Antoine Bataille **

Publié le 15 Février 2010

antoine-bataille-en-concert-a-paris-85254Antoine Bataille en concert
Théâtre de Nesle

Profitant de la venue de ma soeurette sur Paris, j'avais résolu de lui faire une surprise en l'amenant voir un concert de piano. Ayant obtenu des invitations pour aller voir ce pianiste (que je ne connaissais pas), j'étais ravie.
J'avoue, j'ai largement déchanté. Le principe est simple: l'artiste commence en général ses morceaux par une mélodie au piano classique, qu'il enregistre avant d'y superposer des accords sur un synthé au son d'orgue. Le tout est parfois dissonant, mais musicalement intéressant, souvent assez lugubre tout de même, mais passons. L'attitude du poaniste est assez insolite : plié sur son piano, le nez à dix centimètres des touches comme s'il n'y voyait rien, avec le genou qui monte et descend quasiment à hauteur de la tête (c'est difficile à décrire)... flippant. Là où cela devient franchement insupportable, c'est lorsqu'il se met à chanter...enfin, chanter, je dirais plutôt chuchoter très fort, ce qui donne une sorte de grognement assourdi, difficile à décrire, lui aussi. C'est affreusement lugubre, très désagréable, limite angoissant... et extrêmement déprimant. Même en arrivant de bonne humeur au concert, il vous prend l'envie en sortant de vous jeter dans la Seine, là, à deux pas... ce spectacle est une arme de destruction massive !
Sous cet emballage noir pointe pourtant souvent le virtuose, et on aurait aimé entendre davantage, au cours de ce concert, la voix claire ou grave mais toujours magnifique du piano plutôt que celle de son maître. 

Résumé:
Antoine Bataille, 26 ans, pianiste - compositeur - improvisateur - bricoleur de sons, personnage hybride résultant de la rencontre de Steve Reich et de Erik Satie, qualifie son travail de "fugue bâtarde". Faite de tensions hantées rappelant Radiohead, sa musique oscille entre l'architecture néo-classique de Debussy ou de Ravel et le  psychédélisme progressif des Pink Floyd. Il perturbe ainsi l'évidence harmonique propre à Yann Tiersen ou Sigur Ros par des rudesses expérimentales rencontrées chez John Cage. L'utilisation des pédales de sampling (sans aucun son préenregistré) permet à Bataille de combiner l'acoustique et l'électrique suggérant autant la musique répétitive de Philip Glass que la recherche électronique d'Autechre.
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