L'amour secret ***

Publié le 16 Juin 2010

amour secretDe Paola Calvetti
aux éditions presses de la cité



A la mort de son père, célèbre violoncelliste, Lucrezia met au jour dans les affaires du défunt une boîte remplie de lettres, toutes écrites par la même personne : une certaine Costanza qui, des années durant et dans le plus grand secret, fut la maîtresse du musicien.
Surprise de découvrir cette relation dont elle ne soupçonnait pas l'existence, Lucrezia décide de se rendre en Provence, chez Costanza, afin d'en apprendre davantage sur son père. Le temps d'un week-end, celle-ci va lui parler de l'homme qu'elle a aimé.

 

 

 

 

Paola Calvetti, pour son deuxième roman, quitte l'univers des livres pour celui de la musique. Un univers différent, et pourtant les mêmes thèmes: amour, adultère, l'absence et toujours l'omniprésence de la relation épistolaire. Sans doute, l'héroïne de "l'amour secret", âgée, a-t-elle un regard plus lucide sur sa relation car elle appartient au passé.

On y retrouve un certain nombre de réflexions sur la transmission, l'histoire familiale, une certaine douceur de vivre, comme si le personnage principal vivait dans du coton depuis des années, dans une sorte de maison-cocon. Lucrezia, la fille du violoncelliste, va sinon faire renaître la vieille dame, du moins raviver le souvenir de cet amour secret dont cette dernière a détruit toutes les preuves matérielles. Car le père de Lucrezia, quant à lui, a tout conservé, étiqueté. Et c'est ce qui reste de cette correspondance que la vieille dame va redécouvrir, se confiant à cette jeune fille qui, passé le choc de la découverte, veut surtout comprendre.


Le plus beau, dans ce roman, est incontestablement la relation qui se tisse entre les deux femmes: la méfiance, le retrait, l'observation, puis une certaine confiance, fragile au départ, puis plus forte à mesure que le récit avance. Et ce couple mal assorti, qu'on sent voué à l'échec dès le départ, entre cette femme qui verbalise et cet homme qui se tait, ces deux êtres dont les noms ne sont évoqués qu'à la fin, lorsque la vieille dame a tout confié : le secret éventé, il n'est plus besoin de se cacher.  


Néanmoins, malgré de belles choses,l'écriture (ou la traduction ?) n'en est pas moins très sirupeuse. La protagoniste se justifie en rappelant que c'était ce qu'elle ressentait à l'époque et qu'elle le juge trop romantique à présent, mais j'ai eu l'impression que c'était l'auteur,plutôt, qui s'excusait.


En bref, comme dans le précédent roman de Paola Calvetti, l'essentiel n'est donc ni dans l'écriture, ni dans ce qui se raconte, mais plutôt dans tout ce qu'il y a autour.
 

Merci à


 
 
 
 
 
qui m'a permis de découvrir ce livre !

Aimer un homme marié, c’est apprendre à composer. On cultive l’art de retenir, résumer, enfermer dans des limites spatiales et temporelles. Il y a eu des périodes où mon amour n’était que douleur. Je vivais à la fois sa présence physique et son éloignement affectif. Une pure contradiction. La souffrance m’accompagnait tout au long de la journée, plantée dans ma poitrine, à l’endroit où je sentais auparavant palpiter de doux et naïfs papillons. parfois il me suffisait d’entendre une note de musique ou de croiser quelqu’un qui me faisait penser à lui pour que le minuscule bien-être que je croyais avoir conquis se dilue dans la mélancolie.

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