Des ombres dans la rue **

Publié le 1 Novembre 2012

Des ombres dans la rue-susan hillDe Susan Hill

aux éditions Robert Laffont

 

L'inspecteur Simon Serrailler profite de vacances bien méritées à Taransay, petite île sauvage à l'ouest de l'Écosse, après une difficile opération pour le compte du BIVR (Brigade d'intervention volante rapide), quand il est rappelé en urgence à Lafferton par sa supérieure. Deux prostituées ont été retrouvées étranglées, et le temps qu'il revienne, une troisième est portée disparue. S'agit-il de l'oeuvre d'un pervers et de meurtres en série ? Est-on en présence d'un nouveau Jack l'Éventreur ou ces disparitions n'ont-elles rien à voir les unes avec les autres ? Quand, à leur tour, la femme du nouveau doyen de la cathédrale puis une jeune mère de famille qui se rendait à son travail en bicyclette manquent à l'appel, le mystère s'épaissit. Chaque piste mène à une impasse, la police piétine dans ses enquêtes et la population de Lafferton exprime une peur et un mécontentement, croissants, relayés, bien sûr, par les médias. Serrailler se retrouve propulsé au coeur même de l'enquête, lorsque Cate, sa propre soeur, devient la cible du meurtrier...

 

 

 

Décidément, je crois que j'ai un problème avec le genre policier: à de très rares exceptions près, je suis comme hermétique à ses charmes. Cette fois-ci aussi, je n'ai pas réussi à apprécier ce roman. Tant est si bien qu'il a fallu que je me pousse à le finir à marche forcée : tout de même, il me restait deux autres livres à lire dans le mois, et je voyais le temps théorique dévolu à chacun d'eux se réduire comme peau de chagrin à mesure que la lecture de celui-ci s'allongeait.

 

L'histoire tient debout, elle est honorablement ficelée et le profil des personnages est étudié, mais je n'ai ressenti ni suspense, ni ambiance, ce qui est finalement assez dommage pour un livre de ce genre. L'écriture est standard, ni assez  bonne et inventive pour emporter l'ensemble, ni mauvaise à proprement parler. Quant à l'allusion à Jack l'éventreur sur la 4e de couverture et en accroche, elle est franchement usurpée : les prostituées étranglées du roman n'ont franchement rien à voir avec la particulière atrocité de "l'éventreur" (d'ailleurs j'ai tapé son nom sur wikipedia, j'ai été très surprise de trouver dans l'article des photos de certaines victimes après leur assassinat dont la dernière complètement éviscérée...oui, moi aussi ça m'a fait bizarre) 

 

Au final, j'ai surtout eu l'impression d'un roman sans intérêt, pas mauvais, mais franchement ennuyeux.

 

 

Lu dans le cadre du
Capture d’écran 2012-06-09 à 19.08.55

Le pire que tu puisses faire, c'est de courir. Cette recommandation lui vint à l'esprit au moment où, traversant le pont sur le canal elle entendit le bruit des pas derrière elle. "Le pire que tu puisses faire, c'est de courir." Qui avait dit cela, et pourquoi, et était-ce justifié ? Pourquoi ne pas courir? Parce qu'avec tes hauts talons tu risquerais de glisser et de tomber ? Parce que si tu cours, il courra aussi, sauf qu'il risque d'être plus rapide ?

L'autre conseil, c'était : ne te retourne pas. Mais quand Abi arriva de l'autre côté du pont, elle se retourna et grommela brièvement à la vue de celui qui le suivait; elle n'avait plus peur, c'est juste qu'il était la dernière personne qu'elle avait envie de voir. Elle voulait rentrer chez elle. Elle avait presque deux cents livres en poche. Elle n'avait pas besoin de ça.

Commenter cet article

Hélène 11/11/2012 16:32

Ce n'est pas le genre policier le problème mais le choix de Elle... Encore que celui de ce mois "les apparences" est nettement mieux !

akialam 12/11/2012 11:29



Tu crois ? Il me semble que les thématiques sont effectivement orientées en direction d'un lectorat féminin, mais justement, je n'y suis pas plus sensible, c'est bien ça qui m'inquiète...