Baaria ****

Publié le 19 Juin 2010

baariaDe Giuseppe Tornatore

Bagheria, Baaria en sicilien, petite ville de la province de Palerme, est le théâtre d'une saga familiale qui s'étend sur trois générations.

Des années 30 aux années 80, de Cicco à son fils Peppino, et à son petit-fils Pietro, BAARÌA nous entraîne dans une odyssée peuplée de personnages habités par des passions et des utopies qui les imposent comme de véritables héros. À travers leurs amours, leurs rêves et leurs désillusions, cette fable drôle et nostalgique dresse le portrait d'une petite communauté sicilienne, microcosme où se joue une comédie humaine universelle.

Durant la période fasciste, sa condition de simple berger laisse à Cicco la liberté de s'adonner à ses passions : les livres, les poèmes épiques, les grands romans d'amour populaires. Son fils Peppino va être le témoin de la famine et des injustices perpétrées pendant la Seconde Guerre mondiale qui le pousseront à s'engager politiquement. À l'issue de la guerre, il rencontre la femme de sa vie. Mais Peppino est devenu communiste et tous s'opposent à leur union. Les amoureux sont pourtant bel et bien déterminés à vivre leur passion au grand jour...



Un très beau film, aux couleurs chaudes, respirant l'amour de la vie et des siens. A travers l'histoire de cette famille, c'est un peu de l'histoire de la Sicile, de sa langue, de ses traditions que l'on aperçoit. Une famille attachante, souvent drôle malgré elle. Le film nous montre l'aspect cyclique des choses, l'alternance d'heureux évènements et de drames, lorsque l'homme rencontre l'histoire.


L'enchâssement des récits et des différentes époques est parfois assez complexe, et peut perdre le spectateur, de même que certains partis pris de mise en scène des cauchemars et rêves... Bourré de symboles, ce film peut paraître en faire parfois trop et souvent pas assez dans la facilité de lecture des évènements. J'aime la texture de l'image qui change sensiblement entre les différentes époques, comme lorsqu'on feuillette un album photo qui court sur plusieurs décennies. J'aime également beaucoup la mise en valeur de la villa Palagonia, monument du patrimoine sicilien aux centaines de sculptures monstrueuses.


Quelques incompréhensions,donc,quelques longueurs sans doute, mais une chronique familiale pleine d'amour, de tendresse et de chaleur humaine, qui mérite qu'on s'y attarde.
 

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