Dark horse ***

Publié le 28 Août 2012

dark-horse-affiche.jpgDe Todd Solondz

 

 

Abe, la trentaine, s'accroche à son adolescence et notamment à la collection de jouets qui décore sa chambre. Il vit toujours chez ses parents, travaille pour son père qui le considère comme un loser et passe ses soirées à jouer avec sa mère au backgammon. Lorsqu'Abe rencontre Miranda, trentenaire déprimée revenue vivre chez ses parents, il entrevoit la possibilité d'une grande histoire d'amour et parvient à la convaincre de l'épouser. Alors que le couple prépare cette nouvelle vie, Abe est en proie au doute et au manque de confiance en lui qui le minent depuis l'enfance.

 

 

 

Des films sur des loosers trentenaires, il y en a à la pelle, mais celui-ci est un peu différent par le ton très vite adopté. Notre héros peine à gérer le passage à l'âge adulte, et comme le ferait un enfant, rejette toute responsabilité sur les autres et cherchant par ailleurs à être au centre de l'attention. Sa rencontre avec Miranda, dépressive et désespérée va être le déclencheur de son accession à l'âge adulte, mais, déjà trop tard.

 

Ce que j'ai tout particulièrement apprécié dans ce film, c'est la tonalité douce-amère qui le parcourt : l'alternance entre les scènes rêvées et la réalité donne corps à des personnages savoureux, et surtout pondère la noirceur dans laquelle s'enfonce le film par le biais d'un volet onirique qui remplit son office au point de faire douter le spectateur. Tout est si bien emmêlé que l'on n'est pas sûr de la fin de l'histoire. Ou plutôt, on pressent qu'elle est la plus tragique des options qui nous sont proposées, mais on se plaît à se dire qu'au fond, on ne sait pas, car je crains que cette illusion ne serve qu'à rendre la fin plus supportable en y apportant une touche de poésie.

 

Un film plutôt drôle sur la forme tout en étant franchement déprimant sur le fond. Un mélange subtilement dosé pour un film à mi-chemin entre la comédie indépendante et le drame, aux personnages attachants à leur manière, tous à blâmer, tous victimes.

 

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