L'étrange histoire de benjamin Button ****

Publié le 14 Juillet 2009

L'Etrange histoire de Benjamin Button,
suivi de un diamant gros comme le Ritz
,
de
Francis Scott Fitzgerald

Genre: nouvelles
Lieu et époque Etats Unis, fin du 19e s, début du 20e.

Après avoir vu le film, j'ai voulu lire la nouvelle, bien qu'on m'ait informé qu'ils étaient très différents l'un de l'autre. En effet, le Benjamin de la nouvelle vit vraiment sa vie à l'envers, en naissant avec un corps adulte et la parole, alors que celui du film effectue réellement tout l'apprentissage d'un enfant malgré son apparence de vieillard... entre autres. En effet, le film a gardé l'idée générale de la nouvelle, ses interrogations, sa réflexion de fond, et développe le tout à sa manière. La trame de l'histoire est différente,  et c'est presque tant mieux, car le film est une belle réussite tel qu'il est. La nouvelle est bien évidemment moins développée. Benjamin, lorsqu'il est "vieux" a hâte d'être plus jeune, et lorsqu'il est redevenu jeune se rend compte que son corps et sa liberté d'adulte lui manquent. Une réflexion sur le temps qui passe, la vieillesse, la jeunesse, la fin, inéluctable, de l'homme.
La nouvelle suivante, Un diamant gros comme le Ritz, dénonce les excès que l'homme peut commettre pour protéger son bien... et fait rêver un peu, tout de même.
Deux petites nouvelles vraiment agréables qui se lisent vite, avec des personnages insolites. Vite, se procurer d'autres nouvelles !

PS: j'adore la bouille du gamin sur la couverture !


4e de couverture:

Jamais Roger Button n'aurait pensé que la seule évocation de son nom puisse, un jour, faire trembler d'effroi un hôpital voire une ville tout entière.
Et pourtant. En ce matin de septembre 1860 M. Button, n'en croit pas ses yeux. En pleine maternité, se dresse dans le berceau de son nouveau-né tant attendu, un homme de 70 ans à la barbe vénérable ! Et il s'agit bien de son fils ! Après cette entrée en fanfare dans la vie, Benjamin Button ne pouvait mener une existence comme les autres : né vieillard, il va vieillir jeune, à rebours des autres, de la nature, des ans.
Il va voir ses parents se voûter, s'éteindre, sa jeune femme s'empâter et décliner tandis qu'il va retrouver peu à peu santé, vigueur, s'illustrer brillamment à la guerre, courir les fêtes et les mondanités. Au bout du voyage ? Une histoire étrange, extraordinaire et... le néant.

Extrait:
Mais dès que vint son tour, et qu'il s'élança avec elle vers la piste de danse sur l'air de la dernière valse venue de Paris, sa jalousie et son angoisse fondirent comme neige au soleil. Ebloui, il avait le sentiment que la vie commençait.
- Votre frère et vous êtes arrivés en même temps que nous? demande Hildegarde, en levant vers lui ses yeux bleu faïence.
Benjamin marqua une hésitation. Si elle le prenait pour le frère de son père, ne fallait-il pas la détromper ? Son expérience à Yale lui revint en mémoire et il renonça. Cela ne se fait pas de contredire les dames; ce serait un crime que de gâcher cette magnifique occasion en lui racontant l'histoire ridicule de sa naissance. Plus tard, peut-être. C'est la raison pour laquelle il opina, sourit, écouta et jubila intérieurement.
- J'aime les hommes de votre âge, lui confia Hildegarde. Les jeunes sont si bêtes. Ils me racontent combien de bouteilles de champagne ils ont bues en soirée et combien d'argent ils ont perdu en jouant aux cartes. A votre âge, les hommes savent apprécier les femmes.
Benjamin se sentit prêt à lui faire une déclaration - mais en faisant un effort sur lui-même, il réprima cette envie.
Elle poursuivit:
- Vous avez vraiment l'âge idéal - cinquante ans. A vingt-cinq ans on est trop terre à terre ; à trente ans on a de fortes chances d'être épuisé par son travail; à quarante ans on raconte des histoires tellement interminables qu'il faut fumer des cigares pour prendre le temps de les raconter; à soixante ans - ah, soixante c'est trop près de soixante-dix; mais cinquante, c'est le bel âge. C'est l'âge que j'aime.



Commenter cet article

LN 20/07/2009 18:59

J'ai trouvé la seconde nouvelle assez marrante en fait :-) C'est vrai que ça fait un peu rêver...