Camille Claudel **

Publié le 28 Octobre 2012

camille_claudel_adjani_depardieu.jpgDe  Bruno Nuytten

 

 

Camille Claudel voue ses jours et ses nuits à sa passion, la sculpture. Soutenue par son père et son frère Paul, elle rêve d'entrer dans l'atelier du grand maître Auguste Rodin. Après lui avoir démontré son talent et sa détermination à travailler avec lui, Rodin l'engage comme apprentie avec son amie Jessie. Camille tombe rapidement éperdument amoureuse du maître. Elle devient son égérie et ravive son imagination quelque peu éteinte. Très vite, elle travaille de plus en plus pour Rodin...

 

 

 

 

J'attendais beaucoup de ce récit que j'espérais passionné entre deux sculpteurs que j'apprécie particulièrement.. Malheureusement, je l'ai trouvé sans ampleur, plutôt terne dans ses sentiments, malgré une belle lumière et une mise en valeur des oeuvres très intéressante.

 

Peut-être le film a-t-il mal vieilli, ou peut-être tout simplement n'y ai-je pas été sensible, mais je n'y ai pas vu le chef-d'oeuvre qu'il semble être pour beaucoup.  A mon sens, le rythme pâtit grandement de la multitude de scènes courtes qui semblent juxtaposées plutôt que liées dans une quelconque logique dramatique. Elles permettent certes de montrer davantage d'oeuvres, mais elle ne nourrissent pas le récit en lui-même. Rodin, n'est-ce pas le corps dans toute son animalité, dans toute sa force ? Il n'y a qu'à regarder Le baiser, fruit de leur travail commun : l'étreinte des doigts s'enfonce dans la chair tendre de la cuisse et du cou, les muscles et les veines sont saillants. Regardée de près, tout respire la passion et pourtant, dans son ensemble, l'oeuvre dégage une douceur infinie.

 

Un film qui a au moins le mérite de sortir de l'ombre une fabuleuse sculptrice et d'en apprendre un peu plus sur le fonctionnement d'un atelier de maître au XIXe siècle mais qui n'a éveillé en moi qu'un vague intérêt intellectuel sans commune mesure avec la passion brûlante, à l'image de leur travail, que je pensais y trouver.

Commenter cet article

FT 12/11/2012 13:08

Bonjour Akialam!Je ne partage pas le même avis que toi sur ce film, je l'avais vu à sa sortie il y a environ 25 ans, il m'avait plu mais je n'avais pas été plus loin. Lorsque je l'ai revu il y a 3
ou 4 ans en compagnie de mon épouse,je l'ai vraiment redécouvert, nous avons été réellemnt remués et comme tu le dis, ce film a été le point de départ d'une redécouverte de Camille Claudel! Une
rétrospective passionnante au Musée Rodin et une non moins passionnante biographie de Dominique Bona (également l'auteure d'une riche bio de Zweig il y a 2 ans que je te conseille) "Camille et
Paul" que j'ai lue avec en tête des scènes du film et le jeu captivant d'Adjani- que j'aime tant-et de Depardieu, dont je ne suis pourtant pas un grand fan. Je repense également à ce film lorsque
je traîne sur les quais de l'Ile St Louis où Camille Claudel avait son atelier, elle qui, internée pendant 30 ans jusqu'à sa mort, n'a plus eu le droit de toucher à une quelconque sculpture, ciseau
ou terre glaise... Et puis ce film m'a ammené d'autres interrogations, les rapports troubles avec son frère que j'ai cherché à comprendre, la haine qu'avait sa mère pour elle, et les maladies
mentales avec la notion d'internement et le regard de la société et du corps médical, ce film a été pour moi le point de départ de beaucoup de lectures et de recherches! Bonne journée Akialam!

akialam 12/11/2012 14:11



J'avoue, pour ma part, ne pas particulièrement apprécier le jeu d'Adjani, ceci explique peut-être cela. Effectivement, ce film amène un certain nombre d'interrogations d'ordre intellectuel très
intéressantes. Simplement, l'objet cinématographique en lui-même ne m'a pas séduit...



Luna 07/11/2012 09:25

J'en ai beaucoup entendu parler mais je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir... J'espère que si un jour c'est le cas, j'en garderais meilleur souvenir que le tien !

akialam 07/11/2012 09:30



j'espère aussi ;)