Catherine de Médicis ***

Publié le 7 Juillet 2011

catherine de medicis jean charles remy editions lausanneDe Jean-Charles Rémy

aux éditions rencontre Lausanne

 

 

Comme le souligne le sous-titre de cet ouvrage, Catherine de Médicis possède  la particularité d'avoir été la mère de trois rois : François II, Charles IX et Henri III. J'en connaissais peu de chose en vérité. J'avais bien en mémoire des portraits d'une austère femme endeuillée, et quelques a priori datant de ma lecture relativement récente de La reine Margot de Dumas,  qui  l'a largement diabolisée.

En lisant cet ouvrage, je me suis rendue compte que je détenais déjà une grande partie des pièces de son histoire, mais qu'elles étaient éparses : je savais qu'Henri II était mort le crâne percé d'une lance en tournoi, je savais qu'il avait pour maîtresse Diane de Poitiers, je connaissais diverses anecdotes liées à leur histoire. Je maîtrisais un peu mieux la partie où Catherine de Médicis endosse le rôle de reine-mère, et voit ses trois fils régner.

Cependant, je n'avais pas fait le lien entre tous ces éléments. Grâce à cet ouvrage, j'ai l'impression très satisfaisant de voir les pièces du puzzle (et de ma culture) s'emboîter. Ainsi, je viens de faire le lien entre le couple Henri II - Diane et l'épouse délaissée, Catherine. Je viens de les relier à la biographie de Marie Stuart lue il y a quelque temps, puisque cette dernière fut leur belle-fille. J'ai l'impression d'avoir fait tout plein de connexions entre différents choses qui étaient isolées dans mon esprit et qui acquièrent désormais pour moi une sorte de logique historique.

 

De nombreux historiens et écrivains,dont Dumas, en ont fait une mère manipulatrice, cruelle, adepte des sciences occultes et utilisatrice de poisons. Ils sont allés jusqu'à lui faire endosser la responsabilité de la Saint Barthélémy ! L'auteur, ici, lui attribue effectivement une part de responsabilité, mais pas si grande, au fond, que celle de son fils, Charles IX dont un mot malheureux va générer l'un des plus sanglants malentendus de l'histoire de France. Il semblerait que ni Catherine, ni Charles n'aient réellement voulu ce massacre, mais que la situation ait échappé à leur contrôle...  

 

L'auteur est ici favorable à Catherine de Médicis, c'est indéniable. Il semble manquer parfois d'objectivité, notamment lorsqu'il estime qu'après la mort de son époux, elle humilie bien peu Diane de Poitiers. Je trouve au contraire qu'elle a frappé exactement où il fallait pour être le plus cruelle, lui faisant rendre Chenonceau, ce magnifique château que Diane adorait par dessus tout, ainsi que tous les bijoux que le roi lui avait offerts. Quoi de plus terrible pour une femme qui avait été la figure féminine la plus importante du règne d'Henri II ? On sent parfois  l'auteur trop gagné à la cause de son personnage pour qu'on le croie juge impartial.

 
Il voit en Catherine une victime, une femme de volonté, parfois habile politicienne. Surtout,il la dépeint comme une femme qui veut la paix en France, et qui tentera de la maintenir au prix d'incessants efforts pour réunir catholiques et protestants. C'est un point de vue qui se tient, mais je pense que l'auteur aurait gagné à se montrer parfois plus nuancé.  Ce livre est cependant intéressant, facile à lire, et assez clair pour que le lecteur s'y retrouve dans cette sombre époque si complexe. De ce point de vue là,  cet ouvrage est même plutôt réussi.

 

PS : Encore un ouvrage de la série "les femmes qui ont fait l'histoire" aux éditions rencontre Lausanne, dont je poursuis lentement mais sûrement la lecture, après Isabeau de Bavière et Lucrèce Borgia.

 

Monogramme-Henri2-Diane-Catherine.jpg

Un H et deux C entrelacés pour Henri II de France et la reine, son épouse, Catherine de Médicis. Mais à bien y regarder, sont-ce deux C entrelacés ou deux D ?

Une façon pour Henri II d'afficher en même temps son amour pour sa maîtresse,

la très belle et influente Diane de Poitiers.

Rejetée dans une solitude intérieure qu'augmentait le désagrément d'une existence en terre étrangère, Catherine tenta tout au moins de recherche l'amitié de son entourage. Là aussi, elle fut déçue. Beaucoup considéraient la petite Italienne comme une enfant insipide, ce mépris augmentant dans la mesure où ils la sentaient justement soucieuse de plaire. Ceux-là mêmes qui avaient protesté contre la mésalliance d'un fils de France ne manquaient évidemment pas, tout en lui rendant les honneurs dus à son rang, de montrer combien ils faisaient peu de cas de cette fille d'"épiciers". Catherine, qui avait dû faire front dans son enfance à des conspirations autrement dangereuses, lutta contre la malveillance avec les armes qu'elle avait déjà utilisées dans ses pires moments d'adversité: la soumission et la patience.

Heureusement, il y avait le roi. Elle s'efforça de s'en faire aimer et y parvint. François Ier était à cette époque toujours aussi épris des joies du monde. Admirateur infatigable de la beauté des choses et aussi de celle des êtres, surtout quand cette beauté donnait à des yeux leur langueur, à une poitrine sa plénitude et à des hanches leur souplesse, il n'était cependant pas dupe de l'affection souvent frelatée de ses sujettes. Aussi fut-il sensible à l'hommage un peu implorant de sa belle-fille qui le consultait comme on s'adresse à Dieu le Père.

- Cette petite est charmante, disait-il, elle vaut bien toutes celles dont l'âme est loin d'être aussi bien troussée que la croupe!

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dasola 13/07/2011 17:20


Bonjour Akialam, Catherine de Médicis est de la même trempe qu'Alienor d'Aquitaine, quelques siècles plus tôt, des sacrées bonnes femmes, épouses et mère de rois! Bonne après-midi.


akialam 13/07/2011 17:27



En fait, je crois que j'ai une image beaucoup plus "mécène" d'Aliénor...faudrait que je vérifie. Mais je crois qu'elle figure aussi dans la collection. Allez, si c'est le cas, le prochain opus
que je dégaine de cette PAL de livres anciens, ça sera Aliénor !:)