Le dîner de Babette (et autres histoires) ***

Publié le 13 Juillet 2009

Le dîner de Babette (et autres histoires),
de Karen Blixen


Genre: recueil de nouvelles, drame
Lieu et époque: diverses

Le film, qui m'avait conquise
(cf ici), avait comme souvent chez moi suscité l'envie de lire l'ouvrage . Les différentes nouvelles sont autant de bonnes idées, même si, quasiment à chaque fois, je peine à saisir entièrement le sens de leur conclusion. Les personnages sont tous attachants à leur manière,  féeriques même, pour un certain nombre d'entre eux. Les situations  quant à elles sont souvent poétiques, romantiques, même lorsque le contexte s'y prête peu. De quoi me donner définitivement l'envie de me lancer dans "la ferme africaine" !  

4e de couverture:
Babette est une Française devenue domestique en Norvège, après la Commune qui l'a contrainte à l'exil.
Ses patronnes sont deux vieilles filles austères. Le jour où elle gagne dix mille francs or à une loterie, elle leur demande de la laisser préparer un dîner fin, dans la grande tradition française. Sa fortune y passe, mais une soirée aura effacé des années de carême.

Extrait:
Babette était arrivée l'air hagard et les yeux égarés, pareille à une bête traquée; mais, dans son nouveau milieu si amical, elle prit très vite l'aspect d'une respectable servante de confiance. Venue en mendiante, elle devint bientôt une triomphatrice.
Son maintien paisible, son regard ferme et profond exerçaient une influence magnétique. Sous ses yeux, les choses prenaient sans bruit leur vraie place.
Au début, tout comme le pasteur quinze ans plus tôt, les patronnes de Babette avaient éprouvé une certaine inquiétude à l'idée de recevoir une "papiste" sous leur toit. Mais elles répugnaient à tourmenter une femme durement éprouvée, en essayant de la cathéchiser, et, en outre, elles n'étaient pas très sûres de leur français. Par un accord tacite, elles ne cherchèrent donc à convertir leur servante que par l'exemple d'une sainte vie luthérienne. Et c'est ainsi que la présence de Babette dans la maison fut une sorte de stimulant moral pour ses habitantes.
Les deux soeurs n'avaient pas ajouté foi aux paroles de M. Papin concernant les aptitudes culinaires de Babette: elles savaient que les Français mangeaient des grenouilles, aussi enseignèrent-elle à Babette la manière de préparer la morue, et la soupe au pain et à la bière. Au cours de cette démonstration, le visage de la française se montra tout à fait impassible. Mais, au bout d'une semaine, Babette préparait la morue et la soupe au pain et à la bière aussi bien que quiconque, né et élevé à Berlewaag.
La pensée du luxe et des extravagances françaises déconcertait les filles du pasteur. Le jour où Babette entra à leur service, elles l'appelèrent pour lui expliquer qu'elles étaient pauvres et qu'à leurs yeux le luxe était un péché. Il fallait que leur propre nourriture fût aussi simple que possible. Ce qui importait, c'étaient les marmites de soupe et les paniers de provisions destinés aux pauvres. Babette inclina la tête. Elle apprit à ses patronnes qu'étant jeune fille elle avait été cuisinière chez un prêtre qui était un saint.
Aussitôt les deux soeurs prirent la résolution de surpasser le prêtre au moint de vue de l'ascetisme.



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Edelwe 17/07/2009 12:29

L'idée me plaît et ton billet ne peut que me donner envie.

keisha 17/07/2009 07:46

Et je recommande chaudement le film!

akialam 17/07/2009 19:21


Moi aussi ! :p