Club Dumas ****

Publié le 4 Septembre 2009

Club Dumas, d'Arturo Pérez-Reverte

Genre: Thriller
Lieu et époque: France, Espagne, Portugal, époque actuelle

Les thrillers ne sont pas forcément ma tasse de thé. Mais lorsqu'on m'a proposé d'en recevoir un qui a pour cadre le monde des collectionneurs de livres, j'ai tout de suite accepté avec joie. 
L'auteur nous entraîne à la suite d'un mercenaire des livres, Corso, mélange d'érudit et de voyou, avec un sens de l'humour grinçant, et pourtant sympathique, engagé par un libraire pour une mission particulière, sur les pas de Dumas et d'un livre soit-disant écrit par le Diable. On se prend au jeu d'un thriller pas forcément haletant, et même plutôt calme, dans l'univers feutré des bibliothèques anciennes, et dont la particularité réside davantage dans le contexte que dans le suspense. Même la fin, que je craignais trop rocambolesque de par les thèmes évoqués, est tout à fait crédible, presque trop banale, finalement, et pourtant beaucoup plus plausible que ce que l'on constate d'ordinaire dans le genre. Un vrai régal! 


4e de couverture:
A-t-on réellement découvert un chapitre manuscrit des Trois Mousquetaires ? Et quel rapport y a-t-il entre le chef-d’œuvre de Dumas et ces Neuf Portes du royaume des ombres, livre diabolique dont l’auteur fut brûlé l’année même de la mort de D’Artagnan ?

Telles sont les questions auxquelles Corso, chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés, tente de répondre en butant sur des cadavres, de Tolède à Cintra, puis chez les bouquinistes de Paris et au bord de la Loire, suivi par d’étranges sosies de Milady ou de Rochefort…
Comme il l’a fait avec Le Tableau du maître flamand, Grand Prix de Littérature policière 1993, Arturo Pérez-Reverte nous entraîne ici, avec une érudition et un brio qui laissent pantois, dans une aventure où la réalité semble n’être qu’une des versions possibles de la fiction.


Extrait:
-J'ai un cadeau pour toi, dit la jeune fille.
Ils se promenaient sur la rive gauche, devant les boîtes des bouquinistes, parmi les gravures suspendues dans leurs enveloppes de plastique et de cellophane, les livres alignés sur le parapet du quai. Un bateau-mouche remontait lentement le fleuve, sur le point de couler sous le poids d'environ cinq mille Japonais, selon les calculs de Corso, et d'autant de caméra vidéo Sony.  De l'autre côté de la rue, derrière la glace de leurs élégantes vitrines constellées de vignettes Visa et American Express, des antiquaires guindés guettaient discrètement l'horizon, dans l'attente d'un Koweitien, d'un trafiquant russe ou d'un ministre de Guinée-équatoriale à qui fourguer le bidet - porcelaine peinte, Sèvres - d'Eugénie Grandet. En prononçant naturellement tous les O avec un impeccable accent circonflexe.
- Je n'aime pas les cadeaux, grogna Corso. J'ai entendu parler de types qui ont accepté un jour un certain cheval de bois. Artisanat achillien, disait l'étiquette. Bande de crétins.


Merci à blog-o-book de m'avoir fait découvrir cet ouvrage ! 
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Petite Fleur 22/09/2009 22:51


Je te conseille, du même auteur, "Le tableau du maître flamand" qui prend pour cadre le jeu d'échec. J'avais beaucoup aimé.


Craklou 09/09/2009 09:21

J'ai également découvert ce roman par hasard, et ai été complètement emballée!!

akialam 09/09/2009 14:29


Un livre sur des livres, quoi de mieux ?


Edelwe 08/09/2009 18:57

J'aime beaucoup cet auteur. J'adore le capitaine Alatriste.

keisha 05/09/2009 13:27

Déjà noté!!! cela a l'air d'une bonne occasion de découvrir l'auteur.