Case départ ***

Publié le 8 Juillet 2011

case-depart-affiche.jpgDe Thomas Ngijol, Fabrice Eboué

et Lionel Steketee

 

Demi-frères, Joël et Régis n'ont en commun que leur père qu'ils connaissent à peine.

Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. La France, « pays raciste » selon lui, est la cause de tous ses échecs et être noir est l'excuse permanente qu'il a trouvée pour ne pas chercher du travail ou encore payer son ticket de bus. Régis est de son côté totalement intégré. Tant et si bien, qu'il renie totalement sa moitié noire et ne supporte pas qu'on fasse référence à ses origines. Délinquance et immigration vont de pair si l'on en croit ses paroles.

Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, ils reçoivent pour tout héritage l'acte d'affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves, document qui se transmet de génération en génération. Faisant peu de cas de la richesse symbolique de ce document, ils le déchirent.

Décidée à les punir pour le geste qu'ils viennent de faire, une mystérieuse vieille tante qui les observait depuis leur arrivée aux Antilles décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! Parachutés en 1780, ils seront vendus au marché comme esclaves. Les deux frères vont alors devoir s'unir, non seulement pour s'évader de la plantation mais aussi pour trouver le moyen de rentrer chez eux, au XXIe siècle.


Lorsque des comiques se lancent dans le cinéma avec une histoire spécialement taillée pour eux, leur film s'avère le plus souvent être davantage une série de sketches sans réelle cohérence narrative. Ou, pire, ils sont truffés de "private jokes" qui n'intéressent au final que leurs fans. C'est pourquoi j'hésitais à aller voir ce film, craignant que la bande annonce n'en soit que la meilleure partie.

J'ai été heureusement déçue ! Sans connaître bien Thomas Ngijol et Fabrice Eboué, et sans être vraiment familière avec leur humour, j'avoue avoir beaucoup ri, et tout le long. Potache, l'humour tourne en dérision les attitudes d'à peu près tout le monde face au racisme, du plus involontaire, mais lourd, au plus extrême, l'esclavage. Le film est donc surtout fondé sur le décalage entre les idées d'aujourd'hui et celles de l'époque esclavagiste. 

Ce que je craignais, c'est une morale à l'emporte-pièce, mais au final, l'ensemble est assez subtil. Pourtant, à l'origine, la subtilité ne semblait pas à l'ordre du jour et les clichés sont légion : les blancs qui font des blagues racistes, par méchanceté ou simple ignorance, le black musulman par opposition plus que par conviction et se refusant à travailler parce que "l'esclavage, c'est fini" et enfin, le métis "bounty" qui adopte les attitudes les plus extrêmes en reniant ses racines, parce que lui, "il est intégré".

Finalement, ces clichés de départ sont autant de ressorts comiques, les deux compères en font des tonnes, parfois de mauvais goût et sans langue de bois, mais cela est vraiment rafraichissant. Ce film réussit l'exercice ô combien délicat de parler de racisme avec humour, sans  pour autant stigmatiser une catégorie de population ou une autre. Parce qu'il y a des discours qu'on peut avoir marre d'entendre, quelle que soit sa culture ou sa couleur de peau.

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LN 19/07/2011 11:16


Mouais, la bande annonce ne m'a pas vraiment convaincue...


akialam 19/07/2011 11:53



C'est très potache, mais si tu n'as pas été convaincue par la bande annonce, effectivement, ce n'est peut-être pas la peine, le ton du film est tout dans le même décalage.