Carmen ***

Publié le 5 Janvier 2013

Compagnie-antonio-gades - CarmenPar la compagnie Antonio Gades

Palais des congrès, Paris

 

Je l'admets, il y a peut-être des sujets sur lesquels je suis très légèrement obsessionnelle...

 

Après une déception à l'Opéra Bastille en décembre dernier, j'ai jeté mon dévolu sur une version a priori plus authentique de cette passion amoureuse, pleine de la fougue un peu brute du flamenco.

 

A vrai dire, je n'y suis pas allée entièrement les yeux fermés. J'avais vu, il y a quelques temps, le film réalisé par Carlos Saura qui mettait justement en scène Antonio Gades et sa troupe. J'avais été très impressionnée quoique n'étant pas spécialiste, par la force du flamenco, et par sa capacité à exprimer la douceur autant que la passion la plus brûlante. Mais sans doute ne suis-je pas entièrement objective, cette danse étant pour moi incontestablement liée à des souvenirs d'enfance.

 

Une bonne surprise m'attend à mon arrivée dans la salle, car, faute de parvenir à la remplir, les organisateurs ont resséré les rangs. De 5e catégorie, je passe en première...  j'ai une bien meilleure vue sur les danseurs que je ne l'avais prévu à l'origine !

 

Avant même l'ouverture du rideau cependant, première déception : alors que les lumières s'éteignent, l'ouverture de l'opéra de Bizet retentit.  L'idée n'est pas mauvaise en soi, mais la qualité médiocre du son apparaît comme dommageable. Puis, le plateau montre une salle de danse : chacun s'échauffe, répète, l'ambiance est finalement très proche de celle du film de Saura.  Des guitaristes, des chanteurs prennent enfin leur place parmi les danseurs et la musique devient "live". Peu à peu, se détachent les personnages, se présentant tour à tour.

 

Lorsque l'histoire débute enfin, il n'est nul besoin d'être spécialiste pour comprendre : le combat entre les cigarillères est, comme attendu, spectaculaire, fort, puissant. Je ne connais pas grand chose à la technique du flamenco, mais j'apprécie son incroyable pouvoir de suggestion, sa capacité à montrer la force des sentiments dans toute leur intensité. Je me laisse happer, envouter par cette beauté un peu rude.

 

Et puis soudain, à nouveau, le mauvais enregistrement de Bizet. L'air de la habanera.  L'histoire racontée par le ballet en est hélàs bien plus loin, José étant déjà sorti de prison. C'est sans doute un détail, mais dramatiquement, ça ne colle pas. Et je ne suis pas au bout de ma déception : alors que le ballet reprend normalement son cours, s'acheminant vers son dénouement tragique, retentit à nouveau ce fichu enreigstrement qui vient court-circuiter toute la fin. Comprenons-nous bien : malgré la beauté de l'Opéra de Bizet, et toute la passion que je peux lui vouer, son rythme, sa pulsation, sont très différent de celui du flamenco. Résultat : un final qui retombe comme un soufflet alors que la tension dramatique était à son paroxysme une poignée de minutes auparavant.

 

Mais pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, POURQUOI alors que le ballet rend toute la force de cette passion, effectuer un mélange des genres, à mauvais escient en plus ? Par souci d'accessibilité? Par envie de transversalité ? Alors justement que la très grande théâtralité de ce spectacle permet de comprendre facilement l'histoire !

 

Vous l'aurez compris, j'ai été enchantée par la partie purement flamenco, belle, merveilleusement expressive, malheureusement flanquée d'ajouts de qualité moindre qui ont de plus le mauvais goût d'annuler une partie de ses effets. 

 

Sans doute cette histoire me tient-elle trop à coeur pour que j'arrive à en juger les adaptations d'un oeil objectif. Peut-être même suis-je incapable d'accepter une autre vision que celle que j'en ai... quelle qu'en soit la raison profonde, je ressors avec un sentiment mitigé, et l'impression que le sort s'acharne sur moi alors que je ne demande qu'à me laisser émouvoir. Ce n'est pas faute d'insister !

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FT 20/01/2013 00:22

Bonsoir Akialam, je comprends ta déception mais ne désespère pas de trouver enfin l'adaptation qui fera résonnance à l'intérieur de toi, qui peut être repose sur ces souvenirs d'enfance que l'on
recherche, que l'on croit avoir retrouvé mais qui finalement s'avèrent n'être pas le bon. Tu retrouveras ces jardins de l'Alhambra et cette Espagne qui est en toi, la quete de la Carmen de ton
coeur aboutira! Bonne nuit Akialam!

akialam 20/01/2013 22:18



J'ai déjà quelques nouvelles pistes, je ne vais pas me laisser décourager si facilement :p