Totto-chan, la petite fille à la fenêtre ***

Publié le 25 Juin 2009

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre,
de Tetsuko Kuroyanagi


Genre: Autobiographie
Lieu et époque: Tokyo, début des années 40


Croyez-moi ou non, mais j'ai acheté cet ouvrage pour sa couverture! J'ai trouvé très joli ce portrait de fillette et après avoir jeté un coup d'oeil au titre et au résumé, j'ai décidé d'en faire l'acquisition.
Ce livre est particulièrement intéressant dans la description de la méthode d'éducation à l'école primaire Tomoe. Le concept est assez simple : donner plus d'autonomie aux élèves en privilégiant les expériences réelles aux livres (pourtant présents), en les laissant autonomes dans leur façon d'organiser leur travail, en les laissant prendre des initiatives et en développant leur individualité créative. Néanmoins, je tiens à préciser que l'école comptait une cinquantaine d'élèves,  répartis en petites classes, ce qui permet de mettre ce genre de pédagogie en place, contrairement à des effectifs plus importants, qui rendent nécessaire l'apprentissage "en groupe" et donc pour "le plus grand nombre", car on a rarement le temps de s'occuper des élèves au rythme différent, au risque de ralentir la progression de l'ensemble de la classe.
Alors oui, cette méthode est probablement idéale, en fournissant un ensemble de connaissances  communes à tous les élèves tout en les laissant approfondir les domaines qui les intéressent. En maintenant donc leur motivation à apprendre. Cela me rappelle un reportage que j'avais vu il y a quelques années sur certaines écoles dans les pays du Nord, réputés pour leur éducation, où il n'y a pas de classe à proprement parler, juste des niveaux par matière et où un élève peut donc suivre des cours de niveau élevé en mathématiques et moyen en histoire, par exemple, ce qui lui permet de progresser à son rythme partout. Peu importe l'âge. Cela semble idéal aussi.
Néanmoins, il est difficile à mettre en place ce genre de structures sur de gros effectifs. Peut-être, justement, faut-il ce genre de classes pour aider des élèves laissés de côté par le système scolaire "du plus grand nombre". Mais les français répugnent à mettre en place des structures spéciales que l'on juge souvent (à tort) comme des classes "pour nuls" stigmatisant les "mauvais élèves", estimant qu'un élève sera "tiré vers le haut" par le niveau général de sa classe, alors que les trois quarts du temps, il est purement et tout simplement largué. De toute évidence, il est de toutes façons impossible d'adapter ce genre de méthode, ou celle de Tomoe, à l'ensemble de la population française. Peut-être, du coup, est-ce aux parents de créer cet environnement favorable à l'épanouissement et à l'ouverture d'esprit de leur enfant. Non?
En tout cas, les anecdotes sont amusantes, et le système éducatif tout en douceur est très convaincant, on sent toute la gratitude le l'auteur, ancienne élève, pour le directeur, et pour cette  pédagogie qui ne laisse personne sur le bord du chemin, en s'occupant de chacun, selon ses besoins. Une lecture agréable pour faire la connaissance d'une petite fille espiègle et touchante.

4e de couverture:
Tokyo, début des années 1940. Tetsuko alias "Totto-chan", mène la vie dure à son institutrice qui finit par la renvoyer. Ses parents l'inscrivent alors à Tomoe, petite école éprise de liberté où de vieux wagons font office de salles de classe.
Là-bas, l'expérience de la vie est aussi importante que les leçons. Et grâce à un directeur atypique, Totto-chan réapprend à respecter les autres et à s'estimer elle-même. Elle prend goût à l'étude, assume ses échecs et gagne en autonomie, écrit des haïkus et rêve de danser. Elle comprend aussi ce que sont le racisme et l'intolérance, et découvre la guerre.
En 1945, Tomoe est détruite par les bombardements. Cependant, en quelques années seulement, cette institution pas comme les autres aura déterminé la vie entière de Tetsuko, aujourd'hui vedette de la télévision japonaise.

Extrait:

La nouvelle école

Lorsqu'elle fut suffisamment proche du portail de l'école, Totto-chan tomba en arrêt. Celui de l'école qu'elle avait fréquentée jusque là avait de belles colonnes de béton sur lesquelles figurait le nom de l'établissement en grosses lettres. Mais, au grand étonnement de la fillette, le portail de cette nouvelle école était fait de deux troncs d'arbres pas très hauts et couverts de feuilles.
- Il pousse dans la terre, ce portail, dit Totto-chan à sa mère. Bientôt, à force de grandir, il dépassera sûrement les poteaux télégraphiques!
Le portail était effectivement constitué de deux arbres bien vivants. Totto-chan s'approcha et dut alors pencher la tête de côté pour lire la plaque où était écrit le nom de l'école, car elle pendait là, toute de travers, sans doute à la suite d'un coup de vent.
-E-co-le To-mo-e, lut elle à haute voix.
Elle allait demander à sa mère le sens du mot "Tomoe" lorsqu'elle aperçut, du coin de l'oeil, quelque chose qui ne pouvait être que le fruit de son imagination. Elle se baissa et passa la tête à travers les branches du portail pour mieux voir. Mais elle ne put en croire ses yeux...
-Maman! C'est bien un train, là, dans la cour de l'école ?
Les uns à côté des autres, six wagons désaffectés faisaient office de salles de classe. Totto-chan se crut en plein rêve. "Une école ans un train?..."
Dans le soleil du matin, les vitres des wagons étincelaient, tout comme les joues de la fillette qui regardait avec un même éclat dans les yeux.

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Edelwe 27/06/2009 20:09

Je l'ai acheté mais pas encore lu. A voir donc. Mais il a l'air très bien!

Aileean 27/06/2009 15:10

J'ai moi aussi craqué sur la couverture, mignonne comme tout. MAis je n'ai pas encore été bien loin dans ma lecture, je ne sais pas pourquoi...