Jaune sable ***

Publié le 28 Juin 2009

Jaune sable, de Viviane Moore

Genre: roman policier, historique
Lieu et époque: Gironde, 12e siècle

Me voilà déjà de retour de nouvelles aventures avec l'intrépide chevalier breton Galeran de Lesneven, en terres girondines, cette fois-ci, à la rencontre de terribles naufrageurs et de la grande Goule ! Toujours autant de détails, d'aventures, je vais finir par devenir accro à cette série !  Ce livre possède toutes les qualités des autres opus, toujours aussi bien documenté, c'est vraiment incroyable.
Las, point de recettes toutefois dans cet ouvrage, mais pour les plus intéressés, une bibliographie très complète des ouvrages sur le sujet ou les lieux de l'intrigue est disponible à la fin. Vivement la suite !


4e de couverture:
Tandis que s'élèvent de lugubres incantations et que brûlent les feux trompeurs, des navires disparaissent, aux cales chargées d'ambre, de tissus précieux, de fourrures et de sel.
Des hommes sont sauvagement massacrés, des innocents torturés...la peur et la haine se répandent aux confins du duché d'Aquitaine.
De Blaye jusqu'à Talmont, le chevalier Galeran de Lesneven devra affronter seul les périls d'une contrée étrange, où se mêlent les mystères du dragon et du grand fleuve, les rites des sorcières et la férocité des naufrageurs.

Extrait:
Il y eut sûrement des cris déchirants, des appels lancés au ciel, mais le vacarme de la tempête les étouffa.
Les lueurs sous-marines qui avaient éclairé le désastre s'éteignirent brusquement, et les naufrageurs ne discernèrent plus devant eux que l'écume des vagues qui venaient s'écraser à leurs pieds avec leur chargement de corps mutilés, de débris de bois, de barriques, de rames et de mâts brisés...
Un homme, à demi nu, vint s'échouer entre deux eaux, au milieu des morts.
Celui-là vivait encore et tendit un bras vers les silhouettes noires qui se précipitaient vers lui.
Le marin n'eût pas le temps de crier merci qu'un croc de métal se planta dans son ventre, le fouaillant et l'ouvrant comme un poisson à l'étal, répandant ses viscères parmi les algues dans la mer teintée de sang.
Voyant cela, un autre survivant réussit à se mettre debout et s'enfuit en hurlant de terreur. C'était compter sans les trois ombres qui le rattrapèrent et l'encerclèrent.
La marin se laissa tomber à genoux sur le sable humide et ferma les yeux, croyant sa dernière heure venue. Mais rien ne se passa.
Entrouvrant lentement les paupières, il essaya de discerner les traits de ceux qui l'entouraient. L'un des naufrageurs s'approcha de lui à le toucher et releva sa capuche.
Sous les yeux ébahis du marin, le vent dénoua une longue chevelure de femme. Des cheveux comme des lanières noires et luisantes, qui se tordaient autour d'un visage gris, emprunt d'un calme si sombre, si menaçant que le malheureux comprit qu'il était perdu et que rien n'empêcherait celle-là de le mettre sauvagement à mort.
La femme leva posément son croc à naufrage et, de toutes ses forces, l'abattit sur le crâne du marin.
Alors qu'il s'effondrait, il entendait encore la voix de celle qui frappait : "Ton âme à Dieu, à moi ta dépouille!"
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