont de toutes sorte, c'est principalement un sentiment de malaise qui a dominé chez moi tout au long de cette visite. Outre une ambiance souvent morbide voire mortifère,ce malaise provient des interprétations souvent pessimistes que l'on peut faire de ses oeuvres où les baisers même semblent inquiétants. Baiser sur les cheveux, par exemple, m'a tout particulièrement choquée, non pas au sens moral, s'entend, mais la façon dont les cheveux de le femme sont colorés et les rayures sur les visages des personnages m'ont évoqué des peaux brûlées par le feu. Imaginez cela en grand format dans une salle peu éclairée, et vous comprendrez peut-être le malaise qui m'a fait détourner les yeux de cette oeuvre.

Cette exposition a donc été un choc pour moi, à plusieurs points de vue, car cela faisait très longtemps qu'un artiste ne m'avait pas touchée à ce point. Ce n'est pas forcément agréable, mais il est difficile de ne pas se dire que l'art de Munch, s'il sait faire remuer des choses en vous, mérite d'être connu. 

 

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LN 03/09/2010 15:03


C'est une très belle exposition que j'avais beaucoup aimée aussi :-)


akialam 04/09/2010 12:33



oui, et si j'ai bien compris aussi, assez exceptionnelle car beaucoup des oeuvres exposées provenaient de collections particulière et ne sont que très rarement exposées au public !