Blancanieves *****

Publié le 25 Janvier 2013

blancanieves.jpgDe Pablo Berger

 

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves". C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

 

 

Il semblerait que le succès de The Artist permette aujourd'hui au spectateur de redécouvrir qu'il est possible de renouer avec l'émerveillement du cinéma des débuts.

 

Sans doute la présence de la corrida dans ce film en rebutera-t-elle certains ? Vous savez que je ne souhaite pas créer de polémique sur ce blog, je connais les sensibilités sur ce sujet, dans un camp comme dans l'autre.  Cependant, je pense qu'il serait dommage de bouder ce film pour cette raison, car la corrida y est surtout présente comme élément dramatique pour sa symbolique forte, son rôle psychologique dans le déroulement de l'histoire et son aspect socio-culturel. Au risque de gâcher le suspense, rassurez-vous, il n'y aura pas de mise à mort dans ce film.

 

Visuellement, ce qu'il y a de plus impressionnant et de plus magique, c'est que tous les plans pourraient être des photos d'Art : le cadrage, la qualité de la lumière, la texture de l'image, l'expressivité. Tout est splendide. Pas d'effets spéciaux, peu de dialogues. Il y a bien un peu de musique pour lui donner un supplément d'âme, mais cette histoire est contenue tout entière dans le regard de ses interprètes.

 

A ce titre, les acteurs sont tous vraiment fabuleux, sachant être expressifs sans verser dans le surjeu. Mais si le père et la vénéneuse belle-mère sont au-delà de la perfection, la jeune Carmen irradie littéralement : un sourire généreux, spontané, un regard intense, une beauté lumineuse.

 

Vous l'aurez compris, je suis conquise par l'aspect visuel de ce film mais davantage encore par ce qui s'en dégage, car il est vraiment espagnol jusqu'au bout des ongles : dans son esprit de fête, dans la sincérité des rires, par ses aspects les plus outranciers même. Malgré la différence d'époque et de contexte, j'y ai retrouvé l'Espagne telle que je m'en souviens, telle que je l'ai ressentie, enfant, lors de moments de fête, de joie collective, mais également de gravité digne. Un souvenir qui n'est  bien évidemment pas étranger au regard que je porte sur cette oeuvre. Mais comment, au-delà de sa beauté formelle,  pourrais-je la dissocier de son impact émotionnel ?

 

Puissant, magnifique, émouvant, les mots me manquent pour qualifier au mieux ce film : Le cinéma est bien un art. En voici selon moi la preuve.

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Theoma 18/02/2013 16:26

je vais le voir ce soir, me réjouis !

akialam 18/02/2013 16:45



J'espère qu'il te plaira ! :)