Cadavre d'Etat ***

Publié le 3 Juillet 2009

Cadavre d'Etat, de Claude Marker

Genre: roman policier
Lieu et époque: Paris, années 1990

Une intrigue à vous dégoûter de la politique, et le pire, c'est que ça ne me surprend même pas. Etre blasée du système démocratique, pourtant le "moins mauvais de tous" c'est triste. Passons donc sur cet aspect de l'ouvrage. Avouons-le tout de suite, ce que j'ai le plus apprécié, c'est le personnage central, Coralie Le Gall. Un phrasé de policier, avec des tournures de phrases à se faire retourner n'importe quel académicien dans sa tombe, et en même temps, parfois, des mots peu courants, dont la compréhension nécessite l'usage immédiat du dictionnaire. Je passe sur son usage très bizarre des anglicismes (foutbol, djîn et autres ticheurtes) qui heurte un peu l'amoureuse des langues de Molière et Shakespeare (l'un n'empêchant pas l'autre) que je suis.
Une intrigue bien ficelée, construite autour d'un personnage endeuillé qui connaît bien le monde de la politique pour y avoir été élevée, qui tente d'échapper à ce milieu qu'elle exècre, et qu'on charge précisément d'une enquête qu'elle pressent magouille... 
Facile à lire, intriguant, ce roman s'avère être un divertissement sympathique.


4e de couverture:
Comment la cadavre d'un conseiller du Premier ministre est-il arrivé, par une nuit pluvieuse de novembre, sur le parking miteux d'une grande surface, dans la région parisienne ?
L'enquête est confiée au commissaire Coralie Le Gall. Fille d'un haut fonctionnaire, en rébellion contre son milieu, musicienne et pratiquant le close-combat, cette personnalité hors-normes est bien décidée à prendre sa revanche contre un monde politique qu'elle déteste. Mais Coralie va peu à peu comprendre l'ampleur de la manipulation en cours.

Extrait:

La pièce est très grande, tout en Louis XV, avec de largers baies et, sur les murs et au sol, des tapisseries. La république dans les meubles de la monarchie.
Billetot me désigne un coin avec un canapé et deux chaises? Elle va à sa table de travail, prend un téléphone, demande qu'on ne la dérange pas. La planton ferme la porte.
Je me suis assise sur le canapé. Elle se place en face de moi, sur une chaise, tibias parallèles en biais, manière mannequin. Elle a vraiment de belles jambes.
- Alors, madame le commissaire, que pouvons-nous faire pour vous?
(Elle a dit: madame LE commissaire. Saurait-elle que, n'excusant le viol d'aucun être vivant, je m'insurge contre le viol de ma langue maternelle par des soudards - et des "soudardes"- idéologues ?)
Je sors mon carnet. Une areme comme une autre, et pas la moins efficace, je l'ai remarqué.
[...]
Quand je le dégaine et que, négligemment, je décapuchonne mon stylo, mon interlocuteur prend plus nettement conscience que je suis un flic, que les mots qu'il va prononcer pourront être répétés, qu'il y a derrière moi une machine Police-Justice et son train.
Même l'hypercontrôlée Billetot ne peut s'empêcher d'un bref coup d'oeil sur mon registre de poche.
- Je voudrais d'abord, dis-je, vous remercier de me recevoir aussi vite. Je me doute de ce que doit être l'emploi du temps d'un directeur de cabinet à Matignon.
(Moi aussi, je lui affecte du masculin grammatical.)
Elle sourit - un petit tressaut de la bouche seule, qui s'étire à peine.

Merci à
http://www.chez-les-filles.com/
qui m'a permis de découvrir ce livre !
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Edelwe 06/07/2009 22:35

Petit coucou en passant...